MARK STORM
Aller à la page: 1, 2  >
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    politikar Index du Forum -> politikar -> politikar
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
MARIO KEKIC
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 25 Mar 2009
Messages: 908
Localisation: PARIS
Masculin Bélier (21mar-19avr) 馬 Cheval
Point(s): 115
Moyenne de points: 0,13

MessagePosté le: Sam 10 Avr - 08:36 (2010)    Sujet du message: MARK STORM Répondre en citant

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
        
  
  
 
  
  
  

  
  
  
  
 
 
 






Vous êtes chez moi



Mon univers



Mes mondes

Mon fil sur OB ;-)

et bien entendu mon:
Livre d'or


et toujours mon :



© Tous les textes présentés sont la propriété exclusive
de leur auteur et sont protégés auprès de la
Société Suisse des Auteurs.
Ils ne peuvent être copiés ou utilisés,
même partiellement, sans son accord écrit.©


Il y a  2  personne(s) sur ce blog



Nos Univers


cliquez sur l'image !

Vos créations !  
 
 
 
 



Pour garder le contact ^^
Inscription à la newsletter
Une erreur s'est produite. Veuillez rééssayer plus tard.
  • Notifications de publication d'articles
  • Newsletters du blog



Vos oeuvres au hasard






Vos bafouilles ^^



Autres mondes à visiter



Communautés
liste complète


J'y suis ^^ et vous ?


blogautomatique automatix krybabyannuaire daniel's annuaire Foxy's annuaire...Annuaire Pastelle L'annuaire de l'elfe de la forêt noire Blog_annuaire annuaire zazou Médiéval et Moyen age jamaisvertige l'annuaire




Recherche




Syndication





Mark Storm


Une porte entrouverte sur mon petit monde... 

                                  Là où je me sens bien... 

                                      Peut-être vous plaira-t-il aussi ?!.... Alors entrez donc !
                                                                                 
Je vous laisse en découvrir chaque facette, je vous laisse voyager à votre gré dans mes histoires qui sont autant de parties de moi-même...

Il vous faudra lire...un peu, beaucoup.... mais les mots sont comme autant de gouttes d'une pluie merveilleuse, douce, chaude et envoutante, qui vous inonde d'un plaisir sans limite lorsqu'on s'offre à ses caresses....

A vous qui me faites l'honneur de visiter mon petit monde, de lire ses histoires, laissez-moi une trace, un avis, un mot... Cela réchauffe le coeur...



 

©tout droit réservé©
 


<> The NEWS - novembre 2009 <>

Je suis éditée à compte d'éditeur ! Accès à l'article


POUR LA COMMANDE en ligne chez mon éditeur : ICI ou ICI

Listes des LIBRAIRIES où vous pouvez trouver le livre : ICI


http://www.mark-storm-space-adventure.com/article-le-coin-promotion-les-lib…




Ici, sans besoin de ballades, accès direct au vif du sujet,
les aventures de Mark Storm


Di

En vente !
  Cliquez pour la commande chez Irène Pauletich Editions

épisode 1 en ligne
 



épisode 1 accessible ^^
 

épisode 1 accessible ^^
 



bientôt publié !  bientôt publié !   


En soumission chez Irène Pauletich Editions   En cours de complète réécriture en vue de sa publication pour fin 2010  


           
            






 
   
 
 
 
 
En cours de complète réécriture en vue de sa publication  En cours de complète réécriture en vue de sa publication
En cours de création (3 tomes complets déjà ^^)  


______________________________


FORUM OFFICIEL



et le groupe fan's club sur Facebook



______________________________

La Bibliothèque
L
Offrez des livres ! Et pas seulement le livre d'un auteur hyper connu ou la production d'une maison d'édition ayant pignon sur rue ! Il y a du talent et du rêve partout, la preuve !



Entrez dans la "bibliothèque", vous y trouverez sûrement votre bonheur ou une idée de cadeau ! Des nouveautés sont intégrées régulièrement, alors revenez souvent !

______________________________




 


©tout droit réservé©
 





<> NEW : le 4 avril 2010  !


Mon livre sera présent au 1er Salon du Livre de Cergy-Pontoire du8 au 10 avril 2010


 Accès à l'article

______________________________


<> le 26 mars 2010  !


J'ai toujours aimé cette chanson... et puis... quoi qu'il arrive... The Show Must Go On non ?

Accès à l'article

______________________________


<> le 19 mars 2010


Et oui, trois ans déjà que mon blog a vu le jour... que le temps passe vite ! Et que d'évolution !
Alors que j'avais créé cet espace pour faire découvrir mon monde, avec le rêve d'être éditée un jour, voilà que trois ans après, le rêve s'est réalisé !

Et plus encore ... car après "Les Territoires Interdits", Irène Pauletich Editions a accepté de se lancer une nouvelle fois dans l'aventure de la publication à compte d'éditeur avec le volume 2 : "La Guerre du Temps" !

Accès à l'article

______________________________

<> le 15 mars 2010



Mes journées dédicaces c/o Payot en faveur de l'Association Raphaël  !!!
(Yverdon - Neuchâtel - La Chaux-de-Fonds)

Accès à l'article

______________________________

<> le 26 février 2010


Une nouvelle librairie pour Mark Storm : la librairie Maribrairie à Concarneau (France)

Accès à l'article

______________________________

<> le 19 janvier 2010


Uns nouvelle librairie pour Mark Storm : la librairie Payot d'Yverdon-les-Bains

Accès à l'article

______________________________

<> le 22 novembre 2009


Renan Luce

Accès à l'article

______________________________


<> le 8 novembre 2009


Garou

Accès à l'article

______________________________

<> le 19 septembre 2009


Petite vidéo-promo, confection artisanale ^^

Accès à l'article

______________________________

<> le 27 août 2009

Trois exemplaires de mon livre sont en vente dans une librairie "non-virtuelle" à Dijon !

Accès à l'articlehttp://www.mark-storm-space-adventure.com/article-35339569.html

______________________________


<> le 21 août 2009

Un peu de pub ^^ ! Un livre de Véronique Tardy : Chroniques syliannes : L'Ordre Nouveau

De la SF comme j'aime ^^

De l'auto-édition !!!

http://www.mark-storm-space-adventure.com/article-35126155.html




PAGE ACCUEIL NOUVELLE FORMULE 2



  http://mark-storm.over-blog.com/article-6506218.html


 
 




 

   



 
 
             
Les Territoires Interdits -
Volume 1


(protégé auprès de la Société Suisse des Auteurs depuis
7 janvier 1988) Redéposé en vue d'une publication le 7 avril 2008 auprès de Copyright France.
Disponible à la vente

Publié par Irène Pauletich Editions
  - Pour parler à l'auteur, c'est ici !
 
       
La Guerre du Temps - Volume 2


(protégé auprès de la Société Suisse des Auteurs depuis
29 juillet 1988)
Redéposé en vue d'une publication le 4 mai 2008 auprès de Copyright France.
Ce volume sera disponible à la vente début 2010
  Attention,
hors ligne, hormis l'épisode 1 !
  - Pour parler à l'auteur, c'est ici !
 
  - Accéder aux épisodes 1 à 34 (complet)
 
       
Tritarnia, la galaxie invisible - Volume 3


(protégé auprès de la Société Suisse des Auteurs depuis le 7 juillet 1989) Redéposé en vue d'une publication le 4 mai 2008 auprès de Copyright France.
Ce volume sera disponible à la vente fin 2010
  Attention,
hors ligne, hormis l'épisode 1 !

  - Pour parler à l'auteur, c'est ici !
 
  - Accéder aux épisodes 1 à 36 (complet)
 
       
Rêves Fatals - Volume 4
(protégé auprès de la Société Suisse des Auteurs depuis
31 juillet 1990) Redéposé en vue de publication le 5 août 2007 :


Attention,
hors ligne, hormis l'épisode 1 !
  - Pour parler à l'auteur, c'est ici !
 
  - Accéder aux épisodes 1 à 33 (complet)
 
       
L'Ombre de la Rose Noire (1) - Volume 5

(protégé auprès de la Société Suisse des Auteurs depuis
8 janvier 1992.
Nouveau dépôt auprès de Copyright France le 6 août 2008)
   Attention,
hors ligne, hormis l'épisode 1 !
  - Pour parler à l'auteur, c'est ici !
 
  - Accéder aux épisodes 1 à 26 (complet)
 
       
L'Ombre de la Rose Noire (2) - Volume 5

(protégé auprès de la Société Suisse des Auteurs depuis
6 avril 1992.
Nouveau dépôt auprès de Copyright France le 6 août 2008)
  Attention,
hors ligne, hormis l'épisode 1 !
  - Pour parler à l'auteur, c'est ici !
     
  - Accéder aux épisodes 1 à 36 (complet)
   
       
L'Arche Oubliée (1) - Volume 6

(protégé auprès de la Société Suisse des Auteurs depuis
le 18 juillet 1995. Nouveau dépôt auprès de Copyright France le 12 mars 2008)
  Attention,
hors ligne, hormis l'épisode 1 !
  - Pour parler à l'auteur, c'est ici ! http://mark-storm.over-blog.com/article-21541393.html

 
  - Accéder aux épisodes 1 à 40 (complet)
     
       
L'Arche Oubliée (2) - Volume 6
(protégé auprès de Copyright France le 12 mars 2008)


   Attention,
hors ligne, hormis l'épisode 1 et les tous derniers ^^ pour l'instant^^
  - Accéder aux épisodes 1 à 32

  - Pour accéder à la page d'accueil

 
       
Les Titres de mes livres
Lien vers tous les épisodes en ligne
Résumés des six aventures
Infos/clin d'oeil
- toujours en train d'être complétés !



L'univers de Mark Storm - Photo de l'Arbre de Mark
 
  - Résumé de Rêves Fatals par Yetirel
 
  - Mark Storm, poème de Patrick Godard

       
       
Les Personnages - Ici la description des perso, petits curieux ^^

 
       
     
Mon univers.... mon rève - MON RÈVE
 
       
Mon univers..... manga
(mes influences)
- Mon univers manga
-> Les animes des années 70 à 2000 et suivants...

 
       
Mon univers..... livre - Arsène Lupin

 
  - Mr Edmond Hamilton
 
       
Mon univers..... films- séries ....................à venir    
       
Mon univers..... musique - UNE PORTE VERS CE QUE J'AIME


 

 
Mon univers..... poème et texte - Ancien texte : Le crépuscule de l'Homme

 
  - Premier essai : "Mon âme"
 
Mon univers.... dessin - Les premiers cobayes....
 
       
Mon univers.... photo - mon petit coin photo... mes petits ;-)
 
       

- Page d'accueil !

 

LA BIBLIOTHEQUE
- ACCES A UNE MULTITUDE DE LIVRES



 
       
Le coin.... TEXTES - ACCES A TOUTES LES OEUVRES !


       
le coin.... POEMES
- ACCES A TOUTES LES OEUVRES !





 
       
Le coin.... DESSINS - ACCES A TOUTES LES OEUVRES !
 
       
Le coin.... REFLEXES - ACCES A DES JEUX QUI ENERVENT ^^





       
Le coin.... MAUVAISE HUMEUR - QUAND CA M'ENERVE

 
 
       
Le coin.... BONNE HUMEUR - QUAND CA M'AMUSE




       
Le coin.... WEB - DE TOUT ! BON A SAVOIR ! INSOLITE



 
       
Le coin.... VOTRE MONDE
- le monde de Linka : Space Piracy
 
  - le monde de Sam: Samuel Dupont
 
  - le monde de Foxxy: Blog de Foxxy1


http://mark-storm.over-blog.com/article-19701417.html


  - le monde de Vlana: LadyVlana
 
       
Ici, on trouve de tout...
vidéo, gags, tag, photo, jeux...
de quoi être de bonne humeur quoi !



 

  Archives des mises à jours




 

 
Blog déposé auprès d'un huissier par le biais de CopyrightFrance.com    
  
Un grand merci aux
 cybervisiteurs


















 
Les textes publiés sur ce site sont légalement protégés en Suisse, en France et dans tous les pays de la Convention de Berne. Ils appartiennent dans leur intégralité à leur auteur et créatrice de ce blog. Toute copie non autorisée ou publication, même partiel, est passible de poursuite légale.

Mark Storm by Cendrine N. William (nom de plume) est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.5 Suisse.
Basé(e) sur une oeuvre à
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://www.mark-storm-space-adventure.com/  








Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés


  • sur ce blog
  • sur OverBlog


_________________
WEB MAK'S A BETTER WORLD


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur ICQ AIM Yahoo Messenger MSN
Publicité






MessagePosté le: Sam 10 Avr - 08:36 (2010)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
MARK STORM
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Sam 10 Avr - 09:01 (2010)    Sujet du message: DATA SYSTEM Répondre en citant

____♥_♥_____♥_♥_____
___♥___♥___♥___♥____
__♥_____♥_♥_____♥___
__♥______♥______♥___
___♥___BISOUS__♥____
_____♥_______♥______
_______♥___♥________
_________♥__________
A RENVOYER A TES AMIS
.::♥::..::♥::..::♥:: ..::♥::.
___ET A MOI AUSSI____
.::♥::..::♥::..::♥:: ..::♥::.
__SI J'EN FAIS PARTIE__
.::♥::..::♥::..::♥:: ..::♥:

____________________ ____$$$$$$$$$$
_______$$$$___$$$$__ ____$$$$$$$$$$$
______$$$$$$_$$$$$$_ ____$$$_____$$$
______$$$$$$$$$$$$$_ ____$$$_____$$$
_______$$$$$$$$$$$__ ____$$$$$$$$$$
________$$$$$$$$$___ ____$$$$$$$$$$
_________$$$$$$$____ ____$$$_____$$$
__________$$$$$_____ ____$$$_____$$$
___________$$$______ ____$$$$$$$$$$$
____________$_______ ____$$$$$$$$$$
____________________ _______________
_______$$$$___$$$$__ _______________
______$$$$$$_$$$$$$_ ____$$$$$$$$$$$
______$$$$$$$$$$$$$_ ____$$$$$$$$$$$
_______$$$$$$$$$$$__ ________$$$____
________$$$$$$$$$___ ________$$$____
_________$$$$$$$____ ____$$$$$$$$$$$
__________$$$$$_____ ____$$$$$$$$$$$
___________$$$______ _______________
____________$_______ _______________
____________________ ____$$$$$$$$$$$
_______$$$$___$$$$__ ____$$$$$$$$$$$
______$$$$$$_$$$$$$_ ____$$$________
______$$$$$$$$$$$$$_ ____$$$$$$$$$$$
_______$$$$$$$$$$$__ ____$$$$$$$$$$$
________$$$$$$$$$___ ____________$$$
_________$$$$$$$____ ____$$$$$$$$$$$
__________$$$$$_____ ____$$$$$$$$$$$
___________$$$______ _______________
____________$_______ _______________
____________________ ____$$$$$$$$$$$
_______$$$$___$$$$__ ____$$$$$$$$$$$
______$$$$$$_$$$$$$_ ____$$$_____$$$
______$$$$$$$$$$$$$_ ____$$$_____$$$
_______$$$$$$$$$$$__ ____$$$$$$$$$$$
________$$$$$$$$$___ ____$$$$$$$$$$$
_________$$$$$$$____ _______________
__________$$$$$_____ _______________
___________$$$______ ____$$$_____$$$
____________$_______ ____$$$_____$$$
____________________ ____$$$_____$$$
_______$$$$___$$$$__ ____$$$$$$$$$$$
______$$$$$$_$$$$$$_ ____$$$$$$$$$$$
______$$$$$$$$$$$$$_ _______________
_______$$$$$$$$$$$__ _______________
________$$$$$$$$$___ _______________
_________$$$$$$$____ _______________
__________$$$$$_____ _______________
___________$$$______ _______________
____________$_______ _______________ et toi?????????

.................... ...ღbisous
.................... ......ღbisous
.................... ...........ღbisous
.................... .............ღbisous
.................... .............ღbisous
.................... ..........ღbisous
.................... .....ღbisous
..................ღbisous
.............ღbisous
.........ღbisous
.....ღbisous
...ღbisous
.ღ.................. ...........ღ....ღbisous
ღ................... .......ღ...........ღbisous
.ღ.................. ....ღ............... .ღbisous
..ღ................. ..ღ................. .ღbisous
...ღ................ .................... ღbisous
.....ღ.............. ..................ღbisous
........ღ........... ..............ღbisous
...........ღ........ ...........ღbisous
..............ღ..... .........ღbisous
..................ღ. ......ღbisous
.................... .ღ..ღbisous
.................... ...ღ__bisous

____♥_♥_____♥_♥_____
___♥___♥___♥___♥____
__♥_____♥_♥_____♥___
__♥______♥______♥___
___♥___BISOUS__♥____
_____♥_______♥______
_______♥___♥________
_________♥__________
A RENVOYER A TES AMIS
.::♥::..::♥::..::♥:: ..::♥::.
___ET A MOI AUSSI____
.::♥::..::♥::..::♥:: ..::♥::.
__SI J'EN FAIS PARTIE__
.::♥::..::♥::..::♥:: ..::♥:
-----_--------.--_
----((`'-"``""-'`))
----)-__-_-_-__-(
.---/---(o _ o)---
-----*.-( 0 )-*.-/
--- _'-. ._'='_. .-' _
--/`;#'#'#.-.#'#'#;`
.-_))-----'#'---- ((_/
----#.-gros bisous-.#
----'#.-------*.-.#'
-.---/-'#.----.-.#'-
...----..'#. .#'/-../
----((___) '#' (___))


Revenir en haut
TIMEBUSTER
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Sam 10 Avr - 09:06 (2010)    Sujet du message: TIMESTOP-TIME ! Répondre en citant

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
            
  
  
 
  
  
  
  
  
  
  
 
 
 


Revenir en haut
A.I
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Sam 10 Avr - 13:10 (2010)    Sujet du message: TIME WAR ! Répondre en citant

Parce que le temps était immuable, parce que tout avait déjà commencé et devrait se passer ainsi, jamais encore ils n’avaient eu à s’en soucier. Mais l’impensable venait de se produire. Quelque chose avait changé. Ils en avaient déjà ressenti les effets. Leur fallait-il intervenir ? En avaient-ils simplement le droit ? Ce n’était pas dans l’ordre des choses, pourtant ils étaient prêts à le faire. Rien ne devait interférer. L’éveil allait bientôt avoir lieu. Chaque destinée devait s’accomplir. C’était ainsi. Il ne pouvait en être autrement.










   Mark suivait d'un œil distrait les effets de la vitesse subluminique, volutes étranges et fascinantes qui glissaient le long des parois translucides du poste de contrôle. Il avait laissé les commandes à son ordinateur de bord depuis la confirmation des coordonnées de son prochain rendez-vous. C’était le dernier moment pour compulser les données récemment intégrées dans le dossier de son futur client, mais sa concentration n’avait pu rester longtemps attachée à ce flot d’informations. Bien malgré lui, son esprit s’était mis à vagabonder au travers de mille souvenirs qui tous, finissaient par le ramener à l'époque où la guerre avec l'empire drassorien avait pris fin.
  Comme tout avait changé depuis, si vite. La transformation avait déjà de quoi donner le vertige, mais le plus étrange était ailleurs. Comment tout avait-il pu se transformer à ce point sans que personne ne puisse en expliquer les raisons ? C’était tellement irréel, impossible...
   Tout avait commencé peu après la signature du traité de paix avec Drassoria. Des guerres, aussi subites qu'inattendues, avaient éclaté en cascade à travers toute l’Union, entraînant la majeure partie de la galaxie dans une sorte de folie collective. Seuls trois Territoires avaient pu rester en dehors de ces conflits insensés. Pour les autres, quelques mois à peine suffirent pour balayer les piliers de leurs institutions les plus anciennes. Qu’ils aient été démocratiques ou impériaux, les gouvernements avaient tous fini par se dissoudre, gangrenés de l’intérieur. Dans leur déroute, ils avaient emporté les armées régulières, laissant la Patrouille de l’espace face à une situation inextricable. Ultime garante de l’ordre, elle fit de son mieux pour assurer sa charge, mais c’était perdu d’avance. Prise dans une spirale d’autodestruction dont elle ne comprenait pas la cause, elle disparut à son tour, offrant la place à un chaos absolu. Sa dictature fut féroce. Privée de sécurité, de repères, la population avait dû très vite intégrer les nouvelles règles du jeu : ne plus compter que sur soi, savoir manier une arme et tout faire pour survivre.
   Né dans un univers où il valait mieux imposer le respect, le concept était, à ses yeux, plutôt anodin. Il n’y trouva d’ailleurs pas de quoi changer sa manière de vivre. Tenir les problèmes à distance lui était routinier, et puis sa réputation s’était construite bien avant les évènements de ces derniers mois. Elle avait toujours su le précéder où qu'il se rende et personne ne s'était encore risqué à lui créer des ennuis.
   Le nouveau visage de l’Union eut des répercussions bien au-delà de ses frontières, bousculant la vie de son ennemi héréditaire : Les Territoires Interdits. L’univers pirate avait dû gérer dans l’urgence la transformation de sa principale source de profit en un immense champ de bataille. Vouloir poursuivre ses activités dans des Territoires en guerre était devenu une gageure, il lui avait fallu s’adapter, même contre son gré.
   Comme son monde d’origine, Mark avait dû s’y faire. Il avait beau vivre en marge de son clan depuis longtemps, il lui aurait été difficile d'échapper à la règle. Dès les premiers affrontements, la majeure partie des musées de la galaxie s’étaient retrouvés saccagés, pillés, vidés. Il existait des exceptions, il le savait, mais dépourvus de la plupart de leurs protections, il n'y avait plus aucun « sport » à s’y mesurer. Cambrioler sans l’adrénaline du risque était trop fade pour en ressentir encore l’envie. Et puis, de toute façon, les systèmes de valeur avaient bien changé. L’accès à l’énergie et la nourriture avait remplacé bijoux, œuvres d’art et pierres précieuses au rang des signes extérieurs de richesse. Dès le début du conflit, ces denrées étaient devenues des matières de première nécessité extrêmement coûteuses et c’est autour d’elles que les nouveaux trafics avaient fini par se reconstituer.
   Quitte à devoir changer de métier, il s’était lancé dans le mercenariat sans trop de remords après une rencontre fortuite avec quelques vieilles connaissances. Cette reconversion lui démontra très vite toute l’étendue de ses avantages. Non seulement elle lui permit de vivre assez confortablement mais, surtout, il était désormais en mesure de subvenir régulièrement tant aux besoins du Phoenix que de son ordinateur de bord. De classe I.A., cette petite merveille de la technologie bio-informatique était plutôt gourmande et il fallait assurer un apport d’énergie constant pour ne pas en être privé. C’était le prix à payer s’il voulait conserver en parfait état cet amoncellement de connexions qui était bien plus qu’une machine : c’était l’âme de son vaisseau. Parfaitement autonome, d’une puissance impressionnante et doté d’un caractère propre, Arak, puisque c’était son nom, était un atout précieux qu’il était hors de question de traiter avec légèreté.
   — Je perçois l'écho d'au moins cinq appareils sur notre trajectoire. Dois-je décélérer ou changer de cap ?
   Tiré des profondeurs de ses pensées, Mark jeta un vague regard vers l'écran de contrôle projeté à quelques mètres devant la console de commande. Une moue ennuyée se dessina sur son visage. Changer de cap leur ferait faire un bien grand détour pour rejoindre le lieu de son rendez-vous et décélérer le mettrait tout aussi en retard. Une rapide pesée du pour et du contre le décida finalement à opter pour la deuxième solution.
   — Ralenti..., laissa-t-il échapper dans un léger soupir.
   Les étranges couleurs qui avaient jusqu'alors enveloppé le Phoenix cédèrent peu à peu leur place à un univers net et sans bavure.
   — Qu’est-ce qui les attire comme ça ? s’étonna-t-il en observant les données retransmises par le radar quadridimensionnel.
   Cinq lueurs de petite taille, probablement des chasseurs, tournoyaient comme des guêpes enragées autour d’un point plus conséquent. Autant par curiosité que par prudence, il exigea un plan rapproché de la zone. Sitôt les caméras fixées sur l'objectif, une image holographique lui offrit, comme s’il y était, une scène pourtant à plusieurs minutes de vol.
   — Tu connais ce type d'appareil ? demanda-t-il, intrigué par le combat qui se déroulait sous ses yeux.
   La question à peine posée, Arak superposa un sigle dans l’image 3D.
   — L'insigne de la Terre ? lança Mark avec surprise. Mais qu'est-ce qu'ils font par ici... ?
   La Terre. Son Territoire était resté épargné par les guerres. Son histoire et sa position dans l’Union en étaient peut-être la cause. Immense, puissant, berceau de l’une des races parmi les plus anciennes des Territoires Unis et Interdits confondus, il était depuis toujours une pièce incontournable de l’échiquier galactique. Malgré cela, et parce qu’il mettait un point d’honneur à ce que cela soit ainsi, ses rapports avec les autres membres de l’Union étaient les plus rares possible.
   Les yeux rivés sur l'écran 3D, Mark se demandait non sans une certaine curiosité ce que ces terriens pouvaient bien faire hors d'un Territoire qu'ils ne quittaient pourtant presque jamais.
   — D'après mes senseurs, informa Arak, ce vaisseau ne possède aucune arme défensive ou offensive et si mes calculs sont exacts, ses déflecteurs ont déjà épuisé les deux tiers de leurs puissances.
   Autant dire qu’il était perdu. Les cinq chasseurs attaquaient avec une telle hargne. La virulence de leurs assauts avait d’ailleurs de quoi intriguer. Qu'est-ce qui pouvait bien les pousser à s'en prendre ainsi à cet appareil ? Bien sûr, il venait de la Terre, mais à part cela, il ne semblait pas avoir une très grande valeur et Arak lui avait confirmé que le contenu de ses soutes était plutôt anodin.
   — Allez, on y va ! ordonna-t-il finalement. Voilà une bonne semaine qu'on n’a rien fait. Un peu d'exercice ne nous fera pas de mal.
   Il prit les commandes. Les deux larges accoudoirs de son siège s’étaient ouverts sur le dessus, découvrant un espace empli d’un liquide gélatineux translucide, parcouru de mille couleurs qui glissaient en son sein tels des éclairs. Il y avait laissé sombrer ses avant-bras pour poser ses mains sur des sphères émeraude qui se moulèrent à leur forme exacte. Dès cet instant, il fut lié tant au vaisseau qu’à son ordinateur comme s’ils faisaient partie de son propre corps.
   L’objectif repéré, il avait directement piqué sur les cinq assaillants. N’ayant pris aucune mesure de protection particulière, son approche fut vite remarquée. Trois appareils laissèrent tomber leurs attaques, prêts à faire face à cet intrus venu se mêler de leurs affaires.
   Mark eut plus de mal qu'il ne l'aurait cru à se défaire de leur présence. Leurs pilotes avaient de toute évidence une grande expérience et plusieurs tirs étaient déjà venus lourdement s’écraser contre le déflecteur du Phoenix. Il n'était pourtant pas dans ses habitudes de laisser l’avantage à qui que ce soit. Poussant son appareil aux limites de ses capacités de résistance, il enchaîna les voltiges, bien décidé à reprendre les choses en main.
   — Maintenant, on va pouvoir s’amuser…, murmura-t-il d’un air satisfait en sentant la situation s’inverser.
   Il aimait ces combats rapprochés, galvanisé par leur danger. L’erreur n’y avait pas sa place et les mauvaises décisions se payaient très cher. Face à des adversaires aussi pugnaces qu’intelligents, il dut user de ses tactiques les plus pointues. Précis et calculateur, il les laissa s’enliser dans un engrenage dont lui seul avait la clé. Ce fut le début de leur perte. Devenu le maître du jeu, Mark les amena là où il le voulait.
   — Leurs boucliers sont au minimum, confirma Arak.
   Il suffisait désormais de frapper juste et fort. Les trois salves suivantes furent d’une précision mortelle, emportant leurs cibles dans une destruction intégrale.
   — Pas très courageux on dirait, se dit Mark en voyant les deux derniers chasseurs décrocher sans chercher l’affrontement.
   — J’ai une demande de communication, informa Arak.
   — Accepte-la.
   — Je ne sais comment vous remercier, fit un homme d'un certain âge dont la silhouette venait de s'inscrire sur l'écran holographique. Vous auriez pu passer votre chemin sans vous préoccuper de notre sort. Par les temps qui courent, offrir son aide est devenu bien rare… Serait-il possible de savoir à qui nous avons à faire ?
   Mark sourit, amusé. Se faire traiter en sauveteur ne lui arrivait pas souvent.
   — Mon nom est Cobra, répondit-il. Mais ne vous faites pas de fausses idées. Si vous aviez été armés, je ne m'en serais pas mêlé, affirma-t-il sans détour. Est-ce que vous avez besoin d’une escorte ?
   — Merci de le proposer, mais ce ne sera pas la peine. Je pense que nous nous débrouillerons très bien maintenant.
   — C'est comme vous voudrez ! répliqua-t-il dans un haussement d'épaules avant que le terrien ne coupe la communication en lui exprimant une dernière fois toute sa reconnaissance.
   L’hologramme disparu, Mark fixa le vaisseau par la paroi translucide d'un air pensif. Continuer un voyage sans arme et avec un déflecteur réduit presqu’au quart de ses capacités relevait du suicide, mais était-ce ses affaires ? Si ces gens voulaient prendre le risque, c'était leur problème. Il se contenta donc d’un léger soupir avant d’enclencher les commandes automatiques et laisser le soin à Arak de reprendre leur route vers Totasia, planète sur laquelle il avait rendez-vous.


   Le système solaire TOX45 était loin des grands axes de communication. Totasia, son unique planète, en recueillit un bénéfice que ses habitants n’auraient jamais imaginé durant toutes ces années où ils s’étaient plaints d’être à l'écart de tout. Épargnées par le plus gros des hostilités, leurs cités avaient pu garder leur intégrité et, surtout, deux des plus importants spatioports étaient toujours en état de fonctionnement.
   Six heures après son intervention auprès du vaisseau terrien, le Phoenix se posa ainsi sur un tarmac à peu près intact. Les photo-réacteurs à peine éteints, Arak érigea une défense complète autour de l’appareil. Mark secoua la tête avec amusement. Son ordinateur avait usé de tous les moyens à sa disposition. S'il avait été humain, on aurait presque pu le qualifier de paranoïaque.
   Il lui fallut un temps pour relier le spatioport au bar dans lequel il avait rendez-vous. Peu touchée par le vent de folie qui secouait la galaxie, Totasia s'était peu à peu transformée en un refuge providentiel vers lequel transhumaient des flots de réfugiés. Cet accueil massif n’avait pas été sans conséquences. Ses cités étaient surpeuplées, des logements de fortune avaient poussé dans l’anarchie la plus complète et plus personne ne respectait la moindre règle de circulation.
   Au milieu de cette cacophonie générale, une seule option s'imposait : prendre son mal en patience. Mark eut beaucoup de peine à s’y soumettre. Il était déjà en retard et ce temps supplémentaire avait toutes les chances de mettre un terme à son prochain contrat. Non sans grommeler tout le bien qu’il pensait de la situation, il gara sa navette devant le bar et rejoignit l’entrée à grands pas. Le sas d'accès à peine franchi, il fut assailli par les odeurs mêlées d'alcool, de tabac et de sueurs, le tout saupoudré par les braillements des clients les plus éméchés. Il accueillit ces relents d'une moue rebutée. Le coin était plus glauque encore que lors de sa dernière visite.
   — Il faut vraiment que je raye ce bar de la liste, se dit-il en se frayant un passage jusqu'au comptoir.
   Sa commande lancée à un patron aussi débraillé que les clients qu'il servait, il balaya deux ou trois fois l'endroit du regard, espérant repérer l'homme avec lequel il avait rendez-vous. Avec près de quatre heures de retard sur l'horaire prévu, il ne se faisait plus trop d'illusions. Ne trouvant nulle trace de celui qu'il cherchait, il eut un geste d’agacement avant de demander pour la troisième fois un Vergor d'un ton qui trahissait sa mauvaise humeur.
   Enfin, le barman se décida à venir poser devant lui une bouteille accompagnée d'un verre que personne n’avait jamais dû prendre la peine de laver. Mark poussa « la chose » de côté puis s'empara de la bouteille. Une fois débouchée, il la nettoya de la paume et en but une gorgée à même le goulot. Il s'apprêtait à la reposer lorsque des éclats de voix attirèrent son attention. Ce n'était pas tant la bagarre prête à éclater que cette intonation familière qui avait éveillé sa curiosité. Cherchant à en avoir le cœur net, il se retourna à l’instant où un corps d'homme en pleine voltige le prit pour cible. Obligé d'attraper la bouteille de Vergor au vol avant qu'elle ne se fasse écraser par cette masse graisseuse et alcoolisée, il jeta un œil excédé vers le responsable de ce possible gâchis.
   Son regard avait directement plongé dans celui de l'importun. La reconnaissance fut immédiate. Un sourire indéfinissable se dessina sur ses lèvres tandis qu'il faisait un petit signe militaire en guise de salut. L’homme n'eut pas le temps de répondre, contraint d’esquiver la contre-attaque de celui qu'il avait projeté contre le bar et qui s'était déjà relevé.
   La bagarre devint vite générale. L'excitation et l'alcool étaient une source de propagation parfaite. Au milieu des coups qui fusaient de partout, Mark fut bien obligé de s'y soumettre, personne n’ayant songé à lui demander son avis sur la question. Sans le vouloir, il se retrouva bientôt dos-à-dos avec celui qui, de toute évidence, était la cause première de tout ce remue-ménage.
   — Alors, patrouilleur de mon cœur, toujours en vie ? lança-t-il d'un ton railleur. Dis-moi si je me trompe, mais j’ai comme l’impression que tu es à l’origine de cette petite fiesta…
   — Je n'y peux rien si j'ai horreur d'être insulté par un tas de graisse imbibé d'alcool ! répliqua Alen d'un air furieux.
   — Je ne sais pas si c'est dans le profond de ta nature ou si tu le fais exprès, reprit Mark après avoir décroché un solide coup de poing à un homme qui tenait absolument à lui casser une bouteille sur la tête, mais tu as vraiment le don de te fourrer dans des situations impossibles.
  — Mais je te ferais remarquer..., rétorqua Alen sur le même ton tout en esquivant une chaise volante tout à fait identifiée, que dans ces moments-là tu n’es jamais très loin !
   Mark avait vu juste en parlant de «situations impossibles». La plupart des clients du bar s’étaient ligués contre eux. Cette animosité était plus due au fait qu'Alen portait toujours son uniforme de patrouilleur qu’au poing qu’il avait balancé dans la figure d’un de leurs compagnons de beuverie. Il faut dire que personne, ici, n'avait jamais eu beaucoup d’affinités avec la Patrouille de l'espace. Le déséquilibre des forces était flagrant et, à leur place, beaucoup se seraient fait du souci. Ni l’un ni l’autre, pourtant, ne s’en préoccupa réellement. La force de l’habitude, peut-être.
   La bagarre allait bon train et Mark s'amusait beaucoup. La faible pesanteur de la planète lui permettait quelques déplacements et autres acrobaties plutôt déroutants pour ceux qui tentaient de s'en prendre à lui. Cette technique de combat l'avait vite gratifié d'un avantage constant sur ses adversaires, avantage qui ne faisait que redoubler leur fureur et leur désir d’y mettre un terme.
   Affirmer que tous les clients du bar s’étaient laissé emporter par l’embrasement général aurait été un mensonge. Près de la porte, un homme était resté assis à regarder la scène avec indifférence. Son évidente apathie avait, en soi, déjà quelque chose d’étonnant, mais le plus curieux était ailleurs. Comment ne pas relever ces deux détails ? Il portait une tenue militaire noir argenté, chose rare en ces temps troublés où l'uniforme était un véritable appel à l’agression, et son front arborait une sorte de cristal aux éclats rouge sang.
   Étrange et fascinante, cette pierre incrustée au sein de sa peau n’avait rien d’un simple élément d’apparat. Grâce à elle, à des années lumières de là, quelqu'un d'autre fut en mesure d'assister aux mêmes évènements comme s’il y était.
   — Qui est-ce ? demanda une voix caverneuse tandis que le corps de Cobra se projetait en trois dimensions au milieu d'une pièce sombre, très grande, de forme circulaire.
   Un homme, portant lui aussi un uniforme noir argenté et un cristal sur le front, se tourna vers la sphère opaque d'où provenait la voix avant de considérer l'hologramme sans beaucoup d’intérêt.
   — Il s'agit d'un pirate qui se fait appeler Cobra, répondit-il ensuite. Depuis la chute de l’Union, il s'est recyclé dans le mercenariat. Comme voleur, il avait une assez grosse carrure, reprit-il au bout d’un bref silence. Il a participé à la guerre contre Drassoria il y a plus d’un an. On dit qu’il a été l’une des causes de la défaite de l'empire.
   — Intéressant..., murmura la voix. Très intéressant…
   L'hologramme disparut tandis que la sphère reprenait ses questions.
   — Où en est-on avec les terriens ?
   Bogus fit une moue ennuyée.
   — Nous n’avons pas réussi à récupérer la première partie de l'installation. Un vaisseau est venu à leur secours alors que nous allions les aborder et nos hommes ont dû abandonner l'attaque.
   — Un seul appareil a pu retourner une situation qui était pourtant en notre faveur ? répéta la voix de toute évidence agacée.
   — Il ne s'agissait pas de n'importe quel vaisseau, se défendit Bogus. C'était le Phoenix... il appartient à Cobra.
   — Décidément, ce pirate est très intéressant..., murmura la voix, songeuse. Très bien, reprit-elle ensuite d’un ton sec. Fais en sorte que ce contretemps n’empêche pas la préparation de la seconde phase des opérations. Les terriens vont bientôt transporter la plus importante partie de l'installation, alors je compte sur toi pour ne pas rater cette mission. Il nous la faut absolument. Je te préviens, je n'accepterai pas aussi facilement un nouvel échec de ta part.
Bogus s'inclina avec respect puis sortit de la salle sans plus attendre.






Texte soumis à la Société suisse des auteurs en 1988- Redéposé en vue d'une publication le 4 mai 2008 auprès de Copyright France.



Comme annoncé, la suite de cet épisode dont je vous laissé déjà le texte revu et travaillé en lieu et place de l'ancien, ne sera plus en ligne désormais.

En effet, après "Les Territoires Interdits" auto-publié grâce à TheBookEdition.com en mars 2009, puis édité à compte d'éditeur par Irène Pauletich Edition en novembre 2009, c'est désormais au Volume 2 d'être retravaillé afin de voir le jour à son tour... disponible à l'achat d'ici la mi-2010 au max ^^

ti_bug_fck
Mark suivait d'un œil distrait les effets de la vitesse sub-luminique, volutes étranges et fascinantes qui glissaient le long des parois translucides du poste de contrôle. Il avait laissé les commandes à son ordinateur de bord depuis la confirmation des coordonnées de son prochain rendez-vous. C’était le dernier moment pour compulser les données récemment intégrées dans le dossier de son futur client, mais sa concentration n’avait pu rester longtemps attachée à ce flot d’informations. Bien malgré lui, son esprit s’était mis à vagabonder au travers de mille souvenirs qui, tous, finissaient par le ramener à l'époque de la fin de la guerre avec l'empire drassorien.
Comme tout avait changé depuis, si vite. La transformation avait déjà de quoi donner le vertige, mais le plus étrange était ailleurs. Comment tout avait-il pu changer à ce point sans que personne ne puisse en expliquer les raisons ? C’était tellement irréel, impossible...
Tout avait commencé peu après la signature du traité de paix avec Drassoria. Des guerres, aussi subites qu'inattendues, avaient éclaté les unes après les autres à travers l’Union, entraînant la majeure partie de la galaxie dans une sorte de folie collective. Seuls trois Territoires avaient pu rester en dehors de ces conflits insensés. Pour les autres, quelques mois à peine suffirent pour balayer les piliers de leurs institutions les plus anciennes. Qu’ils aient été démocratiques ou impériaux, les gouvernements avaient tous fini par se dissoudre, gangrenés de l’intérieur. Dans leur déroute, ils avaient emporté les armées régulières, laissant la Patrouille de l’espace seule face à une situation inextricables. Ultime garante de l’ordre, elle fit de son mieux pour assurer sa charge, mais c’était perdu d’avance. Prise dans une spirale d’autodestruction dont elle ne comprenait la cause, elle disparut à son tour, offrant la place à un chaos absolu. Sa dictature fut féroce. Privée de sécurité, de repères, la population avait dû très vite intégrer les nouvelles règles du jeu : ne plus compter que sur soi, savoir manier une arme et tout faire pour survivre.
Né dans un univers où il valait mieux imposer le respect, le concept était, à ses yeux, plutôt anodin. Il n’y trouva d’ailleurs pas de quoi changer sa manière de vivre. Tenir les problèmes à distance lui était routinier, et puis, sa réputation s’était construite bien avant les évènements de ces derniers mois. Elle avait toujours su le précéder où qu'il se rende et personne ne s'était encore risqué à lui créer des ennuis.
Le nouveau visage de l’Union eut des répercussions bien au-delà de ses frontières, bousculant la vie de son ennemi de toujours : Les Territoires Interdits. L’univers pirate avait dû gérer dans l’urgence la transformation de sa principale source de profit en un immense champ de bataille. Vouloir poursuivre ses activités dans des Territoires en guerre était devenu une gageure, il lui avait fallu s’adapter, même contre son gré.
Comme son monde d’origine, Mark avait dû s’y faire. Il avait beau vivre marge de son clan depuis longtemps, il lui aurait été difficile d'échapper à la règle. Dès les premiers affrontements, la majeure partie des musées de la galaxie s’étaient retrouvés saccagés, pillés, vidés. Il existait des exceptions, il le savait, mais dépourvus de la plupart de leurs systèmes d'alarme, il n'y avait plus aucun « sport » à s’y mesurer. Cambrioler sans l’adrénaline du risque était trop fade pour en ressentir encore l’envie. Et puis, de toute façon, les systèmes de valeur avaient bien changé. L’accès à l’énergie et la nourriture avait remplacé bijoux, œuvres d’art et pierres précieuses aux rangs des signes extérieurs de richesse. Dès le début du conflit, ces denrées étaient devenues des matières de première nécessité extrêmement coûteuses et c’est autour d’elles que les nouveaux trafics avaient fini par se reconstituer.
Quitte à devoir changer de métier, il s’était lancé dans le mercenariat sans trop de remords après une rencontre fortuite avec quelques vieilles connaissances. Cette reconversion lui démontra très vite toute l’étendu de ses avantages. Non seulement elle lui permit de vivre assez confortablement mais, surtout, il était désormais en mesure de subvenir régulièrement tant aux besoins du Phoenix que de son ordinateur de bord. De classe I.E., cette petite merveille de la technologie bioinformatique était plutôt gourmande et il fallait assurer un apport d’énergie constant pour ne pas en être privé. C’était le prix à payer s’il voulait conserver en parfait état cet amoncellement de connexions qui était bien plus qu’une machine : c’était l’âme de son vaisseau. Parfaitement autonome, d’une puissance impressionnante et doté d’un caractère propre, Arak, puisque c’était son nom, était un atout précieux qu’il était hors de question de traiter avec légèreté.
— Je perçois l'écho d'au moins cinq appareils sur notre trajectoire. Dois-je décélérer ou changer de cap ?
Tiré des profondeurs de ses pensées, Mark jeta un vague regard vers l'écran de contrôle projeté à quelques mètres devant la console de commande. Une moue ennuyée se dessina sur son visage. Changer de cap leur ferait faire un bien grand détour pour rejoindre le lieu de son rendez-vous et décélérer le mettrait tout aussi en retard. Une rapide pesée du pour et du contre le décida finalement pour la deuxième solution.
— Ralenti..., laissa-t-il échapper dans un léger soupir.
Les étranges couleurs qui avaient jusqu'à lors enveloppé le Phoenix cédèrent peu à peu leur place à un univers net et sans bavure.
— Qu’est-ce qui les attirent comme ça ? se demanda-t-il en observant les données retransmises par le radar quadridimensionnel.
Cinq lueurs de petites tailles, probablement des chasseurs, tournoyaient comme des guêpes enragées autour d’un point plus conséquent. Autant par curiosité que par prudence, il demanda un plan rapproché de la scène. Sitôt les caméras fixées sur l'objectif, une image holographique lui offrit, comme s’il y était, une scène pourtant à plusieurs minutes de vol.
— Tu connais ce type d'appareil ? demanda-t-il, intrigué par le combat qui se déroulait sous ses yeux.
La question à peine posée, Arak superposa un sigle dans l’image trois-D.
— L'insigne de la Terre ? lança Mark avec surprise. Mais qu'est-ce qu'ils font par ici... ?
La Terre. Son Territoire était resté épargné par les guerres. Son histoire et sa position dans l’Union en était peut-être la cause. Immense, puissant, berceau de l’une des races parmi les plus anciennes des Territoires Unis et Interdits confondus, il était depuis toujours une pièce incontournable de l’échiquier galactique. Malgré cela, et parce qu’il mettait un point d’honneur à ce que cela soit ainsi, ses rapports avec les autres membres de l’Union étaient les plus rares possible.
Les yeux rivés sur l'écran trois-D, Mark se demandait non sans une certaine curiosité ce que ces terriens pouvaient bien faire hors d'un Territoire qu'ils ne quittaient pourtant presque jamais.
— D'après mes senseurs, informa Arak, ce vaisseau ne possède aucune arme défensive ou offensive et si mes calculs sont exacts, ses déflecteurs ont déjà épuisé les deux-tiers de leurs puissances.
Autant dire qu’il était perdu. Les cinq chasseurs attaquaient avec une telle hargne. La virulence de leurs assauts avait d’ailleurs de quoi intriguer. Qu'est-ce qui pouvait bien les pousser à s'en prendre ainsi à cet appareil ? Bien sûr, il venait de la Terre, mais à part cela, il ne semblait pas avoir une très grande valeur et Arak lui avait confirmé que le contenu de ses soutes était plutôt anodin.
— Allez, on y va ! ordonna-t-il finalement. Voilà une bonne semaine qu'on n’a rien fait. Un peu d'exercice ne nous fera pas de mal.
Il prit les commandes. Les deux larges accoudoirs de son siège s’étaient ouverts sur le dessus, découvrant un espace empli d’un liquide gélatineux translucide, parcouru de mille couleurs qui glissaient en son sein tels des éclairs. Il y avait laissé sombrer ses avant-bras pour poser ses mains sur des sphères émeraude qui en prirent la forme exacte à leurs contacts. Dès cet instant, il fut lié tant au vaisseau qu’à son ordinateur comme s’ils faisaient partie de son propre corps.
L’objectif repéré, il avait directement piqué sur les cinq assaillants. N’ayant pris aucune mesure de protection particulière, son approche fut vite remarquée. Trois appareils laissèrent tomber leurs attaques, prêts à faire face à cet intrus venu se mêler de leurs affaires.
Mark eut plus de mal qu'il ne l'aurait cru à se défaire de leur présence. Leurs pilotes avaient de toute évidence une grande expérience et plusieurs tirs étaient déjà venus lourdement s’écraser contre le déflecteur du Phoenix. Il n'était pourtant pas dans ses habitudes de laisser l’avantage à qui que ce soit. Poussant son appareil aux limites de ses capacités de résistance, il enchaîna les voltiges, bien décidé à reprendre les choses en main.
— Maintenant on va pouvoir s’amuser…, murmura-t-il d’un air satisfait en sentant la situation s’inverser.
Il aimait ces combats rapprochés, galvanisé par leur danger. L’erreur n’y avait pas sa place et les mauvaises décisions se payaient cash. Face à des adversaires aussi pugnaces qu’intelligents, il dut user de ses tactiques les plus pointues. Précis et calculateur, il les laissa s’enliser dans un engrenage dont lui seul avait la clé. Ce fut le début de leur perte. Devenu le maître du jeu, Mark les amena là où il le voulait.
— Leurs boucliers sont au minimum, confirma Arak.
Il suffisait désormais de frapper juste et fort. Les trois salves suivantes furent d’une précision mortelle, emportant leurs cibles dans une destruction intégrale.
— Pas très courageux on dirait, se dit Mark en voyant les deux derniers chasseurs décrocher sans chercher l’affrontement.
— J’ai une demande de communication, informa Arak.
— Accepte-la.
— Je ne sais comment vous remercier, fit un homme d'un certain âge dont la silhouette venait de s'inscrire sur l'écran holographique. Vous auriez pu passer votre chemin sans vous préoccuper de notre sort. Par les temps qui courent, offrir son aide est devenu bien rare… Serait-il possible de savoir à qui nous avons à faire ?
Mark sourit, amusé. Se faire traiter en sauveteur ne lui arrivait pas souvent.
— Mon nom est Cobra, répondit-il. Mais ne vous faites pas de fausses idées. Si vous aviez été armés, je ne m'en serai pas mêlé, affirma-t-il sans détour. Est-ce que vous avez besoin d’une escorte ?
— Merci de le proposer, mais ce ne sera pas la peine. Je pense que nous nous débrouillerons très bien maintenant.
— C'est comme vous voulez ! répliqua-t-il dans un haussement d'épaules avant que le terrien ne coupe la communication en lui exprimant une dernière fois toute sa reconnaissance.
L’hologramme disparu, Mark fixa le vaisseau par la paroi translucide d'un air pensif. Continuer un voyage sans arme et avec un déflecteur réduit presqu’au quart de ses capacités relevait du suicide, mais était-ce ses affaires ? Si ces gens voulaient prendre le risque, c'était leur problème. Il se contenta donc d’un léger soupir avant d’enclencher les commandes automatiques et laisser le soin à Arak de reprendre leur voyage vers Totasia, planète sur laquelle il avait rendez-vous.


Le système solaire TOX45 était loin des grands axes de communication. Totasia, son unique planète, en recueillit un bénéfice que ses habitants n’auraient jamais imaginé durant toutes ces années où ils s’étaient plaints d’être à l'écart de tout. Epargnées par le plus gros des hostilités, leurs cités avaient pu garder leur intégrité et, surtout, deux des plus gros spatioports étaient toujours en état de fonctionnement.
Six heures après son intervention auprès du vaisseau terrien, le Phoenix se posa ainsi sur un tarmac à peu près intact. Les photoréacteurs à peine éteints, Arak érigea une défense complète autour de l’appareil. Mark secoua la tête avec amusement. Son ordinateur avait usé de tous les moyens à sa disposition. S'il avait été humain, on aurait presque pu le qualifier de paranoïaque.
Il lui fallut un temps i pour relier le spatioport au le bar dans lequel il avait rendez-vous. Peu touchée par le vent de folie qui secouait la galaxie, Totasia s'était peu à peu transformée en un refuge providentiel vers lequel transhumaient des flots de réfugiés. Cet accueil massif n’avait pas été sans conséquence. Ses cités étaient surpeuplées, des logements de fortune avaient poussés dans l’anarchie la plus complète et plus personne ne respectait la moindre règle de circulation.
Au milieu de cette cacophonie générale, une seule option s'imposait : prendre son mal en patience. Mark eut beaucoup de peine à s’y soumettre. Il était déjà en retard et ce temps supplémentaire avait toutes les chances de mettre un terme à son prochain contrat. Non sans grommeler tout le bien qu’il pensait de la situation, il gara sa navette devant le bar et rejoignit l’entrée à grands pas. Le sas d'accès à peine franchi, il fut assailli par les odeurs mêlées d'alcool, de tabac et de sueurs, le tout saupoudré par les braillements des clients les plus éméchés. Il accueillit ces relents d'une moue rebutée. L’endroit était plus glauque encore que lors de son dernier passage.
— Il faut vraiment que je raye ce bar de la liste, se dit-il en se frayant un passage jusqu'au bar.
Sa commande lancée à un patron aussi débraillé que les clients qu'il servait, il balaya deux ou trois fois l'endroit du regard, cherchant à repérer l'homme avec lequel il avait rendez-vous. Avec près de quatre heures de retard sur l'horaire prévu, il ne se faisait plus trop d'illusions, mais on ne savait jamais. Ce maigre espoir ne fut suivi d'aucune justification. Ne trouvant nulle trace de celui qu'il cherchait, il eut un geste d’agacement avant de demander pour la troisième fois un Vergor d'un ton qui trahissait sa mauvaise humeur.
Enfin, le barman se décida à venir poser devant lui une bouteille accompagnée d'un verre que personne n’avait jamais dû prendre la peine de nettoyer. Mark poussa « la chose » de côté puis s'empara de la bouteille. Une fois débouchée, il la nettoya de la paume et en but une gorgée à même le goulot. Il s'apprêtait à la reposer sur le comptoir lorsque son attention fut attirée par des éclats de voix. Ce n'était pas tant la bagarre prête à éclater que cette intonation familière qui avait éveillé sa curiosité. Il venait juste de se retourner pour en avoir le cœur net lorsque le corps d'un homme voltigea dans sa direction. Obligé d'attraper la bouteille de Vergor au vol avant qu'elle ne se fasse écraser par cette masse graisseuse et alcoolisée, il jeta un œil excédé vers le responsable de ce possible gâchis.
Son regard avait directement plongé dans celui de l'importun. La reconnaissance fut immédiate. Un sourire indéfinissable se dessina sur ses lèvres tandis qu'il faisait un petit signe militaire en guise de salut. L’homme n'eut pas le temps de répondre, contraint d’esquiver la contre-attaque de celui qu'il avait projeté contre le bar et qui s'était déjà relevé.
La bagarre devint vite générale. L'excitation et l'alcool étaient une source de propagation parfaite. Au milieu des coups qui fusaient de partout, Mark fut bien obligé de s'y soumettre, personne n’ayant songé à lui demander son avis sur la question. Sans le vouloir, il se retrouva bientôt dos-à-dos avec celui qui, de toute évidence, était la cause première de tout se remue-ménage.
— Alors patrouilleur de mon cœur, toujours en vie ? lança-t-il d'un ton railleur. Dis-moi si je me trompe, mais j’ai comme l’impression que tu es à l’origine de cette petite fiesta….
— Je n'y peux rien si j'ai horreur d'être insulté par un tas de graisse imbibé d'alcool ! répliqua Alen d'un ton furieux.
— Je ne sais pas si c'est dans le profond de ta nature ou si tu le fais exprès, reprit Mark après avoir décroché un solide coup de poing à un homme qui tenait absolument à lui casser une bouteille sur la tête, mais tu as vraiment le coup pour te fourrer dans des situations impossibles.
— Mais je te ferais remarquer..., rétorqua Alen sur le même ton tout en esquivant une chaise volante tout à fait identifiée, que dans ces moments-là tu n’es jamais très loin !
Mark avait vu juste en parlant de "situations impossibles". La plupart des clients du bar s’étaient ligués contre eux. Cette animosité était plus due au fait qu'Alen porte toujours son uniforme de patrouilleur qu’au poing qu’il avait balancé dans la figure d’un de leurs compagnons de beuverie. Il faut dire que personne, ici, n'avait jamais porté la Patrouille de l'espace dans son cœur. Le déséquilibre des forces était flagrant et, à leur place, beaucoup se seraient fait du souci. Ni l’un ni l’autre, pourtant, ne s’en préoccupa réellement. La force de l’habitude, peut-être.
La bagarre allait bon train et Mark s'amusait beaucoup. La faible pesanteur de la planète lui permettait quelques déplacements et autres acrobaties plutôt déroutants pour ceux qui tentaient de s'en prendre à lui. Cette technique de combat l'avait vite gratifié d'un avantage constant sur ses adversaires, avantage qui ne faisait que redoubler leur fureur et leur désir d’y mettre un terme.
Affirmer que tous les clients du bar s’étaient laissé emporter par l’embrasement général aurait été un mensonge. Près de la porte, un homme était resté assis à regarder la scène avec indifférence. Son évidente apathie avait, en soit, déjà quelque chose d’étonnant, mais le plus curieux était ailleurs. Comment ne pas relever ces deux détails ? Il portait une tenue militaire noir-argent, chose rare en ces temps troublés où l'uniforme était un véritable appel à l’agression, et son front arborait une sorte de cristal aux éclats rouge sang.
Etrange et fascinante, cette pierre incrustée au sein de sa peau n’avait rien d’un simple élément d’apparat. Grâce à elle, à des années lumières de là, quelqu'un d'autre fut en mesure d'assister aux mêmes évènements comme s’il y était.
— Qui est-ce ? demanda une voix caverneuse tandis que le corps de Cobra se projetait en trois dimensions au-milieu d'une pièce sombre, très grande, de forme circulaire.
Un homme, portant lui aussi un uniforme noir-argent et un cristal sur le front, se tourna vers la sphère opaque d'où provenait la voix avant de considérer l'hologramme sans grand intérêt.
— Il s'agit d'un pirate qui se fait appeler Cobra, répondit-il ensuite. Depuis les guerres, il s'est recyclé dans le mercenariat. Comme voleur, il avait une assez grosse carrure, reprit-il au bout d’un bref silence. Il a participé à la guerre contre Drassoria il y a plus d’un an. On dit qu’il a été l’une des causes la défaite de l'empire.
— Intéressant..., murmura la voix. Très intéressant…
L'hologramme disparut tandis que la sphère reprenait ses questions.
— Où en est-on avec les terriens ?
Bogus fit une moue ennuyée.
— Nous n’avons pas réussi à récupérer la première partie de l'installation. Un vaisseau est venu à leur secours alors que nous allions les aborder et nos hommes ont dû abandonner l'attaque.
— Un seul vaisseau a pu retourner une situation qui était pourtant en notre faveur ? répéta la voix de toute évidence agacée.
— Il ne s'agissait pas de n'importe quel appareil, se défendit Bogus. C'était le Phoenix,...il appartient à Cobra.
— Décidément, ce pirate est très intéressant..., murmura la voix, songeuse. Très bien, reprit-elle ensuite d’un ton sec. Fais en sorte que ce contretemps n’empêche pas la préparation la seconde phase des opérations. Les terriens vont bientôt transporter la plus importante partie de l'installation, alors je compte sur toi pour ne pas rater cette mission. Il nous la faut absolument. Je te préviens, je n'accepterai pas aussi facilement un nouvel échec de ta part.
 Bogus s'inclina avec respect puis sortit de la salle sans plus attendre.




Par Sandy - Ecrire un commentaire 9 - Voir le commentaire - Voir les 9 commentaires
Précédent : Le coin promotion .... Les librairies... Retour à l'accueil Suivant : Nouvelle soirée RTN !


Revenir en haut
MARIO KEKIC
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 25 Mar 2009
Messages: 908
Localisation: PARIS
Masculin Bélier (21mar-19avr) 馬 Cheval
Point(s): 115
Moyenne de points: 0,13

MessagePosté le: Dim 11 Avr - 07:20 (2010)    Sujet du message: MARK STORM Répondre en citant

A ceux qui le comprendrons....

   Du haut d'une falaise dont la roche noir et or mêlés surplombait toute la vallée du Tzna, Mark observait d'un œil songeur le vaisseau qui se posait non loin de son village, faisant tournoyer la poussière autour de lui avec la puissance d'une tornade.
   Silna, la planète où il avait élu résidence depuis quelques mois déjà était loin d'avoir atteint le niveau technologique de la plupart des mondes connus de cette galaxie. La grande sagesse et connaissance des choses de son peuple l'avait pourtant très tôt conduit à un contact direct avec les Territoires Unis. Ce rapprochement avait été soumis à de nombreuses restrictions, le Grand Conseil étant très soucieux de ne pas entraver son évolution naturelle. Entre autre chose, il n'y était ainsi toléré que de rares passages de vaisseaux spatiaux et, conscient du statut particulier de sa planète d'accueil, il se doutait un peu être la raison de la venue de cet appareil. Curieusement, cette idée ne le fit pas bouger. Il se trouvait très bien là où il était et n'avait aucune envie de se déranger. De toute, façon, si cette visite était réellement pour lui, la personne n'avait qu'à se déplacer.
   Son vaisseau à peine posé sur le tapis vert tendre de la plaine déroulée aux pieds de la falaise, Graig descendit la rampe d'accès non sans espérer de tout cœur pouvoir enfin mettre la main sur son pirate de beau-frère. Voilà bientôt près de trois semaines qu'il le cherchait partout et il commençait à en avoir assez de courir d'un coin à l'autre de la zone tampon avec la frontière des Territoires Interdits sur de vagues indications payées très chères à des pirates en mal d'alcool.
   - S'il n'est pas ici, j'abandonne, maugréa-t-il en jetant un regard circulaire sur le village planté au bas de la petite colline sur laquelle il s'était posé.
   Un rien pressé, il en parcourut les quelques rues d'un pas rapide, cherchant des yeux, si ce n'était Cobra, au moins une personne susceptible de le renseigner.
   - Je suppose que vous êtes venu jusqu'ici pour rencontrer Mark, fit une voix juste derrière lui à l'instant où il réintégrait son point de départ.
   Pris de court par cette présence dont il n'avait pas entendu l'approche, Graig sursauta avant que son volte-face ne le laisse nez-à-nez avec un vieil homme qui le considérait d'un sourire amusé.
   - Euh... oui, lâcha-t-il décontenancé.
   - Il est là-haut, reprit le vieil homme sans attendre la question. Si vous prenez ce sentier, vous ne pourrez pas le manquer, poursuivit-il en désignant un petit chemin de terre.
   Graig le remercia d'un signe de tête, le regard rivé sur le sentier qui serpentait au dos de la falaise avant de se perdre derrière un gigantesque rocher. Il laissa échapper un soupir de découragement. Décidément, ce pirate avait un don particulier pour se trouver dans des endroits impossibles. Il était fatigué, pressé et il lui fallait encore grimper cette falaise sur un chemin qui ne devait jamais avoir vu autre chose que des sabots. L’idée avait beau ne pas l'enchanter, il se voyait assez mal abandonner maintenant. Agacé, il marmonna pour lui-même tout le bonheur que cela lui inspirait puis, prenant son courage à deux mains, il commença à gravir le sentier sans trop essayer de penser à ce qui se passerait si jamais il avait le malheur de faire un faux pas.
   Le petit chemin de terre tint toutes les promesses susurrées lors de sa découverte. Au trois quart du parcours, il fut contraint de s'accorder une pause, éreinté par une escalade plus difficile encore qu'elle n'en n'avait l'air. Il n'était pourtant plus très loin du sommet, mais son cœur battait la chamade et il préféra reprendre son souffle avant qu'il n'éclate définitivement. D'où il était, il pouvait distinguer la silhouette d'un homme qui lui tournait le dos, debout au bord de la falaise. Malgré la distance, un regard lui avait suffi pour le reconnaître.
   - Eh bien, c'est pas trop tôt, murmura-t-il en reprenant son ascension d'un pas plus alerte.
   Jusqu'à ce qu'il atteigne la zone relativement plate du sommet, il ne s'était pas rendu compte que Cobra était en fait debout sur l’extrême pointe d'un rocher, promontoire étroit qui surplombait un vide immense. Perché entre ciel et terre, il ne semblait nullement incommodé par la situation, mais Graig aurait peut-être été surpris qu'il en soit autrement.
   Le sentier avait fini par disparaître, peu à peu remplacé par une pente herbeuse au milieu de laquelle les rochers s'érigeaient déjà en maîtres. Cette défection ne lui avait pas fait ralentir l'allure, pourtant, il finit par suspendre sa marche, l'attention figée par un long sifflement dont le son puissant et mélodieux était, à lui seul, parvenu à emplir la vallée toute entière. Son regard s'était porté sur le pirate un peu malgré lui et, tandis que le filet de notes cristallines allait se perdre dans l'horizon, il le vit tendre le bras devant lui. Semblant répondre à son appel, le cri d'un épervier transperça bientôt le ciel limpide de ce matin d'été. Dans un cercle gigantesque, l'oiseau de proie vira de bord pour revenir dans sa direction. Plusieurs secondes, il plana au-dessus de leurs têtes, majestueux, puis descendit lentement vers celui qui l'avait appelé et se posa sur son bras. Lorsqu'il eut replié ses ailes, Mark lui caressa la tête avec douceur, sans un mot.
   - Mark..., lâcha Graig.
   Instinctivement, il n’avait osé parler trop fort de peur de ne le faire sursauter et tomber. D'un même mouvement, l'épervier et son maître tournèrent la tête vers lui. Son regard avait directement plongé dans le sien, mais son unique réaction fut un léger sourire glissé sur ses lèvres.
   - Que me vaut le plaisir de ta visite ? demanda-t-il enfin en reportant son attention sur l'oiseau de proie.
   Ils ne s'étaient fait face qu'un instant, mais Graig put constater avec surprise que ses cheveux étaient plus longs que de coutume et qu'une barbe avait envahi son visage, recouvrant les traits durs de sa mâchoire. S'il avait troqué sa combinaison spatiale pour une chemise de coton et un pantalon de toile, ses nouveaux habits ne cachaient par contre en rien sa puissante stature.
   Pris par le flot de ses pensées, il lui avait laissé le temps de faire quelques pas dans sa direction.
   - Ca fait trois semaines que je te cherche, lâcha-t-il une fois à sa hauteur. Tamra veut absolument te voir.
   Mark accueillit la nouvelle d’un imperceptible froncement de sourcils. Plutôt du genre tête de mule et casse-cou, pleine d'idées bien arrêtées qui la poussaient systématiquement à refuser les conseils de ses aînés, sa jeune soeur n'était pas fille à le réclamer à corps et à cris pour rien. L'idée s'était imposée d'elle-même : quelque chose d'important avait dû se produire pour qu'elle le fasse ainsi rechercher partout.
   L'un et l'autre perdus loin de la réalité, ils avaient fait place à un silence tout juste dérangé par la musique d'une nature sauvage portée par la douceur de l’air. Une brise légère faisait balancer une ou deux mèches devant les yeux du pirate, devant ce regard qui n'avait en rien perdu de son étrangeté. Ses grands yeux gris-bleu, si clairs, contrastaient tant avec la noirceur bleutée de ses cheveux qu'ils ne manquaient jamais de retenir l'attention. Mais le plus incroyable venait toujours de ce regard lui-même. Il était si froid, si tranchant qu’il semblait toujours vous pourfendre jusqu’aux tréfonds de l’âme. Graig le connaissait depuis longtemps maintenant et, pourtant, il était toujours parcouru par ce même frisson lorsqu’il le fixait droit dans les yeux. Jamais il n'avait pu analyser où contrôler cette réaction instinctive, réaction de survie.
   C'est d'un simple signe de tête que Graig apprit qu'il était prêt à le suivre. Juste avant de prendre la direction du sentier, Mark rendit sa liberté à l'épervier. L'oiseau prit son envol dans un cri puissant mais, ne semblant pas vouloir quitter son maître, il continua à voler en cercle au-dessus de leurs têtes tandis qu'ils descendaient le chemin escarpé qui, seul, menait au village. Peut-être parce que le voyage de retour était aussi difficile que leur première escalade, ils n'avaient toujours pas échangé le moindre mot lorsqu'ils parvinrent enfin au bas de la falaise où le pirate se contenta d'un vague signe de la main.
   - Attends-moi là, intima-t-il non sans poursuivre son chemin sur le même rythme.
   Graig se résigna d'un soupir à chercher un coin tranquille où attendre. Un regard circulaire lui permit de repérer un banc au-dessus duquel un arbre aux larges branches offrait une ombre bienvenue à l'approche du zénith d'un soleil gigantesque. Il alla s'y installer d'un pas presque machinal, ne pouvant désormais que prendre son mal en patience. Allongé sur son banc, il faillit même s'endormir tant le pirate prenait son temps pour revenir. Il somnolait d’ailleurs doucement lorsqu’il réapparut enfin, les cheveux plus courts, rasé de près et habillé cette fois d'une combinaison spatiale.
   - Tu sais ce qu'elle me veut ? lança-t-il à peine à sa hauteur.
   - Non, répliqua Graig en secouant la tête. Elle n'a rien voulu me dire et je n'en saurai pas d'avantage, car je ne peux pas t'accompagner sur Niran où elle te demande de la rejoindre. Avec Sékor, Geln et Ebor, j'ai monté une agence de détectives-mercenaires et on travaille sur notre premier contrat depuis quelques semaines, expliqua-t-il. J'ai dû les quitter un moment pour te retrouver, mais je ne peux pas m'absenter plus longtemps.
   - Et c'est quoi votre affaire ?
   - Des gens qui disparaissent mystérieusement dans la région d'Ingo et des vols d'armements dans les bases militaires, répondit-t-il sans entrer dans les détails.
   Mark n’insista pas. Il avait plus posé la question par politesse que par profond intérêt.
   - Il y a longtemps que Tamra travaille sur Niran ? demanda-t-il ensuite.
   - Ca doit faire deux mois. Après l'affaire de Tritarnia et la parution de son article, on l'a sollicitée pour animer une émission de T.V., fit Graig assurément très fier de sa femme.
   Niran était une planète un peu spéciale située en bordure des Territoires Interdits. Toutes les chaînes les plus importantes de radio et de T.V. y avaient élu domicile ainsi que quelques studios de cinéma. La presque totalité de ses habitants travaillaient pour l'une des ces trois disciplines mais, si cela la composait d'une faune assez à part, Niran avait encore une autre particularité, et non des moindres. En effet, ni la Patrouille de l'espace, ni aucun autre organisme officiel n'avait le droit d'y opérer. N'importe quel bandit, voleur ou pirate pouvait donc s'y promener en toute impunité. Ce statut pour le moins singulier avait été instauré suite à l'arrestation de plusieurs voleurs célèbres à la sortie de leur interview, ce qui avait bien évidemment poussé d'éventuels autres candidats à refuser les invitations des chaînes de T.V. ou de radio, au grand damne de ces dernières. Il fallut plusieurs années d'âpres négociations avant d'arriver à un accord, mais les autorités de Niran eurent finalement gain de cause en arrachant un traité dans lequel il était stipulé qu'aucune personne recherchée ne pourrait plus désormais être arrêtée sur le sol et dans la zone d'attraction de la planète. Depuis ce jour marqué d'une pierre blanche par les puissantes chaînes de communications, ces émissions qui avaient le don de faire grimper les taux d'écoute à des sommets mémorables purent enfin renaître de leurs cendres et faire la joie de nouveaux amateurs.
   - Alors comme ça tu as décidé de nous quitter ? fit le vieil homme déjà rencontré par Graig alors que Cobra s'apprêtait à refermer la ceinture magnétique chargée de soutenir ses lasers.
   - Ma chère petite sœur a besoin de moi, répliqua-t-il comme pour s'en excuser. Et puis... il est grand temps que je bouge un peu.
   Il est vrai que cela faisait maintenant plusieurs mois qu'il n'avait pas fait parler de lui, que ce soit dans les galaxies connues ou les Territoires Unis. Nombre de leurs résidents, habitués à dévorer ses exploits comptés avec moult détails dans la plupart des journaux, se demandaient d'ailleurs si ce fameux pirate n'avait pas subitement changé de profession. Ce n'était pas là une question qui tracassait la Patrouille de l'espace, très loin de regretter cette absence prolongée. Un bandit de moins à s'occuper, cela faisait toujours plaisir. La liste des gens satisfaits par ces longues vacances ne s'arrêtait pas là. On pouvait sans crainte y ajouter les nombreux directeurs de musées et expositions, Cobra étant en effet l'un des rares cambrioleurs à être capable de déjouer les systèmes d'alarmes les plus perfectionnés. Depuis sa "disparition", il leur était enfin possible de dormir sur leurs deux oreilles, certains de ne pas être réveillés en pleine nuit par l'annonce d’une désagréable et insolente visite de leur domaine.
   - Et lui, qu'est-ce que tu en fais ? demanda le vieil homme en désignant du menton l'épervier perché sur l'une des branches de leur parasol naturel.
   - Je l'emmène, répondit Mark. Je le déposerai sur Talis au passage.
   Talis était sa planète natale. Il y possédait une vaste propriété, perdue au milieu de nul part, genre d'endroit où l'épervier serait à son aise.
   - Désolé de te quitter si vite, mais il vaudrait mieux que je reprenne mon enquête si je ne veux pas me retrouver au chômage, fit Graig une fois levé. Embrasse Tamra pour moi ! lança-t-il en s'éloignant déjà d'un pas pressé. 
   Mark ne se formalisa pas de ce départ précipité. Il le suivit un instant des yeux puis, accompagné du vieil homme, il s'engagea sur le sentier de terre qui le mènerait là où il avait laissé son propre vaisseau, pour quelques jours avait-il pensé à l’époque. Au fil de ses pas, il en découvrit la silhouette, blanche, étincelante au creux de ce large repli de la falaise, nid de roche noire qui lui avait servi d’abri durant tout ce temps. Il apprécia de le revoir tout comme il aima l’idée de retrouver à son bord cet univers qui faisait tant partie de lui.
   - Fais attention à toi, lança son hôte de quelques mois tandis qu'il gravissait la rampe d'accès du Phoenix.
   Mark lui répondit d’un simple signe militaire de la main avant d'appeler l'épervier d'un long sifflement. L'oiseau ne se fit pas prier pour venir le rejoindre. Une fois posé sur son bras, tous deux disparurent derrière le sas d'accès.
   - On va enfin quitter cet endroit perdu.
   De classe I.A., Arak était l’unique ordinateur de bord du vaisseau, puissant, parfaitement autonome et doté d’un caractère étrange pour un amoncellement de connexions bio-électroniques.
   Mark sourit puis déposa l'épervier sur le rebord du dossier du siège du copilote.
   - Tu as l'intention de garder cet animal ici ? demanda Arak qui n'en semblait visiblement pas satisfait.
   - Oui, pourquoi ?
   - Il va me faire des saletés partout, répliqua-t-il. En tous cas, tu seras responsable de tout accident s'il s'oublie sur mes circuits.
   - Au lieu de dire n'importe quoi, prépare-moi le chemin le plus court pour Niran après un détour par Talis.
   Arak fut extrêmement satisfait de constater que l'unique objectif de ce petit détour était de déposer l'épervier sur la planète natale du pirate. Mark le remarqua et se dit que, décidément, son I.A. avait des réactions bizarres, presque humaines quelques fois, malgré le dédain qu’il portait à ce type de sentiments.



Texte soumis à la Société suisse des auteurs en 1990


_________________
WEB MAK'S A BETTER WORLD


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur ICQ AIM Yahoo Messenger MSN
MARIO KEKIC
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 25 Mar 2009
Messages: 908
Localisation: PARIS
Masculin Bélier (21mar-19avr) 馬 Cheval
Point(s): 115
Moyenne de points: 0,13

MessagePosté le: Dim 11 Avr - 19:53 (2010)    Sujet du message: MARK STORM Répondre en citant

Episode 1



A ceux qui n'ont pas oublié leur rêves d'enfant (de l'auteur)


   Tritarnia.
   Une petite galaxie en spirale plantée à une dizaine de millions de kilomètres des Territoires Unis. Le plateau sur lequel elle étalait avec générosité ses quelques milliards d'étoiles concurrençait tout juste la moitié de celui d'une grande soeur qui, malgré une proximité toute relative à cette échelle, ne se doutait même pas de son existence. Cela pouvait paraître curieux à une si petite distance, minime, ridicule même sur l’échiquier de l’Univers, et pourtant... Si elle avait de quoi surprendre, la raison était d’une simplicité enfantine. Enveloppée d'une zone d'énergie inconnue, Tritarnia était l’hôte, la prisonnière d’un phénomène unique : elle était invisible pour quiconque ne se trouvait pas à l'intérieur de ses frontières.
   Il faudrait bien encore attendre treize ans tritarniens pour que ces deux mondes se retrouvent enfin.


   Mais il n'en était pas encore temps et, pour l'heure, comme dans le reste de la galaxie, la vie s'écoulait paisiblement sur Tira, capitale de la planète Tor située à égale distance entre la bande d'énergie et le centre de Tritarnia. L'architecture de cette cité se rapprochait assez d’un style « fin du moyen-âge terrien ». Bizarrement, quelques navettes de terre survolaient ses rues sans que cela ne semble déranger qui que ce soit. Etrange pour le visiteur, normal pour un tritarnien. Si l'on prenait garde à bien observer les alentours de la cité, on pouvait facilement découvrir quelques routes plus en rapport avec le vingtième siècle ainsi qu'une sorte de temple, superbe fruit d'une haute avance technologique, qui dominait la ville du haut d'une colline richement fleurie.
   Au loin, en s'attachant aux détails, on pouvait apercevoir un paysan en train de labourer sa terre aidé d'une charrue tirée par des bœufs tandis qu'au milieu des bois un chasseur tuait un ours à la carabine laser. Juste de l'autre côté de la forêt, dans la tiédeur de cette fin de journée d'été, le sifflement du train ultra-rapide chargé de relier les deux plus grandes villes du conté fit sursauter un vieux fermier qui somnolait tranquillement sur sa charrette de foin avant que son cheval n'accélère le pas, comme si cela l'avait lui aussi réveillé.
   Cette étrange cohabitation de siècles disparates en une seule et même civilisation hantait ainsi toute la galaxie avec plus ou moins d’évidence sans que cela ne choque pour autant ses habitants. Ils avaient toujours vécus ainsi, alors pourquoi devrait-il en être autrement ?

   Suite au retentissement d'une cloche, dans une rue poussiéreuse de Tira, une bande d'enfants sortit en courant de la cours d'une école.
   - Je vais chez Sarod ! cria l'un d'eux. Qui vient avec moi ?!
   - Moi ! répondirent en cœur une dizaine de gamins.
   - Alors on y va ! lança le premier enfant déjà reparti au pas de course, entraînant par un geste de la main une meute de gosses hurlants et riants derrière lui.
   Non loin de là, un peu en dehors de la petite cité, assis à l'ombre d'un chêne, un homme proche de la cinquantaine fumait sa pipe, savourant avec délice la tranquillité des lieux. Ce calme serein et méditatif ne put rien contre l’enthousiasme de la jeunesse, brisé par ses cris joyeux en provenance du sentier. Tiré de ses pensées, Sarod tourna doucement la tête puis sourit à la vue des enfants qui couraient vers lui.
   - Que me vaut l'honneur de votre visite ?! demanda-t-il après avoir été cerné en l'espace de quelques secondes.
   - On veut que tu nous racontes une histoire ! répondit la quinzaine d'enfants à l'unisson.
   Sarod caressa le bout de sa barbe puis, après les avoir tous regardés les uns après les autres, il acquiesça en souriant. Sans plus un mot cette fois, chacun s'assit autour de lui avant de le fixer avec intérêt.
   - Je vais vous raconter l'histoire de notre galaxie, fit-il en s’installant au milieu d’eux.
   L'histoire de Tritarnia était probablement celle qu'il connaissait le mieux. Depuis plus de trente ans maintenant, il la racontait à tous ceux qui voulaient bien l'écouter, histoire que lui-même avait apprise d'un vieil homme auquel, comme ces enfants aujourd'hui, il allait rendre visite lorsqu'il n'avait que dix ans. Subjugué par la fascinante histoire de ses ancêtres, il avait plus tard poussé ses études et était devenu un Shamar de Xorgos.
   - Il y a des milliers et des milliers, nos ancêtres amenèrent leur civilisation à un niveau de technologie tel que le mot impossible pouvait disparaître de leur vocabulaire. Ils étaient devenus si puissants qu'ils avaient réussi à coloniser plusieurs autres galaxies, découvert des dimensions différentes de la nôtre, voyageaient dans le temps aussi facilement que nous-mêmes nous le faisons d'une ville à l'autre. La maladie, la vieillesse n'étaient plus que de mauvais souvenirs. Ne pouvant aller plus loin dans la technologie, poursuivit-il face à un auditoire suspendus à ses lèvres, ils décidèrent un jour de s'occuper à fortifier la puissance de leur esprit. A nouveau, dans ce domaine comme dans les autres, ils allèrent très loin, trop peut-être même. Bien sûr, ils pouvaient maintenant communiquer sans avoir besoin de prononcer une parole, ils pouvaient voyager à travers l'espace et le temps par leur simple volonté, ils pouvaient déplacer des objets aussi gros qu'une maison avec la seule force de leur esprit, mais la découverte de leur puissance occulte fut prématurée. Ivres de cette force nouvelle à laquelle rien ne pouvait résister, ils finirent par se prendre pour des Dieux vivants. Petit à petit, deux clans se formèrent, séparant la galaxie entre ceux qui voulaient conquérir l'Univers et ceux qui tentaient de freiner ces ambitions démesurées. Il y a de cela environ 5 milles ans tritarniens, cet affrontement prit une tournure dramatique. Xorgos, le plus grand savant que cette civilisation ait connu, construisit une machine capable de canaliser les forces de l'univers et de la transmettre à un être humain. Bien évidemment, le détenteur d'une telle invention était assuré d'une puissance inimaginable et cette simple idée tenta bien des gens qui ne rêvaient que de conquêtes et de puissance. Le meneur de ce clan assoiffé de pouvoir réussit un jour à faire la fonctionner dans son propre intérêt. Alerté à temps, Xorgos parvint à stopper l'expérience, ne lui permettant que de puiser la moitié de la puissance qu'il voulait tant s'approprier. Pour se venger, Dargos fit en sorte qu'une guerre fratricide se déclenche dans l'espoir de pouvoir devenir le maître de la race la plus évoluée connue à cette époque et, par là-même, s’approprier définitivement les inventions de son ennemi Xorgos. Telle une traînée de poudre, le feu de cette guerre démesurée embrasa non seulement Tritarnia, mais aussi toutes les galaxies qu'elle avait colonisées au fil du temps. Ce ne fut pas là une guerre ordinaire, loin de là, reprit-il après avoir jeté un œil circulaire sur les enfants qui le fixaient d'un regard brillant d'intérêt. Ils utilisèrent l'arme la plus destructrice jamais inventée, leur esprit. Attisé par la haine qui régnait dans leur cœur, leur pouvoir ne leur servait désormais plus qu'à une seule chose, détruire et détruire encore. Des milliers de planètes explosèrent, des milliards d'êtres humains périrent par la folie de ceux qui se croyaient des Dieux et qui moururent pourtant comme des hommes.
   Pris de passion pour son histoire, Sarod s'était levé d'un geste machinal, gesticulant et parlant avec force au milieu de ces enfants complètement fascinés et obnubilés par son récit. Peut-être surpris par sa propre exubérance, il se tut un instant puis, après avoir plongé son regard dans ces dizaines de pairs d'yeux hypnotisés par ses talents de conteur, il se rassit.
   - Et oui mes enfants, que de folies nos ancêtres ont commises, reprit-il d'un ton plus calme. Il avait beau ne posséder qu'une partie du pouvoir absolu qu'il convoitait, Dargos faisait de tels ravages que Xorgos dût se décider à utiliser sa machine pour pouvoir le combattre, lui et tous ceux qui le suivaient. Une fois cette puissance incalculable entre ses mains, il l'utilisa pour faire cesser cette lutte insensée d'une manière radicale : la quasi totalité des partisans de Dargos fut exterminé en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Utilisant toutes les forces de l'univers, il parvint même à atteindre ceux qui se trouvaient dans les galaxies les plus éloignées. Terrifiés par ce déferlement de puissance, les deux clans cessèrent presque instantanément la lutte. On ne sait pas si Dargos fut tué, poursuivit Sarod, car même s'il possédait une partie du pouvoir, Xorgos restait deux fois plus puissant que lui, mais on le supposa puisqu'il ne reparut jamais. Quand à Xorgos, comme puni d'avoir utilisé des pouvoirs si puissants pour le mal, il mourût peu de temps après. Dieu venait de rappeler aux pauvres hommes que nous n'avions pas le droit de traiter d'égal à égal avec lui, que ces puissances mystérieuses que l'on convoitait tant étaient loin de nous être asservies et que nous avions encore beaucoup de mal à discerner le bien du mal. D'ici là, il fallait que nous redescendions du Piédestal sur lequel nous nous étions érigés avec tant d'audace et en toute imposture. Ultime punition, continua-t-il après un léger soupir, notre galaxie fut fortement secouée par le déploiement de tant d'énergie et elle bascula dans un vide dimensionnel dont nous sommes depuis lors prisonniers. Nous ne nous trouvons depuis dans aucune dimension, partout et nul part à la fois. Le temps s'écoule ici quatre fois moins vite que dans le reste de l'univers mais, si vue de l'extérieur, notre vie semble longue, en temps tritarniens notre longévité est la même qu'ailleurs.
   - On est vraiment prisonnier ?! lança l'un des enfants.
   - Prisonnier est peut-être un mot un trop racial tu as raison. Après le cataclysme, quelques savants construisirent plusieurs vaisseaux capables de traverser ce champ de force.
   - Et qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?! demanda une petite fille d'un ton impatient.
   - Et bien notre civilisation cessa son évolution, répondit Sarod. Ou plutôt non, elle la continua, mais dans le sens inverse. Plus simplement dit, nous avons commencé une lente régression qui continue encore aujourd'hui. Les pouvoirs occultes furent les premiers touchés. Dégoûtés par les souffrances et la mort qu'ils avaient apportés, nos ancêtres les oublièrent très vite. Seuls les Shamars et les Grand Prêtres continuèrent à les entretenir, car il ne faut pas oublier qu'utilisés pour le bien, ils pouvaient être très bénéfiques. De toute façon, ils sont en nous, ils font partis de nous, c'est à chacun de savoir s'il veut les développer ou pas. La technologie régressa ensuite à son tour, poursuivit-il, et de centaine d'années en centaine d'années, on ne sut plus tout d'abord comment construire certains appareils, puis comment les réparer et, enfin, comment les utiliser. La population finit par complètement oublier cette technologie venue leurs ancêtres et une fois encore il ne resta pratiquement plus que les Shamars et les initiés, comme nous appelons ceux qui ont appris de père en fils l'art d'utiliser les sciences oubliées, à avoir conservé un peu de ce savoir. Même les Grands Prêtres ont aujourd'hui presque totalement disparus. Il n'en reste d'ailleurs plus de deux, notre maître à tous Yodar et la Grande prêtresse de Tyrus, Liksan.
   - Qu'est devenue la machine de Xorgos ?!
   - Avant de mourir, il dissémina les huit parties les plus importantes de cet appareil. Sept boules de cristal aux couleurs de l'arc-en-ciel sont éparpillés entre Tritarnia et la galaxie dont nous sommes le plus proche. La partie la plus importante, le diamant de Xorgos, est elle au centre du temple de Xar sur la planète Dran où des forces mystérieuses la protègent. On dit que ce serait l'âme de Xorgos lui-même.
   - Alors notre galaxie restera toujours dans ce vide dimensionnel ?!
   - Hélas oui, répondit-il en soupirant, et Tritarnia finira par se détruire. Xorgos prédit pourtant que deux enfants sauveraient notre monde. Eux seuls seraient capables de remettre la fabuleuse machine en marche et ainsi nous faire regagner notre dimension. Séparés dès leur naissance, il faudra, selon la légende, l'intervention du Shaxar pour les réunir et les conduire jusqu'à l'endroit où se trouvait anciennement l'œuvre de Xorgos, cela après qu'il ait retrouvé les sept boules et le diamant.
   - Et si jamais un jour il y a quelqu'un qui dit être le Shaxar, comment saura-t-on si c'est vrai ?!
   - De génération en génération, fit-il en sortant un bout d'étoffe de sa poche, nous nous transmettons cette représentation peinte de l'élu.
   - Il est beau, fit une petite fille.
   Sarod sourit, amusé, puis regarda sa montre.
   - Bon mes enfants ! Il se fait tard. Vous devriez rentrer chez vous avant que vos parents ne commencent à s'inquiéter.
   Sarod les regarda s'éloigner perdu dans ses pensées. Il savait que ces enfants avaient compris le message de son récit, mais il savait aussi qu'ils l'oublieraient comme leurs parents l'avaient oublié avant eux. Il avait pourtant l'espoir que l'un d'entre eux, comme lui il y a vingt ans, déciderait de devenir Shamar et reprendrait le flambeau. Mais combien de temps encore les Shamars existeraient-ils ?! Il ne le leur avait pas dit, mais leur galaxie était condamnée à brève échéance et ceci était malheureusement un fait scientifique.
   Le soir tombait doucement sur Tira, merveilleux spectacle de senteurs et de couleurs dont il ne put malheureusement profiter longtemps, tiré de ses rêveries par la voix angoissée d'une femme.
   - Monsieur, venez vite, votre femme accouche et ça ne se passe pas bien, criait Tila, la vieille domestique de la famille.
   Il ne fut pas autrement surpris par la nouvelle. Après des années d'attente, alors qu'ils avaient depuis longtemps maintenant perdu tout espoir que cela arrive, Siria, sa femme, était enfin tombée enceinte. Avoir un enfant à plus de quarante ans posait pourtant bien des problèmes et, dès le début de la grossesse, ils avaient été conscients que cela ne se passerait pas sans mal. Ne voulant pas la laisser seule dans un moment pareil, il se leva prestement et fonça vers la maison, suivi comme son ombre par la servante qui n'arrêtait pas de se lamenter et de marmonner "Oh mon Dieu" en secouant la tête.
   Il était en train de gravir quatre à quatre les marches qui conduisaient au premier lorsque des pleurs d'enfants parvinrent jusqu'à lui. Galvanisé, il accéléra la cadence et s'engouffra d'un bond dans la chambre à coucher où la première chose sur laquelle son regard tomba fut un petit berceau garni de deux adorables bambins.
   - Je suis désolé, fit le médecin d'une voix grave, mais je n'ai pas pu sauver la mère.
   Sarod tourna lentement la tête vers le lit où le corps de sa femme avait été recouvert d'un drap. Il eut un léger temps d'hésitation avant de s'en approcher lentement et dégager son visage pour y déposer un baiser tandis qu'une larme glissait doucement le long de sa joue. Il la regarda quelques secondes encore dans le plus parfait silence puis, une fois recouverte avec précaution, il se dirigea vers le berceau. Longuement, il considéra ce petit garçon et cette petite fille qui dormaient maintenant d'un sommeil d'ange sans trop savoir quelle attitude adopter, l'esprit embrouillé par le chagrin d'avoir perdu sa femme et la joie d'avoir deux enfants.
   - Bienvenue en ce monde, murmura-t-il en effleurant leurs petits visages des doigts.
   Dès le lendemain, selon la coutume et le commandement ancestral de Xorgos, Sarod alla présenter ses enfants aux Dieux. Dans le fond du temple, un autel assez spécial surplombait une salle d'imposante dimension, un autel d'une forme demi-sphérique d'environ un mètre d'envergure où, chaque fois que l'on déposait un nouveau né, un fin rayon né du plafond venait effleurer le corps de l'enfant.
   Comme il l'avait vu faire des milliers de fois, Sarod allongea ses enfants sur le fond du demi-cercle. Très normalement, le fin rayon bleu tomba quelques secondes plus tard du plafond mais, à peine avait-il effleuré les nouveau-nés que le demi-cercle se mit à briller d'une lumière aveuglante. Incapable de soutenir longtemps cette luminosité, il lui fallut s’en détourner en mettant les bras devant les yeux pour se protéger tandis que la demi-sphère se scindait en deux parties égales qui coulissèrent d'au moins un mètre, emportant avec elles chacune un enfant. Lorsqu'elles se stabilisèrent, la lumière disparut, d'un coup, et il put enfin se retourner. Il découvrit alors une seconde coupole, plus petite cette fois, qui paraissait être de verre. Au centre de cet écrin translucide, deux pendentifs de forme ronde étaient soigneusement rangés, deux pendentifs garni d'un même dessin constitué d'une bordure de sept points argentés avec en leur centre un hexagone doré.
   Venant de comprendre la signification de tout ceci, Sarod ouvrit de grands yeux éberlués. Par un fait extraordinaire, les deux enfants dont il avait tant souhaité la naissance depuis de longues années n'étaient autres que ceux de la légende qu'il racontait depuis plus de trente ans. Contrairement à ce que l'on aurait pu penser, cette découverte ne le remplit pas que de joie, loin de là. Il savait que depuis son accession au rang de Grand Prêtre, chef tant spirituel que politique de la galaxie, Yodar faisait des recherches intensives au sujet de ces deux enfants et, comme bien d'autres, il le soupçonnait fortement de vouloir s'accaparer la puissance de leurs ancêtres. Si peu de Shamars aimaient ce nouveau Grand Prêtre, l'on pouvait affirmer sans risque que la Grande Prêtresse de Tyrus, elle, le détestait cordialement, mais il est vrai qu'il semblait plus se préoccuper de son sort personnel que de celui de Tritarnia.
   Il n'y avait pas des milliers de façon d'éviter que Yodar mette la main sur ses enfants. Il lui fallait les éloigner le plus possible l'un de l'autre, quand bien même cela lui déchirait-il le cœur. Ce n'était pas une décision facile à prendre, mais les protéger était primordial et puis, la légende ne disait-elle pas que les enfants devaient être réunis par le Shaxar ?! Sans plus attendre, il prit les deux colliers, les passa autour du cou des nouveau-nés puis retourna vers sa voiture au pas de course.
   - Kirod ! appela-t-il à peine entré dans la maison. Kirod, où es¬-tu ?
   - Voilà monsieur ! fit d'une voix profonde une sorte de géant de plus de deux mètres en surgissant dans le hall d'entrée.
   - Kirod, je veux que tu emmènes Shana dans le temple de Tyrus et que tu la mettes sous la protection de la Grande Prêtresse Liksan. Elle en comprendra la raison en voyant le pendentif de la petite. Je te la confie et je veux que tu la protèges jusqu'à ce que Djaris, son frère, la retrouve, termina-t-il en lui mettant la petite fille dans les bras.
   Kirod ne comprenait pas vraiment ce qui se passait mais, l'instant de surprise passé, il finit tout de même par acquiescer. Ne prenant que le temps de sceller un cheval, il quitta la maison et disparut dans la nuit. Sarod le regarda partir avec tristesse. Il venait de perdre sa femme et, maintenant, il devait se séparer de sa fille. Une chose pourtant le consolait, il pouvait entièrement se reposer sur Kirod. Il avait peut-être plus de muscles que de cervelles, mais il savait qu'au besoin il protégerait Shana au péril de sa vie.
   Des pleurs d'enfant le ramenèrent bien vite à la réalité, lui rappelant que c'était maintenant au tour de Djaris d'être mis à l’abri des ambitions du Grand-Prêtre. Le petit enveloppé d'une couverture, il retourna vers sa navette personnelle et partit en direction du temple où était conservé l’unique vaisseau spatial de Tor capable de traverser la zone d'énergie mortelle. Yodar était puissant mais il était certain d'une chose, plus il y aurait de distance entre ses enfants plus ceux-ci seraient en sécurité, et essayer d'atteindre la galaxie qui leur était le plus proche lui avait paru le moyen le plus sûr pour garantir sa sécurité. Jamais encore il n’avait réellement usé des prérogatives que lui accordait le titre de Shamar mais, aujourd'hui, pour arriver à ses fins, il n'hésita pas à s'en servir. Lorsque l'appareil s'éleva dans les airs, il ressentit une certaine excitation l'envahir peu à peu. Il allait passer la mythique frontière... C’était un peu comme entrer dans les histoires qu’il racontait depuis toujours... Il fit pourtant son possible pour garder ses distances avec cette part de lui enthousiasmée par l’aventure. S’il savait que désormais plus personne ne pourrait s'opposer à leur départ, il restait conscient que la partie n'était de loin pas gagnée d'avance. Il y avait bien longtemps, trop longtemps même que ce vaisseau n'avait pas passé la zone d'énergie et il se demandait s’il tiendrait le coup.
   Comme il s'y était attendu, l'appareil commença à grincer dès qu'il pénétra dans le champ d'énergie. Mis à rude épreuve, l'ordinateur ne tarda pas à subir des courts-circuits alors que les déflecteurs faiblissaient déjà à vue d'oeil. La pression exercée sur la coque était telle qu'une chaleur infernale finit par gagner le poste de pilotage. Bien plus que lui, Djaris souffrit de cette atmosphère oppressante et, pris de suffocation, il s'en plaignit à sa manière, par des cris et des pleurs qui seuls résonnaient dans la pièce. Vers le milieu de la zone, des vibrations se mirent à parcourir le vaisseau d'une façon inquiétante. Les tiraillements qu'il subissait devinrent même si importants qu'une plaque se détacha de la cale. Fort heureusement, celle-ci était séparée du reste par des sas hermétiques, car sinon l'appareil se serait aussitôt disloqué. 
   Au passage de la frontière entre la zone et l'espace temps normal, le vaisseau fut brusquement stoppé avant d’enchaîner une violente accélération due au fait de ne plus être soumis au freinage du champ d'énergie. Tout d'abord projeté en avant où les ceintures de sécurités s'incrustèrent dans ses épaules et son ventre, Sarod fut violemment rejeté en arrière. La seule chose à laquelle il pensa fut de tenir son enfant serré contre lui. Assommé par son choc contre le dossier du siège, il perdit conscience quelques secondes plus tard alors que, privé de ses réacteurs endommagés, le vaisseau dérivait dans l'espace.
   Lorsqu'il reprit connaissance, Sarod tenait toujours dans les bras un bébé qui dormait maintenant à poing fermé. Après l'avoir regardé un instant, soulagé qu'il ne semble pas avoir souffert de ce voyage mouvementé, il le déposa doucement sur le siège du copilote puis passa en revue les instruments et évalua les dégâts. Par chance, les réacteurs de secours n'avaient pas été touchés et le vaisseau fut en mesure reprendre sa route, guidé cette fois manuellement puisqu’une grande partie des commandes de l'ordinateur avait été brûlées par les courts-circuits. Sarod ne pouvait désormais plus compter que sur lui-même pour poursuivre son chemin. Ce fut ainsi dans une navette en piètre état dont il tentait tant bien que mal de garder le contrôle qu'il atteignit la frontière des Territoires Unis quelques jours plus tard.
   Ce passage aurait dû le soulager d'un grand poids, malheureusement le sort en décida autrement. L'appareil venait à peine d'entrer dans l'amas galactique lorsque l'ordinateur central subi un court-circuit de trop, sonnant sa mort. Pour couronner le tout, de minuscules fissures provoquées par leur voyage mouvementé laissaient échapper de l'air du poste de contrôle. Elles se multipliaient à une bien trop grande vitesse pour penser avoir plus d'une heure d'oxygène mais, s'il était conscient de la nécessité de quitter cet appareil au plus vite, il savait aussi que celui-ci n'était pourvu que d'une seule "bulle" de secours. Pensant plus à la vie de son fils qu'à la sienne, la question d'un quelconque choix ne lui effleura même pas l'esprit avant d'y déposer l'enfant toujours endormi, le visage serein. Après avoir enclenché la balise de détresse qui avertirait de sa présence tout vaisseau passant à proximité, il caressa une dernière fois la tête de Djaris puis, le cœur gros, il pressa sur la commande de mise en liberté du petit appareil de secours qui fut aussitôt éjecté dans l'espace.
   Moins d'une heure plus tard, alors que la bulle était enfin repérée par un cargo de marchandise, un vaisseau de la Patrouille de l'espace entreprit le sauvetage de l'appareil de Sarod. Manquant d'oxygène depuis un moment déjà, celui-ci avait à nouveau perdu connaissance, état qui le conduisit directement à l'infirmerie tandis qu'à peine lâché par le tube de raccordement, sa navette se disloquait d'un coup avant d'exploser et disparaître à jamais.


**********

 
Texte soumis à la Société suisse des auteurs en 1989



Comme annoncé, la suite de cet épisode ne sera plus en ligne désormais.

En effet, après "Les Territoires Interdits" auto-publié grâce à TheBookEdition.com en mars 2009, et prochainement "La Guerre du Temps", ce volume 3 sera disponible à l'achat en 2010
_________________
WEB MAK'S A BETTER WORLD


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur ICQ AIM Yahoo Messenger MSN
MARIO KEKIC
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 25 Mar 2009
Messages: 908
Localisation: PARIS
Masculin Bélier (21mar-19avr) 馬 Cheval
Point(s): 115
Moyenne de points: 0,13

MessagePosté le: Dim 11 Avr - 20:58 (2010)    Sujet du message: MARK STORM Répondre en citant

"A tous ceux qui savent que si l'on doit assumer son passé,
l'avenir est lui toujours à reconstruire..."
de l'auteur



   - Veuillez vous lever ! annonça, très solennel, un homme habillé d'une longue toge blanche alors que derrière lui un sas coulissait de côté.
   Le brouhaha qui avait jusqu'alors régné dans la salle d'audience du tribunal s'estompa comme par magie, cédant la place au prompt redressement d'une salle unie dans un seul et même mouvement. Le silence total et respectueux presque aussitôt érigé en maître incontesté ne fut troublé que par les pas réguliers des douze membres du jury, du juge et du procureur qui, les uns après les autres, traversèrent la salle sous le regard impatient de leur public.
   Comme la centaine de personnes présentes, les gardes de faction avaient suivi leur évolution jusqu'aux places réservées à leur intention. Ce geste quasi automatique fut pour l’un d’eux l'occasion de s'apercevoir que l’accusé ne s'était pas donné la peine de se lever. Bien décidé à lui en faire la remarque, le jeune patrouilleur prit aussitôt la direction du box où il était installé.
   Il ne devait pas avoir dû faire plus de deux pas lorsque le prisonnier tourna la tête vers lui. Il n'y avait rien là d'extraordinaire et pourtant, la lueur glaciale qu'il vit à cet instant briller au fond de ces yeux bleu-gris, étrangement clair, eut pour effet de geler son enthousiasme en une fraction de seconde. L'échine étrangement parcourut d’un désagréable frisson, il préféra bien malgré lui s'abstenir de tout commentaire. Dans un rapide demi-tour, il retourna à sa place sans insister alors que la salle prenait à nouveau place, suivant l'exemple du juge.
   - Accusé levez-vous ! lança le greffier en voyant que le procureur s'apprêtait à énumérer la liste des chefs d'accusation avant que le juge ne rende son verdict.
   Cette nouvelle injonction ne sembla pas avoir plus d'effet que la première. Le procureur fronça des sourcils, agacé par ce manque évident de volonté d'obtempérer, tandis que l'avocat de la défense jetait un regard implorant vers son client qui finit tout de même par s'exécuter en soupirant.
   Pas vraiment passionné par la liste des méfaits que le procureur semblait énumérer avec une certaine délectation, Cobra laissa son regard errer dans la salle, glissant ça et là sur quelques visages familiers sans pour autant jamais s'y attarder. Les jeux étaient faits, il connaissant son avenir, alors pourquoi s’attacher à cette mascarade. Affichée ouvertement, son indifférence à ce qui était en train de se passer autour de lui finit pourtant par être prise en défaut. Croisant le regard du colonel Warmer, principal protagoniste de sa position de prévenu en attente de condamnation, son humeur devint nettement plus ombrageuse.
   Le fait qu'il soit venu témoigner contre lui ne l'avait pas surpris outre mesure, bien obligé d'admettre que leurs relations personnelles s’étaient sérieusement détériorées depuis déjà plusieurs mois sans qu'aucun d'eux n'en connaisse réellement la raison profonde. Qui avait commencé ? Qui en était responsable ? Voilà des questions qui resteraient probablement orphelines. Une chose était certaine : la dégradation de leur amitié avait commencée lentement, imperceptiblement, avant que les choses ne s’emballent et qu’ils en perdent le contrôle, les éloignant irrémédiablement l'un de l'autre, rongeant toujours plus ce lien qui avait pourtant su naître malgré l’incontournable  frontière qui délimitait leurs deux mondes : celui de la loi et celui de l'anarchie.
   Rien n'était pourtant jamais le fruit du seul hasard. Ils avaient certainement tous deux leur part de responsabilité dans ce qui s'était passé mais, bien entendu, aucun n'aurait été prêt à l'avouer. Sans vraiment y prendre garde, au fil du temps,  Cobra s'était mis à commettre ses délits dans des régions de plus en plus proches de celles placées sous la responsabilité du patrouilleur. Par insolence peut-être, il finit même par "travailler" sous son nez à mesure qu’il tentait de réagir avec toujours plus de vigueur face à des incursions qu’il trouvait plus que vexantes. Très vite, les journalistes en mal d'informations croustillantes avaient fini par accuser le colonel de fermer délibérément les yeux sur les agissements de ce pirate dont il se disait l'ami. Dans l'impossibilité de laisser de telles histoires circuler sans réagir, Alen s'était vu contraint de prendre les choses personnellement en mains. Sa carrière, son crédit auprès de ses supérieurs en dépendaient. Il lui fallait impérativement prouver que ces allégations n’étaient que mensonges s’il ne voulait pas se retrouver au chômage ou, tout au moins, perdre la confiance de la Patrouille en train de s'effriter un peu plus à chaque nouveau cambriolage.
   Ce qui au début n’avaient été que de vagues défis nés de leur soudain face à face, une espèce de jeu tel la version améliorée du gendarme et du voleur, devint peu à peu une véritable petite guerre personnelle. Piqués au vif, et peut-être aussi vexés que l’autre ose à chaque fois ce pas de plus sur un terrain miné, la nouvelle atmosphère qui entourait leurs relations les encouragea de moins en moins à s'épargner l'un l'autre. Imperceptiblement, leur amitié fut mise de côté pour finir par se retrouver tout simplement reléguée au dernier plan de leurs préoccupations. Plus les mois passaient, plus ils agissaient l'un envers l'autre comme s'il s'était s'agit d'un quelconque patrouilleur ou d'un quelconque pirate. Lassé d'être considéré comme le dindon d'une farce qu'il trouvait plutôt amère, Alen n'avait bientôt plus été hanté que par une seule idée : mettre la main sur ce pirate par n'importe quel moyen. Evidemment, mais cela valait-il la peine de le préciser, cette résolution n'avait d'égale que dans la volonté de Cobra de lui prouver que jamais il n'y parviendrait.
   Tous deux se connaissaient depuis déjà suffisamment de temps pour être en mesure de prévoir avec plus ou moins de facilité leur façon de penser, de réagir, cause probable de l'agressivité dont leurs divers affrontements se retrouvèrent peu à peu entachés. Se démenant comme un diable, Alen parvint plusieurs fois contrecarrer les projets du pirate. Il fut même bien souvent à deux doigts de l’arrêter, mais ce dernier avait pour lui cette chance insolente de ceux qui osaient le tout pour le tout. Galvanisé par ses échecs, Cobra redoublait d’imagination, entamant même parfois des cambriolages dans le simple but d’avoir le plaisir de les achever sous le nez même du patrouilleur.
   Blessés dans leur fierté et leur amour propre à chaque fois que l'autre avait l'audace de prendre l'avantage, ils n'eurent bientôt de cesse que de se prouver leur supériorité. Ils avaient lancé un engrenage impossible à enrailler, un lent processus qui ne laissait d’autres choix aux amis d'hier que de se transformer en des adversaires toujours plus acharnés. Certains diront probablement que ce renversement de situation n’avait rien de surprenant. Peut-être même avait-il toujours été prévisible, nourri de ce gouffre qui séparait leurs mondes d’origine ? Peut-être qu’un patrouilleur et un pirate n'avait effectivement rien à faire ensemble ? Peut-être que toutes ces évidences ne pouvaient que sonner un jour où l'autre le glas de leur complicité contre nature... Peut-être... Mais en fait, les choses avaient été trop insidieuses pour qu'ils puissent réagir à temps et, emportés chacun par leurs instincts profonds, ils s'étaient retrouvés adversaires avant même de s'en rendre réellement compte. Le jour où ils le comprirent, il était malheureusement déjà trop tard pour revenir en arrière. Et puis, de toute façon, aucun n'en n'aurait eu ne serait-ce que la simple envie.
   Les premiers à souffrir de ce changement de situation furent bien évidement Benji et Sania. Lié à cette nouvelle donne, le fil des mois leur offrit de moins en moins souvent la visite de leur père. Bien qu'il ne puisse être arrêté dans le Territoire de Zoltan suite à un décret de l'ancienne impératrice aujourd'hui décédée, Mark évitait de se rendre sur Zolan lorsque le patrouilleur s'y trouvait, sachant parfaitement que le terme de « zone neutre » n'aurait très certainement plus voulu dire grand-chose s'ils s'étaient retrouvés l'un en face de l'autre.
   -"................tentative de meurtre sur la personne du Président du Grand Conseil.....", entendit-il distraitement avant qu'un sourire désabusé ne s’accroche à ses lèvres.
   Cette soit disante tentative de meurtre était le principal chef d'accusation retenu contre lui par le procureur général, accusation qui allait probablement lui valoir d'être condamné à mort d'ici quelques minutes. Se retrouver devant un tribunal pour un crime réellement commis ne l'aurait pas dérangé outre mesure. C'était les risques du métier et il avait toujours assumé ce choix. Mais là, les choses étaient différentes. Il avait du mal à admettre qu'on le juge et le condamne sans avoir jamais cherché à savoir ce qu’il s’était réellement passé. Rien n’avait pesé dans la balance, ni le fait d’avoir accepter d’être l’un des membres de ce commando dont Omir Greschad lui-même avait eu l’idée, ni le fait qu’il soit de notoriété publique qu’il avait du respect pour cet homme, chose somme toute assez rare.  Tout cela le dépassait un peu. Il ne pouvait malheureusement que se rendre à l'évidence : les apparences étaient contre lui et sa réputation avait fait le reste.
   L'audience de poursuivait, loin de lui. La voix du procureur bourdonnait doucement à ses oreilles sans que son attention ne cherche à s'attacher à la signification des sons qui lui parvenait. Pris par ce murmure hypnotique, son regard se perdit peu à peu dans le vague. Lentement, son esprit s'envahit de souvenirs, séquences du film de cette histoire un peu folle, histoire qui avait commencée il y avait plus d'un mois maintenant.....


   - ...et c'est ainsi que le plus grand musée de la galaxie entièrement consacré à l’histoire des pierres précieuses ouvrira ses portes sur la planète Olanirs dans moins d'une petite semaine maintenant. commentait d'un ton jovial un journaliste à la mode filmé devant les bâtiments flambant neuf du complexe. Tous les plus beaux joyaux connus à ce jour y seront exposés pour l'occasion, ce qui ne se fera pas bien sûr sans poser quelques problèmes à la Patrouille chargée de leur protection. D'après ce que nous avons pu découvrir, expliqua-t-il d'un sourire ravi, cette lourde charge aurait été confiée au colonel Warmer mais, de toute façon, quelque soit l'homme choisi pour ce délicat travail, on peut d'ors et déjà supposer que la sécurité du musée sera exceptionnelle. La cérémonie d'ouverture, poursuivit-il après avoir repris son souffle, sera honorée par la présence d'un invité de marque : Monsieur Omir Greschad, Président du Grand Conseil, qui a en effet accepté de venir couper le ruban d'honneur. Le Président aura de plus la grande chance d'ôter le drap qui recouvre pour le moment la pièce maîtresse du musée, un diamant d'une beauté et d'une valeur exceptionnelle généreusement offerte par un mystérieux donateur, expliqua-t-il tandis que l’image du joyau passait sur l'écran principal du Phoenix.
   Cobra n'écouta le reste du reportage que d'une oreille distraite, l'esprit canalisé sur le diamant. Un seul regard lui avait suffi pour reconnaître le joyau qu'il avait volé, voilà près de huit ans, dans le temple de Toram. C'était un peu grâce ou à cause de lui qu'il avait fait la connaissance d'Alen. Par un curieux hasard, voilà que ce diamant faisait sa réapparition alors même que leurs relations étaient revenues à leur point de départ. La boucle semblait ainsi bouclée..., que la vie était étrange parfois.
   - Est-ce que tu réussirais à récolter quelques filons sur les systèmes de sécurités de ce musée ? demanda-t-il à son ordinateur.
    - Compterais-tu par hasard voler ce diamant ? lança Arak en  guise de réponse.
    Un petit sourire diabolique étira les lèvres du pirate.
    - Pourquoi pas ! lâcha-t-il. Alen en la garde, ça pourrait être amusant.
    - C'est pourtant toi-même qui l’avais rendu à la Patrouille avant qu'il ne disparaisse à nouveau.
    Le regard de Mark se fit plus froid.    
   - Les raisons qui m'y avaient poussé n'existent plus, répliqua-t-il alors simplement mais d'un ton ferme.
   Les renseignements demandés ne furent disponibles que deux jours plus tard, mais son attente fut récompensée par le fourmillement de détails dont ils étaient composés. Leur précision fut telle qu'il n'eut pas besoin d'examiner longtemps les plans qui défilaient sur l'écran pour se rendre compte combien les systèmes de sécurité pouvaient être parfaits. Evidemment, cette qualité bien au-dessus de la moyenne lui murmurait du même coup que ce ne serait certainement pas en trois jours, temps qui le séparait de la cérémonie d'inauguration, qu'il pourrait mettre sur pied un plan suffisamment efficace pour les déjouer. La conclusion était loin de le faire bondir de joie.
   - La sécurité sera à son maximum bien avant le jour même de la cérémonie et il vaut mieux ne pas trop compter sur une quelconque défaillance providentielle, se dit-il en fixant l'écran d'un air songeur.
   Son manque apparent de solution ne fut cependant que passager. En fait, pour dire vrai, la réponse à ses questions lui sauta tout simplement aux yeux alors qu'il était en train de regarder le plan de la salle où serait exposé le fameux diamant. Un fin sourire de contentement étira ses lèvres.
   - Pourquoi n'y ai-je pas pensé tout de suite ? murmura-t-il presque étonné par la simplicité de la solution.
   Pour retirer le voile dont le diamant était recouvert, il faudrait obligatoirement que Greschad monte sur le socle. L’évidence était si simple. Il serait impossible de laisser en fonction les détecteurs de matières vivantes et de vibrations qui quadrillaient la zone immédiate du joyau tout comme que les systèmes reliés au socle devraient être stoppé le temps que durerait la cérémonie. La salle n’aurait donc plus que quatre protections : les systèmes extérieurs, les patrouilleurs, les caméras et les alarmes reliées aux portes et fenêtres du complexe. Tout cela lui valait le plaisir de voir une partie des problèmes posés à son "opération d'emprunt" s'envoler d'eux-mêmes.
   Il ne lui restait plus qu'à trouver le moyen de s'emparer du diamant au beau milieu d'une foule composées d'une centaine d'invités et de gardes, le tout surveillés par des caméras TV qui, par vocation, avaient l'habitude de ne rien louper de ce qui se passait devant leur objectif. Fidèle à son habitude, il ne se faisait pourtant pas trop de soucis, pensant bien trouver une solution adéquate avant le jour de l'inauguration.

   Lorsqu'il posa sa navette aux couleurs de la Patrouille de l'espace sur le spatioport situé sur le toit de l'un des bâtiments annexes du musée, Alen n'eut aucun mal à détecter la présence de son lieutenant et du directeur près de la porte de l'ascenseur anti-G.
   - Je suis heureux que ce soit vous que l'on ait chargé de la protection de mon musée durant ce capital jour qu'est celui de l'inauguration, fit le directeur en lui tendant la main avec enthousiasme.
   - J'espère que vous penserez toujours de même dans trois jours, répliqua-t-il avec un petit sourire. J'apprécierais beaucoup que vous me fassiez visiter l'intégralité de vos systèmes d'alarme pour que je puisse me faire une idée sur ce qui restera à combler le jour de la cérémonie, reprit-il alors que tous trois glissaient déjà dans le tube anti-G.
Le directeur ne se fit pas prier, plus que fier du matériel dernier cri installé dans son nouveau domaine. Il ne manqua d'ailleurs pas d'en parler avec fougue tandis qu'il guidait les deux patrouilleurs d'un système à l'autre en les détaillant à chaque fois avec minutie. Finalement, après deux bonnes heures de pérégrination, ils parvinrent à la salle qui allait être la plus importante au moment de la cérémonie, celle dans laquelle le fameux diamant avait été installé.
   - Et voici notre plus grande fierté, lança Naros en enlevant le voile qui recouvrait la pièce maîtresse du musée.
   Alen ne put réprimer un froncement de sourcils. S'il en douta une seconde encore, il dut bien vite se rendre à l'évidence : il s'agissait bien du diamant qui lui avait fait rencontrer Cobra pour la première fois il y a plus de huit ans. Perdu dans ses pensées, il resta longtemps à le contempler, silencieux, alors que la sensation que la cérémonie d'ouverture risquait de lui réserver de désagréables surprises montait lentement en lui. Il ne savait pas vraiment pourquoi, une intuition, une évidence, mais il était persuadé que le pirate ne pourrait s'empêcher de tenter de le voler. Deux raisons l’y pousseraient.  La plus logique tout d’abord : essayer un tel coup d'une telle folie rien que parce qu'il avait été chargé de sa protection. Une seconde, plus subtile : ce diamant était à l'origine de leur rencontre. Le dérober serait un peu comme déposer une couronne mortuaire sur la tombe de leur amitié passée.
   - Mais je ne te laisserai pas faire, murmura-t-il avant de tourner la tête vers le directeur. J'ai remarqué, reprit-il à haute voix, que lorsque vous avez enlevé le voile aucun système d'alarme ne s'était mis en marche ?
   - C'est tout à fait normal, répondit Narcos. Nous sommes obligés de les déconnecter car sinon il serait impossible de dévoiler le diamant. Mais cela ne durera que l'espace de cinq minutes tout au plus, le temps que le Président monte sur le socle pour enlever le voile et redescende. Je ne crois pas que le joyau risque grand chose dans une salle pleine de monde et surveiller par vos hommes. Qui donc pourrait la traverser, s'emparer du diamant et repartir sans qu'il ne soit stoppé par les spectateurs où l'un de vos patrouilleurs en aussi peu de temps ?
   - Cobra, répondit le patrouilleur pour lui-même en se promettant au même instant de faire doubler la garde dans la salle durant la cérémonie.
   Bien décidé à ne laisser aucun détail dans l'ombre, Alen passa les heures qui suivirent à examiner la salle de fond en comble, poussé par un besoin quasi obsessionnel d'être certain que rien n'avait pu lui échapper.
   Ce ne fut qu'à la nuit tombée qu'il se décida enfin à quitter le musée. Le doigt posé sur l'interrupteur, il ne put s'empêcher de jeter un dernier coup d'oeil vers le diamant à nouveau recouvert de son voile immaculé.
   - Je suis persuadé que tu vas venir, murmura-t-il, mais je serai là pour t'accueillir.
   Fort de cette certitude, il pressa la touche digitale, plongeant la salle dans une obscurité tout juste trahie par le halo blanc d'un projecteur pointé sur le joyau.



Texte soumis à la Société Suisse des Auteurs en 1992

Comme annoncé, la suite de cet épisode ne sera plus en ligne désormais.

En effet, après "Les Territoires Interdits" auto-publié grâce à TheBookEdition.com en mars 2009, tous les volumes vont être retravaillés pour revenir plus beaux encore en véritable livre disponible à l'achat au cours des mois à venir^^




Par Sandy - Ecrire un commentaire 16 - Voir le commentaire - Voir les 16 commentaires
_________________
WEB MAK'S A BETTER WORLD


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur ICQ AIM Yahoo Messenger MSN
MARIO KEKIC
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 25 Mar 2009
Messages: 908
Localisation: PARIS
Masculin Bélier (21mar-19avr) 馬 Cheval
Point(s): 115
Moyenne de points: 0,13

MessagePosté le: Dim 11 Avr - 20:58 (2010)    Sujet du message: MARK STORM Répondre en citant

 
Episode 1
 



 

   Traqué tant par la milice de la princesse que par certains pirates sûrs de recevoir une récompense colossale au cas où ils parviendraient à le capturer, Cobra avait bien du mal à regagner d'une frontière qu'il savait pourtant devoir traverser s'il voulait rester en vie.
   Quitter les Territoires Interdits aurait pu se résumer à un claquement de doigt. La puissance de son appareil était suffisante, malheureusement, il ne pouvait se permettre de voyager en hyperespace avec des réservoirs jamais vraiment pleins. Tout arrêt sur une quelconque station de ravitaillement était devenu impossible depuis sa fuite de Tilon. Contraint de remplir ses réserves d'une manière naturelle, il préférait utiliser son énergie avec parcimonie, conscient que dès l'instant où il n'en aurait plus assez pour alimenter ses lasers, il ne pourrait plus que faire ses prières.


   L'atmosphère des Territoires Interdits lui avait démontré depuis longtemps que, malgré des apparences trompeuses, la princesse était loin de faire l'unanimité. Pourtant, jamais il n'aurait imaginé l'existence de groupes de pirates si hostiles au régime actuel qu'ils se considéraient comme de véritables rebelles s'il n'avait pas rencontré certains d'entre-eux tout à fait par hasard.
   Ce jour-là, le Phoenix s'était déjà bien rapproché de la frontière lorsqu'il avait malencontreusement buté sur l'une des balises placées tout au long de la ligne de démarcation. Aussitôt prévenue de sa présence, la milice réagit avec son zèle habituel et c'est contre une quinzaine d'appareils fortement armés qu'il finit par devoir se battre.
   Quand bien même son capitaine était-il un pilote émérite, il n'aurait pu affirmer être à son avantage lorsque les échos plutôt turbulents de tout ce petit monde apparurent sur les radars d'un groupe de rebelles de passage dans le secteur. Le Phoenix n'était pas un appareil très difficile à identifier et, puisque les reproches faits à son propriétaire le rangeaient automatiquement du côté des amis, l’escadrille n’eut pas d’hésitation à venir lui prêter main¬-forte.
   L’arrivée des renforts fut appréciable même si la milice restait en surnombre. Par chance, aucun des chasseurs de la princesse n'avait jusqu'ici été munis de l'incroyable puissance de feux des plus gros navires de guerre qu’elle possédait déjà en surnombres. Le détail était d'importance. Ni le Phoenix ni ses nouveaux alliés n'auraient jamais pu, sinon, venir à bout de leurs ennemis. Pour l'instant encore à armes égales, l'adresse des appareils rebelles firent toute la différence, mais s'ils n'eurent pas à subir de dommages trop importants, la confrontation fut difficile et les traces visibles. Le Phoenix ne fut pas plus épargné que les autres et, obligé d'effectuer quelques réparations assez urgentes, son capitaine avait accepté de bonne grâce la proposition des rebelles à venir se reposer quelques temps dans leur repère.


   Cette halte bienvenue en zone protégée permit tant à Cobra qu'à Shane de faire plus ample connaissance avec ces hommes et ces femmes qui avaient l'audace de tenir tête au Qualnan. L'intérêt dont ils firent preuve vis-à-vis de leur action fut suffisamment éloquent pour attirer l'attention du chef du groupe d'opposants. Engaillardi par leur apparente bonne disposition, il finit par passer outre quelques dernières hésitations et se décida à leur faire part d'une proposition qui n'avait cessée de tourner dans sa tête dès l'instant où ils avaient posé le pied sur sa base.
   Peut-être n'avait-il encore jamais eu l'occasion de le rencontrer, mais il connaissait parfaitement la réputation de Cobra et le fait d'avoir été son lieutenant était plutôt de bons augures sur les capacités de Shane. Avoir de tels hommes dans leurs rangs leur serait d'un grand secours mais, quand bien même en mourrait-il d'envie, il s'accorda près de trois jours avant de s'aventurer à leur demander de rester tant son espoir de voir sa proposition acceptée était infime. Habité d’un tel état d'esprit, sa surprise face à une réponse rapide et positive fut immense. Trop heureux pour leur demander les causes d'une telle précipitation, il ne se permit que d'arborer un simple sourire mi-ravi mi-étonné, loin d'oser d'autres commentaires. De toute façon, cela avait-il la moindre importance ? Il préféra diriger la suite de leur conversation vers des points plus pratiques comme les coordonnées de leurs points d'attache du moment ainsi que quelques explications sur leur façon de procéder.

   Prêt à tout pour ne pas se retrouver seul aux vues des circonstances, Shane s'était contenté de suivre la volonté de Cobra sans se poser de questions. Il avait été surpris de le voir accepter aussi facilement, il lui serait difficile de dire le contraire. Il savait qu’il n'affectionnait pas outre mesure de devoir se lier à qui que ce soit, mais il le connaissait suffisamment pour se douter qu'il devait avoir une idée derrière la tête.
   Et il ne s'était pas trompé. Cobra avait vite compris qu'il ne lui était pas permis d’être seul face à la gigantesque machine mise en route par ce dénommé Rendar. Malgré leur nombre restreint, les rebelles n'en représentaient pas moins un groupe plus ou moins organisé capables d'opposer une résistance efficace contre la milice. Dans le contexte actuel, la proposition d'Hesna avait été une véritable aubaine et plutôt pressé de reprendre la lutte, il ne s'était pas accordé beaucoup de réflexion avant de s'engager à son tour dans la rébellion.


**********


   Née de Cobra, la rumeur qu'un homme prêt à tout pour dominer les Territoires Interdits se cachait derrière la princesse avait traversé chacun des clans plus vite qu'un atome de lumière. Etonnement, cela ne parut pas déranger Rendar. Estimant que son plan avait déjà atteint sa phase finale, il prit même la décision d'apparaître au grand jour aux côtés de la jeune Qualnan sous l'étiquette de « conseillé personnel ». On aurait pu légitimement penser que les pirates n'accepteraient pas de se soumettre à un homme qui, de toute évidence, usurpait l'autorité seule réservée à la princesse, malheureusement, ce fait nouveau ne provoqua pas un fort grossissement des rangs des rebelles. Il y eut bien de nouvelles  recrues durant les semaines qui suivirent, mais rien en mesure d’inquiéter la petite armée qu'était devenue la milice.
   Peut-être était-il assez difficile de comprendre une telle passivité mais, en soit, la raison de ce manque de réaction était plutôt simple. Pour certains, la présence de Rendar ne leur faisait ni chaud ni froid, considérant par ailleurs l'augmentation exponentielle de leurs richesses survenue avec le nouveau mode de fonctionnement des Territoires Interdits d'un bon œil. Venaient ensuite ceux qui n'auraient trahi leur Qualnan pour rien au monde, lui obéissant dans une ferveur presque religieuse. Quand bien même se serait-elle alliée au diable en personne, rien ne les auraient empêché de la servir. Et, enfin, il y avait ceux qui avaient trop peur de perdre leur position dominante, les richesses et avantages qu'ils étaient parvenus à accumuler ou bien tout simplement leur vie pour oser bouger. Il faut dire que le sort réservé à tout rebelle capturé n'avait rien d'enviable et la puissance des nouveaux maîtres des Territoires Interdits semblait déjà si inamovible que beaucoup s'étaient résignés à subir la dictature de la princesse et de son conseillé.

   Si les rangs des rebelles n'avaient que peu grossi après l'apparition de Rendar, les choses avaient au moins le mérite d'être désormais à peu près claires. Les Territoires Interdits s'étaient scindés en deux groupes : l’un était constitué de ceux qui soit soutenaient Rendar et Sayara avec grand plaisir, soit préféraient laisser faire pour éviter tout problème, l'autre regroupait les adversaires résolus d'un homme qui, de toute évidence, était un si grand nostalgique de l'ancienne hégémonie de la Horde Noire qu'il s'était mis en tête d'en reconstituer une d'une puissance plus infernale encore.
  Contrairement à la rébellion dont l'organisation avait un peu de peine à se mettre en place, la milice s'était largement étendue sur toute la surface du monde pirate. Ses rangs s’étaient vite étoffés, gonflés par l’afflux de ceux qui avaient délibérément décidé de se mettre à sa disposition lorsque Rendar était apparu au grand jour. Très vite, des milliers et des milliers d'hommes vêtus d'une combinaison aux étranges similitudes avec celle de l'ancienne Horde déchue, si ce n'était la teinte rouge de sa veste, s'éparpillèrent dans les clans. Leurs missions étaient de deux types : aider la population officiellement rangée derrière la princesse et débusquer tout opposant ou rebelle qui pourrait nuire à la bonne marche des choses.

   C’était une véritable armée que Rendar avait constituée dans le but de servir sa cause. Dotée d'une puissance de feux et de déflecteurs d'une résistance aussi incroyable que leurs origines étaient mystérieuses, la milice arborait en tout temps et en tout lieux un armement de loin supérieur aux capacités des rebelles. Le fil des jours les laissait d'ailleurs de plus en plus souvent se confronter à des appareils bien plus performants que les leurs et, parfois, ils se demandaient si leur organisation avait vraiment un grand avenir. Enfin, il semblait malgré tout que seuls les vaisseaux les plus importants aient été munis de cette formidable puissance. Leur chance face aux navettes conventionnelles qu'ils croisaient de temps à autre lors de leurs missions de sabotage restait donc pour l'instant encore intacte, leur accordant la possibilité de rééquilibrer les forces par quelques batailles rondement menées.
   - Nous ne sommes peut-être pas nombreux, fit Hesna en regardant la carte sur laquelle était inscrite chacune de leur mission, mais ils sont bien obligés de compter avec nous désormais. La cadence de nos sabotages réussis ne leur permet toujours pas de chanter victoire.
   - Ouais...., soupira Mark pas satisfait pour autant. Mais ça ne nous mène nulle part. La puissance de la milice ne cesse de s'accroître et nos interventions ne font que la freiner dans ses projets, rien de plus.
   Il était vrai que les souhaits de Rendar étaient déjà devenus une quasi réalité. Par le biais de la princesse toujours vénérée bien plus que lui, il contrôlait les agissements de chaque clan, vérifiant qu'à part les rebelles, par ailleurs considéré comme un simple problème mineur, personne ne cherchait à contrecarrer ses plans ou ne rêvait de l'indépendance passée et à jamais disparue. Quant à Sayara, de moins en moins souvent sous le contrôle de la pierre noire à mesure que la structure de la nouvelle Horde Rouge s'encrait plus profondément dans les Territoires Interdits, elle poursuivait son rôle de Qualnan, gouvernant telle une réelle princesse le royaume patiemment construit par Rendar. Bien évidemment, s'il ne la contrôlait plus artificiellement, il n'en gardait pas moins toujours un œil sur chacun des ordres qu'elle pouvait donner afin d'être en mesure de la ramener dans le droit chemin lorsqu'il le jugeait nécessaire. Le seul et unique domaine où il la laissait libre de ses agissements était le social, mais il faut dire qu'il n'avait personnellement franchement rien à faire du bien être de la population.
   Face à cette gigantesque organisation à la constitution quasi étatique, soutenue pour des raisons diverses par la grande majorité des pirates et extrêmement bien armée, le regroupement des rebelles paraissait bien faible et misérable. Oh, il y avait bien quelques dizaines de groupes répartis dans tous les coins des Territoires Interdits, malheureusement ils n'étaient dotés d'aucune véritable organisation. Il n'existait aucun lien capable de les unir les uns aux autres, aucune hiérarchie qui aurait pu mettre un peu d'ordre afin de répartir les tâches, coordonner les interventions et ainsi rendre leurs actions un peu plus performantes quelles ne l'étaient pour l'instant.
  Les communications entre les différentes bases rebelles n'étaient pas excellentes et on ne savait que rarement ce que les autres avaient prévu de faire. Ce manque total de coordination interdisait le plus souvent toute intervention en vue de l'envoi d'une aide quelconque si jamais les choses tournaient mal pour l'un des groupes. C'était là l'une des raisons principales de la perte de plusieurs des leurs au fil des semaines, tout comme les rivalités intestines qui existaient tant au sein de certain groupe qu'entre les groupes eux-mêmes, petits problèmes internes dont la présence ne faisaient rien pour arranger leurs affaires. La façon dont tournaient les choses aurait eu de quoi décourager le plus fervent des optimistes, mais tous continuaient bon an mal an à croire que ce qu'ils faisaient n'était pas totalement inutile.
   - Le groupe Zebra nous annonce la destruction d'un cargo transportant de l'équipement lourd pour le compte de la milice, lança Hesna en consultant l'écran de son ordinateur.
   - Encore ? fit Cobra. Je me demande ce qu'ils sont en train de fabriquer pour avoir besoin d'autant de matériels...
   - Quoi que ce soit, répliqua Shane, ils ne sont pas prêts de le finir vue le retard qu’on a dû leur faire prendre en détruisant cinq vaisseaux de ce type durant cette seule semaine.
   - Je n'ai pas l'impression qu’on va pouvoir jouer à ce petit jeu encore longtemps, rétorqua le pirate le visage sombre. Ils vont probablement faire encadrer leurs prochains convois par des appareils spéciaux et il ne nous sera plus possible de nous en approcher.
   Ni Hesna ni Shane ne pouvaient nier la justesse de cette prédiction, ce qui refroidit leur enthousiasme et plongea la pièce dans un profond silence. Lorsque Hesna quitta le centre de contrôle de leur petite base improvisée suite à l’appel de l'un de ses hommes, aucun n'avait encore ouvert la bouche.
   - Tu aimerais bien allez voir de plus près de quoi il retourne, n'est-ce pas ? conclua Shane après l'avoir observé un instant.
   - C'est vrai que je donnerais cher pour savoir ce qu'ils sont en train de construire, admit Mark les yeux rivés sur les petits points rouges lumineux symbolisant chacune de leurs actions de sabotage ou de désorganisation qui scintillaient sur la carte trois-D.
   Mais en fait, ce à quoi il tenait vraiment était de découvrir d'où la milice pouvait bien tirer une telle puissance. Il s'agissait là d'un point essentiel qu'il valait mieux éclaircir avant que Rendar ne prenne une fois pour toutes le dessus. Lui laisser un tel avantage signifierait immanquablement leur fin à tous.


**********
Comme annoncé, la suite de cet épisode ne sera plus en ligne désormais.

En effet, après "Les Territoires Interdits" auto-publié grâce à TheBookEdition.com en mars 2009, tous les volumes vont être retravaillés pour revenir plus beaux encore en véritable livre disponible à l'achat au cours des mois à venir^^


Texte soumis à la Société Suisse des Auteurs en 1992




Par Sandy - Ecrire un commentaire 4 - Voir le commentaire - Voir les 4 commentaires
Précédent : Attention - Nouvelle loi en Suisse -... Retour à l'accueil Suivant : L'Ombre de la Rose Noire II (épisode...
_________________
WEB MAK'S A BETTER WORLD


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur ICQ AIM Yahoo Messenger MSN
MARIO KEKIC
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 25 Mar 2009
Messages: 908
Localisation: PARIS
Masculin Bélier (21mar-19avr) 馬 Cheval
Point(s): 115
Moyenne de points: 0,13

MessagePosté le: Dim 11 Avr - 21:00 (2010)    Sujet du message: MARK STORM Répondre en citant

 
Episode 1
 



   - Si vous voulez bien signer ici, fit la secrétaire responsable du service administratif de la prison d'Inguam. Les prisonniers vont bientôt arriver, termina-t-elle en posant le doigt au bas du formulaire électronique où il lui fallait apposer son paraphe et sa marque génétique.
   Le colonel Warmer s'exécuta sans un mot avant de jeter un œil machinal vers la porte vitrée que la jeune femme lui avait désignée du menton. Rare lien direct entre les bâtiments même de la prison et l'annexe des bureaux de l'administration, le vestibule dont elle était l'unique accès ne tarda pas à se remplir d'un groupe d'hommes alignés dans leur marche d’un ordre parfait. Seuls les prisonniers en franchirent le seuil une fois l'accès ouvert, les gardes ayant laissé le soin aux trois patrouilleurs mus par l'ordre gestuel de leur colonel de les prendre en charge.
   - Bien ! lâcha le directeur d'un ton ma foi satisfait en regardant ses ex-prisonniers troquer leurs bracelets de contrôle pour une paire de menottes magnétiques. Je crois que tout est en ordre. J'espère que le gouvernement d'Estrana nous sera grée de la rapidité avec laquelle nous avons accédé à sa demande d'extradition.
   Un léger sourire effleura les lèvres de son interlocuteur. Depuis une sombre histoire d'astéroïdes en vagabondage à la limite même de leurs deux Territoires, rochers, il faut le préciser, criblés d'un minerai devenu une valeur des plus précieuses suite à de récentes découvertes en matière d'énergie, l'atmosphère entre Estrana et Inguira était devenue assez lourde et la moindre de leur relation prétexte à des allusions plus ou moins senties. Ce léger différent lui avait un moment fait craindre ne pouvoir récupérer les auteurs d'une série d'attentats responsables de centaines de victimes à travers la galaxie, mais la Patrouille de l'Espace avait heureusement su se montrer ferme. Les conséquences en étaient importantes. Au lieu d'être jugés dans un Territoire où on ne leur reprochait que des faits mineurs, la justice interterritoriale allait pouvoir s'occuper de leur cas à la mesure de leurs méfaits grâce à la délégation que seul Estrana était en mesure de lui accorder en tant que premier Territoire touché par leur folie terroriste. Alen n'en était pas mécontent. Il avait passé bien trop de mois à leur courir après pour les voir maintenant éviter la justice galactique à cause d'une prescription dont le délai aurait été dépassé par la peine qu'ils auraient eue à subir ici, à Inguira.
   - J'en suis certain, répondit-il simplement dans l'esquisse d'un mouvement vers le couloir chargé de mener tout intéressé vers la sortie.
   Précédés du groupe des prisonniers et de leurs gardes, les deux hommes poursuivirent sur une discussion plus anodine le temps d'atteindre le porche principal du bâtiment.
Alen fut contraint de fermer les yeux lorsque le sas bleuté l'abandonna face au puissant soleil ingarien dont les rayons se reflétaient sur le désert de sable et de rocaille au milieu duquel la prison avait été construite. La chaleur était telle que tout autour d’eux, jusqu'aux pieds de la double chaîne de montagnes qui les entouraient, semblait être recouvert d'une eau limpide, vibrante sous les caresses d'un vent invisible.
   Et dire qu'ils allaient devoir le traverser une fois encore. Bien sûr, les navettes étaient parfaitement climatisées, mais tout de même... Il n'y avait malheureusement aucun autre moyen d'attendre Astran, la cité où ils avaient dû laisser leur appareil, tout survol de la région sur un rayon de cinq cents kilomètres étant interdit. Cette délimitation correspondait très exactement aux lignes de montagnes dessinées sur un horizon tout juste dérangé par les barrières lasers, vestige d'un gigantesque météorite qui, voilà plusieurs milliers d'années, avait creusée la terre sur une dizaine de kilomètres. Au fil du temps, le cratère s'était quelque peu remblayé mais rien n'avait jamais repoussé en son sein et, protégé d'un rempart haut de six kilomètres, on avait trouvé l'endroit ma foi propice à l'édification d'une prison.
   - Je vous souhaite un bon voyage, lança le directeur en lui serrant la main tandis que derrière eux les prisonniers étaient priés de s'enfiler à l'arrière de la première des deux navettes de terre aux couleurs de la Patrouille. J'espère que nous aurons à nouveau un jour l'occasion de travailler ensembles.
   Les « au revoir » furent brefs et vite expédiés mais Alen ne s'en formalisa pas, supposant une hâte bien naturelle de regagner au plus tôt la fraîcheur artificielle de sa prison. Lui-même ne fut d'ailleurs pas avare de rapidité sur le chemin de la seconde navette dont la porte, sous l'impulsion de son chauffeur, ne s'ouvrit qu'à l'instant de son ultime approche. Comme si son installation sur la banquette arrière avait eu l'effet d'un ordre muet, les deux voitures s'envolèrent quelques secondes plus tard. L'une derrière l'autre, elles prirent la direction de la Sortie Est du domaine propre au pénitencier.
   Sortes de croix vues du ciel, quatre routes coupaient le cercle presque parfait du monstrueux cratère avant de se diriger chacune vers les villes les plus proches, seuls liens tant avec le reste de la planète que l'espace tout entier.
   - On devrait atteindre Astran dans trois ou quatre heures, fit Glanar en poussant la climatisation à son maximum.
   Alen laissa échapper un imperceptible soupir. Il comprenait que, pour des raisons de sécurité, cette zone soit interdite de survol jusqu'aux limites inférieures de la stratosphère, néanmoins il aurait apprécié que les appareils de la Patrouille puissent s'y rendre lors de transport de prisonniers. Ce voyage terrestre lui apparaissait comme une perte de temps bien inutile alors qu'il lui restait encore tant de choses à faire. Si au moins il n'était pas si long. Une simple énumération le mettait déjà sur les genoux. Deux heures durant, il leur faudrait accepter la compagnie d'un désert aussi plat qu'une planche à pain. Arrivés aux pieds des barrages montagneux en surplomb l'un par rapport à l'autre suite aux vagues engendrées par la météorite, ils devraient passer au travers d'un double tunnel d'une interminable longueur avant de glisser encore une heure au moins le long d'une autoroute qui les abandonnerait enfin aux portes de la cité quittée le matin même.
   Peut-être pour ne pas être en faute vis-à-vis de sa conscience, Alen ne fut pas long à attraper la mallette que sa secrétaire lui avait consciencieusement remise avant son départ.
   - Où est-ce qu'elle l'a mise? se dit-il le regard déjà en train de fouiller  son contenu.
   L'ordre de son assistante avait beau être méticuleux, ce n'était pas le sien et, sans trop d'égard pour cette perfection, il se mit à farfouiller d'un air agacé. Enfin, ses doigts rencontrèrent la capsule-mémoire tant désirée. L'extirpant d'une pagaille cette fois bien à lui, il l'inséra dans le terminal de l'ordinateur encastré au dos du siège avant.
Plein de bonne volonté, il s'était mis à travailler avec un certain sérieux sur l'un des dossiers brûlants dont il avait la charge mais, peu à peu gagné par la monotonie conjointe d'une route invariablement rectiligne et d'un paysage sans surprise, il laissa bientôt ses yeux vagabonder sur ces milliers de rocailles couvées par le soleil, l'esprit perdu dans ses pensées.
   La sensation que le nez de la navette venait soudain de s'élever de quelques degrés suffit seul à le ramener à plus de réalité. Un air satisfait passa sur son visage lorsqu'il réalisa leur récent engagement sur le chemin du premier tunnel.
   - On arrive en vue de la porte n°1, lança le chauffeur de la première navette dans son intercom. Vous pouvez libérer l'accès.
   - Ok, répondit le responsable des systèmes de sécurité de la prison à qui l'écran de contrôle numéro 6 venait d'offrir l'image des deux voitures captées par les caméras fichées à l'entrée du tunnel. Et n'oubliez pas de réduire votre vitesse à cent kilomètres heure.
   Dans le seul but d'éviter tout hypothétique franchissement intempestif, le sas d'acier ne s'abaissa complètement qu'une fois les véhicules en approche finale. Véritable frontière au-delà d’être l’entrée d’un monde clos, son passage affirmait surtout la nécessité absolue d'une bonne dose de patience puisque ses visiteurs ne pourraient retrouver l'air libre avant une bonne demi-heure au moins. La lumière y était plus agréable que celle du soleil, pourtant ce long tube légèrement en pente, immuable dans chacun de ses traits, avait de quoi vous rendre claustrophobe. La sensation était d'ailleurs assez pesante pour que l’apparition de sa fin soit auréolée d’un certain soulagement, petite lueur insignifiante d'abord, mais dont l'éclat toujours plus vivace au fils des kilomètres finissait par vous rendre la liberté dans un puissant éblouissement.
   Seuls l'entrée du premier tunnel et la sortie du second étaient fermés par un sas, Dlanz n'eut pas ainsi à demander de permission pour quitter les entrailles d'un ventre de roche haut de près de cinq milles mètres. L'ombre enveloppait entièrement l'étroite vallée coulée entre les deux replis du cratère, rendant la luminosité moins agressive et le paysage, si ce n'est intéressant, plus agréable à regarder.
   La traversée de la vallée dura une bonne dizaine de minutes. C'était relativement long pour mener ce petit interlude à terme, mais les raisons étaient moins à chercher dans l'obligation toujours en vigueur de respecter la limitation de vitesse que dans une route désormais des plus sinueuse.
   - On va bientôt entrer dans le tunnel, fit Dlanz au trois-quarts du parcours.
   Privé de caméra depuis deux jours suite à un problème technique, le contrôleur avait dû attendre cette information pour mettre en fonction les capteurs internes du tunnel qui, seuls, se chargeraient d'enclencher l'ouverture du sas lorsque la navette parviendrait en fin de course.
   Encore cinq cent mètres et leur prochaine sortie au grand air les catapulteraient sur la voie express Sitan-Astran. Cette vision d'un avenir pourtant très proche aurait certainement pu se vérifier si, sans raison apparente, tout un pan de la montagne ne s'était brutalement détaché de son support pour venir s'écrouler en une cascade de roches droit devant l'antre du dernier passage vers une terre plus libre.
   Comme un fait exprès, la ronde immuable des patrouilles de surveillance laisserait ce petit coin de montagne dans une intime discrétion pour encore près d'un quart d'heure. Restait le centre de surveillance mais, privé de vue directe sur l'embouchure du tunnel, il ne se douterait d'un problème qu'en l'absence du voyant de contrôle de l'ouverture du sas, soit dans une vingtaine de minutes. D'ici là, ils n'avaient pas à attendre le moindre secours.
   Pris au dépourvus, les deux pilotes avaient actionné sur les freins dans la même tentative de virage à 90 degrés. Si, part sa position de second, Glanar se contenta de virevolter une ou deux fois sur lui¬-même avant d'aller coincer sa navette dans le talus, celle de son collègue termina sa course par une rencontre choc de son flan droit avec un énorme rocher. La fin brutale de leurs petites cascades les avait bien un peu groggy, néanmoins, c'est à une violente poussée en avant provoquée par un double coup de pieds dans les dossiers de leurs sièges que Dlanz et son coéquipier durent une réelle plongée dans les méandres de leurs inconscients.
   A quelques mètres de là, pour l'instant encore loin de se douter de la mise hors combat des leurs, Alen et son chauffeur s'extrayèrent tant bien que mal de leur véhicule, sonnés par une arrivée dans le décor assez chaotique.
   - Et bien, lâche Glanar en se frottant la nuque, on peut dire que c'était juste.
   Son supérieur jeta lui aussi un regard vers la montagne de gravats. Elle avait bien failli se transformer en une véritable pierre tombale. Qu'est-ce qui en avait été la cause ? La question était intéressante, malheureusement, il n'eut pas le temps d'y trouver une réponse, tiré de ses pensées par l'éclat d'une voix autoritaire.
   - Lancez vos armes vers moi et éloignez-vous doucement de la navette !
   Sous la surprise, les deux patrouilleurs avaient tourné la tête d'un seul mouvement vers les fourrés plantés au haut du talus d'où elle semblait provenir. La vue d'une mitraillette laser qu'un jeune homme tenait fermement du bras droit ne tarda pas à leur arracher un froncement de sourcils.
   - Je vous préviens, reprit-il alors qu'ils ne bougeaient pas. Il y a encore deux charges qui n'ont pas explosées et il me suffit d'appuyer sur ce bouton pour vous ensevelir sous une avalanche trois fois plus importante.
   Il avait levé la main pour leur permettre de bien voir le boîtier serré entre les doigts mais, cette fois encore, il n'obtint aucun résultat.
   - Si vous pressez ce bouton, vous tuerez aussi vos copains ! lança Alen.
   L'apparition de cet homme n'avait fait que confirmer un sentiment diffus ressenti à l'instant même ou cette pluie de gravats s'était amoncelée devant eux : on avait décidé de faire évader ses prisonniers.
   - Voyons, répliqua Nicor un sourire mauvais au coin des lèvres, depuis le temps, vous devriez savoir qu'à la prison nous préférons la mort.
   Alen laissa échapper un imperceptible soupir. Ce groupe de fanatiques politico-religieux avait déjà prouvé plusieurs fois que ses membres n'hésitaient pas à sacrifier leur vie pour le bon déroulement de leur plan, il n'en irait donc probablement pas autrement aujourd'hui.
   Quoi qu’il en pense, il n'avait pas le choix. D'un signe de la main, il demanda à son second d'obtempérer puis, lentement, tous deux reculèrent de quelques pas.
   - Voilà qui est mieux, lâcha Nicor tandis que l'un des prisonniers s'approchait d'une navette en meilleur état que celle qu'ils venaient de quitter. Et maintenant, libérez-les.
   Toujours avec des gestes lents pour ne pas risquer de le voir mettre sa menace à exécution, Alen sortit une télécommande de sa poche. D'un simple code numérique, il démagnétisa les deux paires de menottes.
   A nouveau maître de ses mouvements, le prisonnier resté près du véhicule endommagé ramassa les lasers des patrouilleurs peu à peu en train de reprendre conscience avant de rejoindre son acolyte déjà installé au volant.
   - Ca va, je m'en occupe, lança-t-il en pointant ses pistolets vers leurs otages.
   Des fourrés, Nicor dégagea une moto de terre qu'il fit glisser le long du talus sitôt installé. Parvenu sur le bord de la route, il se stabilisa non loin de ses compagnons puis jeta un œil vers Dlanaz et Igmal en train de s'éloigner d'un pas hésitant d'une navette dont ils avaient eu quelques difficultés à s'extirper. Jugeant bientôt le moment venu, il reprit entre ses mains une mitraillette jusque-là en bandoulière et, d'une rafale bien appliquée, il s'assura que plus jamais elle ne quitterait le sol où elle s'était échouée.
   - Vous ne serez pas ainsi tenté de nous filer le train, lança-t-il en direction des patrouilleurs maintenant regroupés autour de leur supérieur.
   Alen ne l'avait écouté que d'une oreille distraite. La prochaine navette de surveillance arriverait sur eux trop tard pour couper court à cette évasion et le centre de contrôle ne s'inquiéterait de leur absence en bout de tunnel que dans une dizaine de minutes. La conclusion de cet état de fait était évidente : s'il ne voulait pas les voir lui filer entre les doigts, ils allaient devoir se débrouiller seuls. Restait le problème du détonateur. Nicor ne s'en servirait certainement pas tant qu'il se sentirait en sécurité. La seule façon de ne pas lui retirer cette confiance était donc d'attendre le dernier moment pour intervenir.
   - A mon signal tu plonges sur ton laser, murmura-t-il à l'adresse de Glanar lorsque leur ancienne navette commença lentement à s'élever de terre.
   L'attention déviée sur le départ de ses compagnons, Nicor n'avait pu surprendre de leur aparté, c'est ainsi l'esprit tranquille qu'il rangea bientôt le fameux boîtier dans la poche intérieure de sa veste.
   - Et pas de coup fourré, lâcha-t-il en bougeant légèrement sa mitraillette en signe de menace.
   A quelques mètres de la navette déjà en train de s'engager sur un chemin de terre, Nicor laissa glisser sa moto en crabe histoire de garder un œil sur eux puis, soudain, il fit un quart de tour et fila le long du sentier dans un nuage de poussière.
   - Maintenant ! s'écria Alen en plongeant à terre pour rejoindre le pistolet dont il avait dû se séparer.
   Les deux hommes atteignirent leurs objectifs dans une synchronisation presque parfaite. Encore au sol, à moitié couchés, ils tirèrent une dizaine de fois en direction des fuyards sans même chercher à viser.
Leur rapidité d'action eut beau porter ses fruits, tous leurs tirs n'en retirèrent pas le même succès. La preuve. Si d'avoir vu sa carlingue traversée par trois lasers n'avait pas empêché la navette de disparaître au détour d'un rocher, un seul essai suffit à stopper la course de la moto. Touchée dans ses circuits de direction, celle-ci s'était aussitôt mise à ruer de tous les côtés avant de finir par balancer son passager dans le décor.
   Son arrivée brutale sur le sol avait probablement dû l'assommer sur le coup, mais il valait mieux ne pas prendre de risque inutile. Alen bondit instinctivement vers l'endroit où il avait atterri, mu par une seule idée : lui reprendre son détonateur. Comme il l'avait supposé, Nicor était inconscient. Après avoir vérifié s'il n'était pas trop grièvement blessé, il fit signe à son second de le rejoindre.
   - La radio est morte, lâcha Dlanz une fois à sa hauteur Il va falloir attendre le passage d'une patrouille pour avertir la prison. Enfin, termina-t-il dans un soupir. On en aura au moins récupérer
   Loin de prendre les choses avec la même philosophie, son supérieur considéra le rocher derrière lequel ses prisonniers s'étaient évaporé la mine sombre. Il devait bien convenir que leur plan d'évasion avait jusque-là plutôt été efficace. Si la suite était du même acabit, ils avaient peu de chance de pouvoir leur remettre la main dessus. Quelque soit le sentiment de frustration que cette idée véhiculait en lui, Dlanaz avait parfaitement résumé la situation. Le temps que les gardes mobiles viennent à passer par là, ils n'avaient d'autres choix que de prendre leur mal en patience.


Texte soumis à la Société Suisse des Auteurs en 1995


_________________
WEB MAK'S A BETTER WORLD


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur ICQ AIM Yahoo Messenger MSN
MARIO KEKIC
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 25 Mar 2009
Messages: 908
Localisation: PARIS
Masculin Bélier (21mar-19avr) 馬 Cheval
Point(s): 115
Moyenne de points: 0,13

MessagePosté le: Dim 11 Avr - 21:00 (2010)    Sujet du message: MARK STORM Répondre en citant

 
Tome 2 - Episode 1
 



      La journée avait été plutôt calme. Pour une raison qui lui était inconnue, Salina avait dû renoncer à sa petite sortie du jour et force lui avait été de voir ces quelques heures de solitude se perdre dans le cloître qu’était pour lui l’enceinte de la citadelle. Détail non négligeable toutefois, elle lui avait cette fois permis de s’y promener comme bon lui semblait. Entre un barrage mental qu’elle jugeait suffisant et un bracelet au centre redevenu noir malgré l’absence de charge explosive, plus rien ne le différenciait de autres serviteurs du palais, alors pourquoi continuer à le confiner à l’aile qui lui était réservée ?
   Il va sans dire que l’autorisation fut pleinement exploitée par son dépositaire. N’ayant encore jamais pu quitter les appartements de la princesse autrement que par le passage secret, ses allées et venues entre le palais et la ville-basse n’avaient encore pu assouvir sa curiosité. Une journée fut tout juste suffisante pour y remédier. Les lieux étaient magnifiques. L’aveu aurait été difficile à dissimuler. Que ce soit le palais lui-même ou les différents bâtiments qui menaient au temple par une harmonieuse construction en terrasses, tout était ici capable de couper le souffle au visiteur.
    Aux constructions, Benji avait pourtant fini par préférer les jardins semés de volières, de plants d’eau et d’arbres de toutes sortes. Ses pas le laissèrent finalement près d’une petite cascade d’eau étrange. Assis sur un banc, il contemplait depuis déjà longtemps cette chute d’eau qui, plongeant dans un long tube de bois creux, le faisait résonner sur le sol à chaque fois qu’il s’en trouvait gavé. Le son, régulier et monocorde avait quelque chose d’hypnotique. Au fil de ses saccades, il avait plongé dans de lointaines pensées. Loin de toute réalité, il accueillit d’un sursaut cette voix à quelques pas derrière lui.
   - Bonne journée ?
   - Pas mal...
   Ce regard glissé par automatisme vers le bord du banc contre lequel Salina était venue s’arrêtée ne chercha plus à s’en détacher. Il avait eu un peu l’impression de découvrir une autre jeune fille, peut-être parce que c’était la première fois qu’il ne la voyait pas revêtue selon l’usage darien. Cette robe de soie blanche avait, il faut l’avouer, le don de mettre en valeur la femme tout juste éclose. Resserrée à la taille par une ceinture dorée finissant en une espèce de triangle sur son ventre, elle se laissait glisser sur son corps comme les ondes d’un étang caressé par le vent. Des deux boucles d’or qui la retenait sur ses épaules, on ne pouvait en voir d’une. Ses cheveux, ramenés en une tresse épaisse, plongeaient dans le creux de son cou telle une cascade, présence ébène qui faisait paraître sa peau plus pâle encore.
   - Pas d’ennuis ? poursuivit-elle sans paraître remarquer ce regard appuyé.
   - Non, mais je crois que ce petit détail y a été pour beaucoup...
   Allusion faite au sigle gravé sur son bracelet. De cette unique appartenance à la fille du roi ainsi proclamée, bien peu de choses auraient pu venir assombrir sa journée.
   - Et toi ?
   - Bah, une cérémonie comme une autre, rien de bien passionnant. On bouge un peu ? J’ai été enfermée toute l’après-midi...
    Mais était-ce bien une question... ? Salina avait déjà fait deux pas vers l’allée la plus proche, il n’eut plus qu’à la suivre. Comme une aiguille aimantée vers le nord, ses pas tranquilles n’avaient pas été longs à les conduire vers le palais. Benji n’en était pas étonné. L’aile qui lui était réservée était un peu son refuge, un monde à elle que rien ne pouvait venir troubler, pas même son père ou Vlikos. Mais, pour l’heure, rien ne pressait et de son avance paisible, on pouvait présager une longue promenade.
   - Tiens..., laissa-t-elle échapper alors qu’une multitude de détours avaient fini par les déposer aux pieds d’une petite passerelle de bois qui, d’une courbe, passait au-dessus de la rivière partout présente dans le domaine. Voilà mon cher oncle et son petit protégé...
   Le ton avait plus été celui de la simple constatation que du vif intérêt. Benji s’était ainsi contenté d’un simple regard dans la même direction, sans plus. Il lui aurait de toute façon été difficile de faire quoi que ce soit d’autre. Le soleil, déjà bas sur l’horizon juste derrière eux, ombrait leurs faces et il avait compris qu’il lui faudrait au moins attendre de les croiser pour en découvrir plus. Revenue au précédant sujet, leur conversation avait ainsi repris son cours, avec peut-être un rien de distraction dans son cas, l’œil de temps à autre coulé vers les nouveaux arrivants. Il était assez curieux de découvrir enfin ce fameux Grand Prêtre dont Salina lui avait déjà tant parlé. Accroché à leurs silhouettes, le soleil n’était pas vraiment son allié mais, au fil des pas, les détails se firent plus nets, dévoilant peu à peu les traits de leurs visages.
   Jusqu’à lors unique objet de son intérêt, Vlikos disparu de sa réalité d’un simple regard laissé dériver sur l’homme qui l’accompagnait. D’abord intrigué par une silhouette de plus en plus familière, l’évidence d’une réponse qu’il n’avait encore voulu effleurer lui explosa en plein visage. Le choc fut violent. Incompréhension, curiosité et malaise se mélangeaient dans sa tête en un cocktail dévorant alors qu’il avait l’impression de sentir le sol se dérober sous ses pieds.
   - Alen....? se dit-il sidéré, incapable de bouger.
   Surprise de l’avoir ainsi soudain laissé derrière elle, Salina jeta un œil par-dessus son épaule avant de revenir sur ses pas.
   - Ca va ? demanda-t-elle l’air intrigué.
   Sa question n’eut aucun écho, mais elle ne put insister, déjà demandée ailleurs.
   - Il est rare de vous voir avec un esclave.
   Une certaine ironie avait teinté la voix de Vlikos, sentiment auquel elle se contenta de rétorquer d’un sourire.
   - Il est des compagnies plus agréables que d’autres...
   Allusion à peine voilée qu’il sut lui être destinée, pourtant seule une barre venue se glisser sur son front marqua son agacement.
   - Tu viens ? lâcha-t-il en signe de départ à l’adresse de l’homme que Benji n’avait pu s’interdire de dévisager.
    Tel un automate, il s’engagea dans les pas du Grand Prêtre. L’expression lui allait bien. Cet intermède n’avait semblé pour lui n’être l’objet d’aucun intérêt. Pas un mot n’avait franchi le pli de sa bouche, dure comme son regard lorsqu’il avait croisé les leurs. Benji suivit son départ des yeux, incapable de s’en détacher, piégé par l’insupportable évidence de sa perte d’identité. Comment était-ce possible ? La question ne cessait de d’entremêler ses pensées. Il devait pourtant bien l’admettre. Alen n’était plus lui-même et du regret de n’avoir vu aucune lueur de reconnaissance dans son regard, son sentiment n’avait pu se muer qu’en un véritable soulagement. Clairement signifiée par le sigle zorgien fiché sur son front, même s’il n’en comprenait pas la raison, leurs camps étaient désormais opposés et, de son apparente amnésie, il savait devoir un salut inespéré.
   Piqué au vif par son étrangement comportement, Salina ne résista pas à lui poser une fois encore la question.
   - Qu’est-ce qu’il y a ?
   Benji laissa échapper un léger soupir.
   - L’homme qui est avec ton oncle... C’est l’un des miens.
   A l’opposé de celles qui lui remuaient les entrailles, sa voix était restée sans émotion.
   - Shaindan ? lâcha Salina au comble de la surprise.
   - Shaindan ? répéta-t-il interloqué. Chez nous, il s’appelle Alen, compléta-t-il ensuite, songeant que, comme son identité, son nom avait dû changer.
   Alen... Une sorte de deuxième père depuis qu’il était devenu leur tuteur, à lui et Sania, à la mort de leur mère. Il ne fallait pas chercher plus loin la raison de son profond malaise. Le considérer comme un ennemi n’allait pas être facile, mais avait-il seulement le choix ?
   Enveloppés d’un silence commun, tous deux les avaient regardés disparaître dans une petite construction de forme ronde un peu plus haut. La réelle surprise de Salina à l’écoute de la révélation de Benji n’avait pas été longue à se dissiper. Etait-ce vraiment étonnant ? Cet homme était comme tombé du ciel avant que son père ne lui confie la direction d’un commando tout aussi nouveau. Les missions dont il l’avait chargé étaient, elles aussi, loin d’être anodines : éliminer les Sarthmors, repérer les Olans et, accessoirement, retrouver la cité d’Artémis. Quel meilleur choix que de les confier à un étranger ? C’était logique et tactiquement parfais.
   - On lui a reconstruit une personnalité entièrement nouvelle, fit-elle tout juste revenue d’un voyage dans ses pensées. Sa mémoire ancienne est murée. Je suppose que l’on doit se barrage à mon père...
   - C’est réversible ?
   Il n’avait pas mis beaucoup d’espoir dans le ton de sa voix.
   - Le pouvoir de mon père est déjà immense, mais s’il a en plus utilisé le cristal pour le transformer, je crains que personne ne puisse plus rien y faire.
   De quel cristal parlait-elle ? La question l’avait bien effleuré mais, l’esprit trop préoccupé par le sort d’Alen, elle ne s’imposa guère longtemps.
   - Tu viens ? fit-elle doucement au bout d’un nouveau silence.
   Ce fut plus cette main délicatement posée sur son bras qui le ramena à la réalité Croisant son regard, il finit par acquiescer, sans argument contre cette volonté de retour. Et puis, n’avait-elle pas raison ? Rien ne pouvait être fait pour l’instant et ce n’était certainement pas en restant planté là que les choses allaient s’arranger. Une dernière fois, il jeta un œil vers le bâtiment où Alen s’était engouffré puis, d’un soupir las, il suivit le mouvement tout juste amorcé d’un pas de la jeune princesse.

   Vlikos l’avait fait entrer dans une sorte de bibliothèque. Il ne savait pas si l’endroit en portait bien le nom mais, le seuil à peine franchi, c’est le premier mot qui lui était venu à l’esprit à la vue de ces livres rangés sur tant d’étagères que l’unique mur de cette bâtisse avait tout simplement disparu. Seuls répit avec la porte d’entrée, discrètement recouvertes d’un pan de velours bordeaux, cinq fenêtres donnant sur le de petits balcons éclairaient l’endroit. La vue était magnifique, donnant tant sur le petit domaine impérial qu’au-delà, sur la vallée coulé aux pieds de la ville capitale. Le sol était garni d’un large tapis richement décoré, rond, comme la pièce, et si épais que les pas s’y évaporaient. Les cliquetis du lustre de cristal pris dans le courant d’air de deux fenêtres entrouvertes venaient seuls déranger le calme studieux de l’endroit. La pièce n’était pourtant pas désertée de toute vie. Assis à un bureau de chêne massif aux pieds finement sculptés, Zletas consultait quelques feuilles d’un dossier. Avait-il seulement eu conscience de leur arrivée ? Le doute était permis, ceci dit, il était des positions privilégiées qui laissaient le choix à son détenteur de l’abandon de son activité, cela quoi qu’il se passe.
   - Quatre de nos hommes se sont fait abattre dans la région d’Ioka, commença-t-il sans encore avoir levé la tête vers ses visiteurs désormais face au bureau. Le fait en lui-même n’a malheureusement rien d’extraordinaire, mais par le recoupement de plusieurs détails, Vlikos pense qu’un groupe de Sarthmors et d’Olans en serait la cause, poursuivit-il en regardant cette fois Alen. Aux vues des résultats que tu as obtenus ces derniers temps, il a proposé de te déléguer le règlement de cette affaire. L’idée me convient, mais j’ai pensé qu’il serait préférable de te la soumettre pour ne pas interférer dans ton travail.
   Responsable du commando chargé de la chasse aux Sarthmors, il savait sa tâche immense à l’échelle d’une planète. Considérant pour sa part l’annihilation de cette patrouille d’un œil moins tragique que son Grand Prêtre, il avait préféré savoir si d’autres missions plus importantes n’accaparaient pas son attention.
   - Ce ne serait pas pour me déplaire, répondit Shaindan, l’œil brillant d’un intérêt non dissimulé.
   - Je vois..., fit Zletas avec un léger sourire alors qu’un air satisfait prenait place sur le visage de Vlikos. Mais je te préviens, nous ne savons rien d’eux, ni leur nombre, ni leur but. Nos hommes n’ont même pas réussi à retrouver leurs traces et pourtant on a utilisé les grands moyens.
   Une étincelle passa dans le regard d’Alen. Cette avalanche d’inconnues n’avait fait qu’exciter son instinct de chasseur, le laissant impatient de prendre les choses en mains.
   - Ne vous en faites pas, je les trouverai, lâcha-t-il d’un ton parfaitement sûr de sa réussite.


**********


   La nuit tombée, il ne fut pas facile de remonter le fleuve sans risquer de s’accrocher à une végétation jetée parfois très loin au-dessus des eaux. Et si c’était là le seul obstacle. Mais il y en avait d’autres, comme le risque de s’échouer sur une berge au gré d’un virage trop abrupte de cette route d’eau noir sur laquelle ils glissaient du mieux possible. Et pourtant, il leur fallait continuer. La fuite seule par ce chemin impensable était en mesure de leur apporter un semblant de sécurité. Ils s’obstinèrent ainsi à ramer, malgré le courant bien décidé à suivre son cours, oubliant les branchages que les jeux de lumière les deux lunes transformaient en mil bras fantomatiques tendus sur le fleuve comme pour les agripper, oubliant l’obscurité plus rebelle que jamais en dépit de leurs alliées célestes, oubliant la peur que leur remontée vers la ville maudite bloquait dans leurs ventres en une boule pesante.
   Paradoxale à leur état de fuyards, l’allure modérée que demandait la prudence donnait à leur avance des aspects de promenade. Les heures en devenaient éternelles. L’effort, le silence à peine trahi par les clapotis des rames doucement glissées dans les eaux couleur d’huile et d’argent, leurs sens en alerte constante : tout finissait par rendre ce fleuve interminable.
   - Bon sang ce que j’en ai marre, se dit Geln en tournant la tête de gauche à droite afin de soulager une nuque ankylosée.
   Il faut dire qu’il n’avait pas vraiment choisi la meilleures des barques. S’il n’avait rien à reprocher à l’embarcation elle-même, il n’en faisait pas moins partie du seul équipage à être spolié d’une quelconque possibilité de relais. Mais que pouvait-il y faire ? Les suites d’une petite altercation avec un mollusque vénéneux et irascible avaient précités Leah dans un état semi-commateux. Etant installée sur Mark, cela entravait du même coup toute tentative de mouvement. Et quand bien même aurait-il pu le faire, l’aurait-il seulement quittée ? Geln en doutait, poussé par ce changement de comportement difficile à négliger. Il y a quelques heures à peine, il avait fait de leurs rapports une véritable guerre de tranchée et maintenant il la tenait contre lui avec une tendresse qu’il lui était rare de le voir témoigner à qui que ce soit. A quoi devait-on cette soudaine transformation ? Quelque chose avait dû se passer lorsqu’il était retourné la chercher, c’était évident. Savoir quoi était encore une autre histoire et, parce qu’il savait toute tentative perdue d’avance, il se contenta de les observer en silence.
   - Comment va-t-elle ?
   La question était sortie d’elle-même, un rien pris de court par le regard du pirate venu se poser sur lui.
   - La fièvre a baissé.
   Il n’ajouta rien de plus, peut-être parce que c’était bien là le seul bénéfice retiré du sérum antipoison trouvé dans la trousse de secours. Pas une fois elle n’avait véritablement repris conscience depuis leur départ et son corps encore trop chaud ne laissait aucune place à une quelconque réjouissance.
   Ses bras se resserrèrent autour d’elle, instinctivement. La vie était parfois ironique. Il lui devait par deux fois au moins d’être encore de ce monde et lui n’était aujourd’hui même pas capable de la soulager. L’idée lui était désagréable, tout comme d’ailleurs la moindre pensée quant à l’évolution de son état.
   - Eh ! Geln ! Que diriez-vous d’un petit échange ?
   La barque de Dylas s’était suffisamment rapprochée pour qu’il puisse presque chuchoter mais, s’il avait parfaitement entendu sa proposition, Geln n’en comprit pas tout de suite le sens. Dylas sourit.
   - Ca fait un moment que vous ramez tous les deux et je ne crois pas que vous allez tenir le coup jusqu’au lever du soleil sans faire de pause. Alors comme nous on est quatre à se relayer, on a pensé qu’on pourrait vous remplacer.
   L’idée d’un tel transbordement au-milieu du fleuve avait quelque chose de farfelu, ceci dit, il lui fallait bien admettre la justesse de son raisonnement. La nuit était une trop grande alliée pour se permettre d’en gâcher ne serait-ce qu’une heure par l’accostage d’une rive accessible et penser pouvoir encore ramer près de sept heures d’affilées relevait de la folie pure.
   - Pourquoi pas...., laissa-t-il échapper après avoir cherché d’un regard l’approbation de son co-rameur.



Texte sous protection juridique auprès de Copyright France (12 mars 2008)



Par Sandy - Ecrire un commentaire 2 - Voir le commentaire - Voir les 2 commentaires
Précédent : Le coin bonne humeur.... Prix... Retour à l'accueil Suivant : Le coin musique.... "Grand Corp...
_________________
WEB MAK'S A BETTER WORLD


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur ICQ AIM Yahoo Messenger MSN
MARIO KEKIC
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 25 Mar 2009
Messages: 908
Localisation: PARIS
Masculin Bélier (21mar-19avr) 馬 Cheval
Point(s): 115
Moyenne de points: 0,13

MessagePosté le: Lun 12 Avr - 10:59 (2010)    Sujet du message: MARK STORM Répondre en citant


          

              
_________________
WEB MAK'S A BETTER WORLD


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur ICQ AIM Yahoo Messenger MSN
MARIO KEKIC
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 25 Mar 2009
Messages: 908
Localisation: PARIS
Masculin Bélier (21mar-19avr) 馬 Cheval
Point(s): 115
Moyenne de points: 0,13

MessagePosté le: Lun 12 Avr - 16:42 (2010)    Sujet du message: MARK STORM Répondre en citant

 Sign Up Now
 
Compteurs Geovisite
| Geotoolbar | Geomap | Geocounter | Geoglobe | Geoclock | Geoclock | Geouser |
Admin
   
Accueil Directory
arts (632) artisanat (47) histoire de l'art (7) numerique (20) genres (3) musique (88) artistes (96) actualite et medias (52) audiovisuel (11) architecture (1) pages personnelles (70) arts plastiques (41) arts du spectacle (17) portails (4) associations (4) litterature (117) bande dessinee (18) arts appliques (18) cinema (18) informatique (109)maison (178)jeux (96)societe (330)sciences (128)sports (293)loisirs (772)tourisme (316)boutiques en ligne (92)formation (97)sante (86)actualites (286)references (22)commerce et economie (98)internet (117)adulte (171)
Ajouter aux favoris











ann.over-blog.com


Le garde-mots ***

De la culture de l'humour, de la poésie. chaque lundi et vendredi un mot nouveau en rapport avec l'actualité, la langue française, l'humeur du gardien. d'aboulie à zoonyme, en passant par baiser, ...
blog.legardemots.fr Zoom trafic

Sur les mots messagers de l'âme ***

La vie en poésie
serenite.skynetblogs.be/ Zoom trafic

Lectures et autres ***

Mes lectures, les livres que j'ai aimé ou pas. romans contemporains, romans pour la jeunesse, albums pour la jeunesse...
sylvie-lectures.blogspot.com/ Zoom trafic


Les délires de nan' ***

Blog sur la littérature, l'écriture, les arts graphiques, l'art en général, mes peintures, et aussi l'espagne et le flamenco.
nanou.over-blog.org Zoom trafic

Bartleby les yeux ouverts **

Critiques de livres
bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com Zoom trafic

Leticia thompson

Site de poésies et messages de réfléxion
www.leticiathompson.net Zoom trafic

Arbrealettres

Florilège de poésies
arbrealettres.wordpress.com Zoom trafic


La rose rouge

De la poésie aux recueils. des citations aux paroles de chansons. des histoires et lettres d'amour. et bien plus...encore...
call.unblog.fr/ Zoom trafic

Carnet de bord

Métaphores courtoises et humoristiques composées de contes, romans, poésies et autres démons et merveilles
carnetdebordmireillenoelauteur.blogspot.com/ Zoom trafic

Christian jougla, écrivain

Ecrivain, homme de théâtre et occitaniste, je souhaite présenter aux visiteurs de ce site mes livres : romans et nouvelles fantastiques et gothiques. etant aussi amateur d'arts, j'enrichirai ce ...
christian-jougla.over-blog.com Zoom trafic


012345678910 > >>



Liens amis
litterature
vétements Comparer et acheter au moins cher






Français Italiano Español English Português Deutsch Türkçe

Nederlands Greek Russian Arabic Japanese

Statistiche Free: Statistiche gratuite per il tuo website | Libstat : Mesure d'audience

© Idealpes sarl - Creation site internet

_________________
WEB MAK'S A BETTER WORLD


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur ICQ AIM Yahoo Messenger MSN
MARIO KEKIC
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 25 Mar 2009
Messages: 908
Localisation: PARIS
Masculin Bélier (21mar-19avr) 馬 Cheval
Point(s): 115
Moyenne de points: 0,13

MessagePosté le: Lun 12 Avr - 16:45 (2010)    Sujet du message: MARK STORM Répondre en citant

Langue : Fr | Devise : € | Livraison : France metropolitaine

Langue : AnglaisFrançais  Devise : EURUSDGBP  Livraison : AfghanistanAlbaniaAlgeriaAndorraAngolaAntigua and BarbudaArgentinaArmeniaAustraliaAustriaAzerbaijanBahamasBahrainBangladeshBarbadosBelarusBelgiumBelizeBeninBhutanBoliviaBosnia and HerzegovinaBotswanaBrazilBrunei DarussalamBulgariaBurkina FasoBurundiCambodiaCameroonCanadaCentral African RepublicChadChileChinaColombiaComorosCongoCongo, Democratic RepublicCosta RicaCote D'IvoireCroatiaCubaCzech RepublicDenmarkDjiboutiDominicaDominican RepublicEcuadorEgyptEl SalvadorEquatorial GuineaEstoniaEthiopiaFijiFinlandFrance metropolitaineFrench GuianaFrench PolynesiaGabonGambiaGeorgiaGermanyGhanaGreeceGrenadaGuadeloupeGuatemalaGuineaGuinea-BissauGuyanaHaitiHondurasHungaryIcelandIndiaIndonesiaIran, Islamic Republic ofIraqIrelandIsraelItalyJamaicaJapanJordanKazakstanKenyaKiribatiKorea, Republic ofKuwaitKyrgyzstanLao People's Democratic RepublicLesothoLiberiaLibyan Arab JamahiriyaLiechtensteinLithuaniaLuxembourgMadagascarMalawiMalaysiaMaldivesMaliMaltaMarshall IslandsMartiniqueMauritaniaMayotteMexicoMicronesia, Federated States ofMonacoMongoliaMoroccoMozambiqueNamibiaNauruNepalNetherlandsNew ZealandNicaraguaNigerNigeriaNorwayNouvelle calédonieOmanPakistanPalauPanamaPapua New GuineaParaguayPeruPhilippinesPolandPortugalQatarRepublic of MauritiusReunionRomaniaRussian FederationRwandaSaint Kitts and NevisSaint LuciaSamoaSao Tome and PrincipeSaudi ArabiaSenegalSeychellesSierra LeoneSingaporeSlovakiaSloveniaSolomon IslandsSomaliaSouth AfricaSpainSri LankaSudanSurinameSwedenSwitzerlandTaiwanTajikistanTanzania, United Republic ofThahitiThailandTogoTongaTrinidad and TobagoTunisiaTurkeyTurkmenistanTuvaluUkraineUnited Arab EmiratesUnited KingdomUnited StatesUruguayVanuatuVenezuelaVietnamYemenZambiaZimbabwe


Mon Panier : 0 article(s)
Voir le détail du panier
Votre panier est vide



Mon compte





Chercher un Diamant RondPrincesseEmeraudeAsscherOvaleRadiantPoireCoussinMarquise Recherche rapide  
J'ai de la chance
Recherche détaillée


+33 1 81 97 96 95

Austria Belgium Denmark France Germany Italy Netherlands Norway Spain Sweden Switzerland United Kingdom United States


    Bijoux  diamants
Bagues en Diamant Tendance




  • Prix (T.V.A. incluse)300 € à 400 €400 € à 500 €500 € à 600 €600 € à 700 €
  • Clarté moyenneTres peu d'inclusions (VS)Peu d'inclusions (SI)Inclusions visibles (I1)
  • MatièrePlatineOr Jaune 18ktOr Rose 18ktOr Blanc 18kt
Masquer les prix
Top ventes|Promotions|Nouveautés

Page 1 sur 7 Page 2 sur 7 Page 3 sur 7 Page 4 sur 7 Page 5 sur 7 Page 6 sur 7 Page 7 sur 7   
  Tout Afficher


Référence :1845V
Délai d'envoi :1 jour optionel, 21 jours maximum
Métal :18Kt Toutes Couleurs et Platinum
Tailles disponibles :Toutes
Nombre de diamants :78
Poid minimum (carat) :0.89
Couleur moyenne :F/G
Pureté moyenne :VS
Configuration Type :pave'





Large bague en or 18 carats micropavée de diamants1429 € (T.V.A. incluse)


Voir les détails

Référence :1845S
Délai d'envoi :1 jour optionel, 21 jours maximum
Métal :18Kt Toutes couleurs
Tailles disponibles :Toutes
Nombre de diamants :78
Poid minimum (carat) :0.89
Couleur moyenne :F/G
Pureté moyenne :SI
Configuration Type :pave'





Large bague en or 18 carats micropavée de diamants1320 € (T.V.A. incluse)


Voir les détails

Référence :1845I
Délai d'envoi :1 jour optionel, 21 jours maximum
Métal :18Kt Toutes couleurs
Tailles disponibles :Toutes
Nombre de diamants :78
Poid minimum (carat) :0.89
Couleur moyenne :F/G
Pureté moyenne :I1
Configuration Type :pave'





Large bague en or 18 carats micropavée de diamants1211 € (T.V.A. incluse)


Voir les détails

Référence :2342V
Délai d'envoi :1 jour optionel, 21 jours maximum
Métal :18Kt Toutes couleurs
Tailles disponibles :Toutes
Nombre de diamants :63
Poid minimum (carat) :1.24
Couleur moyenne :F/G
Pureté moyenne :VS
Configuration Type :clos, griffe





Bague en diamant constituée de diamants ronds espacés serti clos1941 € (T.V.A. incluse)


Voir les détails

Référence :2342S
Délai d'envoi :1 jour optionel, 21 jours maximum
Métal :18Kt Toutes couleurs
Tailles disponibles :Toutes
Nombre de diamants :63
Poid minimum (carat) :1.24
Couleur moyenne :F/G
Pureté moyenne :SI
Configuration Type :clos, griffe





Bague en diamant constituée de diamants ronds espacés serti clos1743 € (T.V.A. incluse)


Voir les détails

Référence :2342I
Délai d'envoi :1 jour optionel, 21 jours maximum
Métal :18Kt Toutes couleurs
Tailles disponibles :Toutes
Nombre de diamants :63
Poid minimum (carat) :1.24
Couleur moyenne :F/G
Pureté moyenne :I1
Configuration Type :clos, griffe





Bague en diamant constituée de diamants ronds espacés serti clos1601 € (T.V.A. incluse)


Voir les détails

Référence :3095V
Délai d'envoi :1 jour optionel, 21 jours maximum
Métal :Or 18Kt ou Platinum
Tailles disponibles :Toutes
Nombre de diamants :16
Poid minimum (carat) :0.16
Couleur moyenne :F/G
Pureté moyenne :VS
Configuration Type :Micropave'





Bague en diamant micropavée constituée d'un carré de diamants...631 € (T.V.A. incluse)


Voir les détails

Référence :3095S
Délai d'envoi :1 jour optionel, 21 jours maximum
Métal :Or 18Kt ou Platinum
Tailles disponibles :Toutes
Nombre de diamants :16
Poid minimum (carat) :0.16
Couleur moyenne :F/G
Pureté moyenne :SI
Configuration Type :Micropave'





Bague en diamant micropavée constituée d'un carré de diamants...611 € (T.V.A. incluse)


Voir les détails

Référence :3095I
Délai d'envoi :1 jour optionel, 21 jours maximum
Métal :Or 18Kt ou Platinum
Tailles disponibles :Toutes
Nombre de diamants :16
Poid minimum (carat) :0.16
Couleur moyenne :F/G
Pureté moyenne :I1
Configuration Type :Micropave'





Bague en diamant micropavée constituée d'un carré de diamants...592 € (T.V.A. incluse)


Voir les détails

Référence :3129V
Délai d'envoi :1 jour optionel, 21 jours maximum
Métal :Or 18Kt ou Platinum
Tailles disponibles :Toutes
Nombre de diamants :270
Poid minimum (carat) :2.67
Couleur moyenne :F/G
Pureté moyenne :VS
Configuration Type :micropave'





Grosse bague en diamant micropavée 3886 € (T.V.A. incluse)


Voir les détails

Référence :3129S
Délai d'envoi :1 jour optionel, 21 jours maximum
Métal :Or 18Kt ou Platinum
Tailles disponibles :Toutes
Nombre de diamants :270
Poid minimum (carat) :2.67
Couleur moyenne :F/G
Pureté moyenne :SI
Configuration Type :Micropave'





Grosse bague en diamant micropavée 3558 € (T.V.A. incluse)


Voir les détails

Référence :3129I
Délai d'envoi :1 jour optionel, 21 jours maximum
Métal :Or 18Kt ou Platinum
Tailles disponibles :Toutes
Nombre de diamants :270
Poid minimum (carat) :2.67
Couleur moyenne :F/G
Pureté moyenne :I1
Configuration Type :Micropave'





Grosse bague en diamant micropavée 3231 € (T.V.A. incluse)


Voir les détails



Haut de page
Page 1 sur 7 Page 2 sur 7 Page 3 sur 7 Page 4 sur 7 Page 5 sur 7 Page 6 sur 7 Page 7 sur 7   
  Tout Afficher





L'UNIVERS MAZAL



COMPRENDRE LE DIAMANT



SERVICES MAZAL



PROGRAMME DE FIDÉLITÉ







Conditions générales | Nous contacter



http://www.mazaldiamond.com/cat,91,bagues-en-diamant-tendance.htm?gclid=CLC…http://www.mazaldiamond.com/cat,91,bagues-en-diamant-tendance.htm?gclid=CLC…


http://www.mazaldiamond.com/cat,91,bagues-en-diamant-tendance.htm?gclid=CLC…
_________________
WEB MAK'S A BETTER WORLD


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur ICQ AIM Yahoo Messenger MSN
MARIO KEKIC
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 25 Mar 2009
Messages: 908
Localisation: PARIS
Masculin Bélier (21mar-19avr) 馬 Cheval
Point(s): 115
Moyenne de points: 0,13

MessagePosté le: Lun 12 Avr - 18:46 (2010)    Sujet du message: MARK STORM Répondre en citant

 
Citation:
Space Quest 4 Story > Take a trip through space and time as Roger embarks on a topsy-turvey adventure through his own past and distant future. The deadly Sequel Police are out to make this the last Space Quest ever. 

 

General
story
credits
game information

Database
characters
planets
ships
inventory items

Game Help
hint book

point list

saved games

patches
fixes

maps

message board

Downloads
documentation
demo
screenshots
soundtrack
design sketches

Behind the Scenes
cameo appearances

easter eggs

spoof & references
plot inconsistencies
cheats & debugs
fun facts
cancelled stuff
____

Space Quest 4 Story
After Roger rescued the Two Guys from Andromeda in his last adventure, he decides a pitstop on Magmetheus is in order. He finds himself spending his buckazoids in a spacy space bar. Just when he zipped down his third drink, problems appeared on the horizon. Rudely interrupting his conversation with two weird looking aliens, Roger is taken outside by so-called "Sequel Police" for a holo-message. It's that demented evil scientist again, Sludge Vohaul! But didn't Roger took care of Sludge in one of his previous adventures? Sludge is up to no good, and to be sure he succeeds, Roger must die. Just when the the Sequel Police prepare to open fire, Roger is saved by two mysterious looking dudes. He is forced to jump into a time rip and his fourth adventure is already underway... 
Thanks to the time rip, Roger ends up in the Space Quest 12 time era. Hey wait, this looks just like Xenon! It IS Xenon. It's... It's... It's really a pile. What happened here? He will soon find out. 
After some wandering around, Roger finds a timepod. And not just a time pod, oh no! It's the Timebuster 2000 SUX (the follow up of the Timeslug 1000 S-EX). "Woah!", is Roger's intelligent reaction when looking at the pod's interior. Why, a panel with strange symbols! These symbols might resemble a code to another time area. "Gosh, Now what? I don't know any times codes. Well, here we go." Without thinking, Roger puts his hand before his eyes and presses 6 of them pretty looking symbols. And it works... Well, it should have, 'cause Roger just demonstrated his famous dumb luck. 
Not wasting any time, he's off to Space Quest 10 in his quest to finish off Sludge Vohaul for good... Will he succeed? Well, there is a Space Quest 5, isn't there? Why don't you find out for yourself? 
___ 
 
All original content (c) Frans van Hofwegen. All Space Quest related material (c) by Sierra Entertainment. 
 

_________________
WEB MAK'S A BETTER WORLD


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur ICQ AIM Yahoo Messenger MSN
MARIO KEKIC
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 25 Mar 2009
Messages: 908
Localisation: PARIS
Masculin Bélier (21mar-19avr) 馬 Cheval
Point(s): 115
Moyenne de points: 0,13

MessagePosté le: Mar 13 Avr - 09:31 (2010)    Sujet du message: LAST STEP Répondre en citant

 


LastChaos Forum FR
IdentifiantSe souvenir de moi ?
Mot de passe

S'inscrireFAQCommunity
CalendrierMessages du jourRecherche


Community Links
Membres
 
Recherche dans les forums


Show Threads   Show Posts