Libérté, Egalité, Fraternité: Un symbole fort

 
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JJ ROUSEAU
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MessagePosté le: Ven 25 Juin - 11:02 (2010)    Sujet du message: Libérté, Egalité, Fraternité: Un symbole fort Répondre en citant

Jean-Jacques Rousseau est le fils d'Isaac Rousseau (Genève, 1672 - Nyon, 1747), horloger comme son père et son grand-père, et de Suzanne Bernard (Genève, 1673 - Genève, 1712), qui meurt le 7 juillet 1712, neuf jours après la naissance de Jean-Jacques. Elle-même était fille d'un horloger nommé Jacques Bernard. Sa mère morte, le jeune Jean-Jacques est élevé à partir de neuf ans par son oncle Samuel Bernard, pasteur protestant, qu'il prend pour son grand-père. Sa famille, d'origine française, s'était exilée à Genève en 1549 à cause de la persécution religieuse. Abandonné à 10 ans par son père, il connaît, livré à lui-même, une enfance, une éducation et des débuts difficiles. Il passe deux années chez le pasteur Lambercier à Bossey (au pied du Salève, au sud de Genève) (1722 - 1724). Son oncle le place comme apprenti chez un greffier, puis en 1725 chez un maître graveur.
« Maman » [modifier]
Jean-Jacques quitte la Genève protestante à seize ans en 1728. C'est le curé de Confignon, Benoît de Pontverre, qui l'adresse à une vaudoise émigrée à Vevey, la baronne de Warens, récemment convertie au catholicisme, dont il s'éprend et qui sera plus tard sa tutrice et sa maîtresse. Le 21 mars 1728 a lieu la rencontre. Dans ses Confessions Rousseau souhaite que cette rencontre soit matérialisée par un balustre d'or. Aussi peut-on observer à Annecy une statue du philosophe entourée d'un balustre doré sur lequel il est écrit « un matin de Pâques fleuries, Rousseau rencontra ici madame de Warens ». La baronne l'envoie à Turin où il se convertit au catholicisme le 23 avril. L'année suivante, il retourne chez celle qu'il appelait « Maman » alors que cette dernière n'était que de 13 ans plus vieille que lui, dans « une petite maison au penchant d'un vallon », près de Chambéry, que Les Confessions ont rendue célèbre : « les Charmettes ». Mme de Warens est à l'origine d'une grande partie de son éducation sentimentale et amoureuse.

  • En 1730, il voyage à pied jusqu'à Neuchâtel, où il enseigne la musique.
  • En 1732, il revient à Chambéry, où il travaille aux services administratifs du duché de Savoie, puis comme maître de musique auprès des jeunes filles de la bourgeoisie et de la noblesse chambériennes. Il séjourne près de dix ans dans la capitale de la Savoie.
  • En 1734 il devient l'intendant de Mme de Warens, qui deviendra plus tard sa maîtresse.
  • C'est chez elle qu'il écrit, en 1739, son premier livre, Le Verger de Madame la baronne de Warens. Il apprécie la ville : « S'il est une petite ville au monde où l'on goûte la douceur de la vie dans un commerce agréable et sûr, c'est Chambéry. »
Les débuts philosophiques [modifier]
  • En 1745, à Paris, il rencontre Thérèse Levasseur, modeste servante d'auberge, avec qui il se met en ménage. Les cinq enfants qu'ils ont sont confiés aux Enfants-Trouvés, l'assistance publique de l'époque, décision qui lui sera reprochée plus tard [1] ( il y répondra par son grand ouvrage Les Confessions).
  • En 1747, son père, Isaac Rousseau meurt.
Célébrité et polémiques [modifier]
  • Il peut rentrer à Paris en 1770, à la veille de la chute de Choiseul dont il avait condamné la politique d'annexion de la Corse. Il condamne également la politique russe de démantèlement de la Pologne, alors que la plupart des philosophes soutenaient Catherine II.
  • Le poète Jean-Antoine Roucher publie en 1779 dans les Mois les quatre Lettres à M. de Malesherbes.
C'est à cette période que Rousseau, qui vivait dans la hantise d'un complot dirigé contre lui, commence son œuvre autobiographique.
L'œuvre autobiographique [modifier]
  • En 1778, le marquis de Girardin offre l'hospitalité à Jean-Jacques Rousseau, dans un pavillon de son domaine d'Ermenonville, près de Paris ; c'est là que l'écrivain philosophe meurt subitement le 2 juillet 1778, de ce qui semble avoir été une crise d'apoplexie. Voilà le récit de la mort de Rousseau tel que le fait Gaston Lenôtre dans Vieilles maisons, vieux papiers, Perrin et cie, 1914, quatrième série : « Le 2 juillet le cabaretier Antoine Maurice aperçut le philosophe se promenant, dès cinq heures du matin, malgré la rosée ; il le vit rentrer vers sept heures, apportant du mouron cueilli pour ses oiseaux.Deux heures plus tard, Antoine entendit des cris provenant du pavillon qu'habitaient les Rousseau ; il y courut. Mme Rousseau appelait au secours ; son mari était tombé sur le plancher, dans la pièce du premier étage, et s'était blessé à la tempe. Presque au même moments, le cabaretier, M. et Mme de Girardin arrivèrent suivis de quelques domestiques et d'un chirurgien ; celui-ci essaya d'une saignée, mais Jean-Jacques déjà, ne donnait plus signe de vie ».
    .... De l'événement, dans le village et les environs, les versions les plus diverses circulaient. M. Rousseau, affirmaient les uns, s'était tué d'un coup de pistolet. Payen, le maître de poste de Louvres, servait la nouvelle aux voyageurs qui relayaient chez lui. D'autres assuraient que le pauvre Jean-Jacques s'étant avisé - bien après tous les autres - des relations de Mme Rousseau avec un domestique du château voulait quitter Ermenonville : elle s'était refusée à le suivre : alors il avait cherché dans la forêt des mauvaises plantes qu'il connaissait et il les avait infusées dans son café du matin. C'est la version adoptée par Mme de Staël, par Corencez et par Musset Pathay. On a supposé pire encore « Jean-Jacques, qui au dire de Mme de Staël, avait appris le matin même les relations de sa femme avec un homme de la domesticité de M. de Girardin, s'est-il suicidé de désespoir, a-t-il été assassiné par sa femme, ou est-il mort d'apoplexie séreuse comme l'affirme le procès verbal d'autopsie ? ».(JJ Rouseau Hommage national par A. Castellant). Quant au Marquis de Girardin, il niait hautement le suicide. Ce qui est certain, c'est que sa femme Thérèse Levasseur, âgée de 57 ans, devait épouser peu après ce domestique nommé Antoine Bally, âgé de 34 ans, et dilapider avec lui les économies de Jean-Jacques et ses droits d'auteur pour finir dans la misère.


Tombeau au Panthéon de Paris



  • Le lendemain de sa mort, le sculpteur Houdon prend le moulage de son masque mortuaire. Le 4 juillet, le marquis de Girardin fait inhumer le corps dans l'île des Peupliers, dans la propriété où, en 1780, s'élèvera le monument funéraire dessiné par Hubert Robert, exécuté par J.-P. Lesueur. Le philosophe est rapidement l'objet d'un culte, et sa tombe est assidûment visitée. Les révolutionnaires le porteront aux nues et la Convention demandera son transfert au Panthéon.
  • L'hommage solennel de la nation française a lieu le 11 octobre 1794 : au cours d'une grandiose cérémonie, les cendres de Jean-Jacques Rousseau sont transférées d'Ermenonville au Panthéon où le hasard fait qu'il repose en face de Voltaire, qu'il n'appréciait guère. Jean-Jacques Rousseau devient officiellement l'une des gloires de la nation française.
La « vérité » de Jean-Jacques Rousseau [modifier]


Portait de Jean-Jacques Rousseau en 1766, (alors âgé de 54 ans), par Allan Ramsay.


Rousseau s'inscrit contre la filiation nobiliaire et réveille cette inconnue de la « vieille » littérature : la sensibilité, une sensibilité fondatrice de droits et de devoirs. Mais son influence trouve sa pleine expression avec la Révolution française : le penseur politique en devient l'un des pères spirituels et tous se réclament de lui. Les révolutionnaires, d'un extrême à l'autre, prétendent « ne marcher que le Contrat social à la main ». Paradoxalement, les théoriciens de la contre-révolution (Joseph de Maistre, Louis-Gabriel de Bonald) se réclament eux aussi de Rousseau. Cela suffit à donner une idée de la diversité de l'héritage rousseauiste.
La différence majeure entre son œuvre et d'autres « vérités » publiées se trouve peut-être dans le parti pris affiché et, chez lui, évident - sa devise vitam impendere vero (empruntée à Juvénal, Satires, IV, 91) ou « consacrer sa vie à la vérité », selon sa propre traduction, en fait foi - de considérer la notion de vérité comme objet de recherche supérieur à toute autre valeur et même à sa propre réputation ou son propre honneur. On peut, par certains côtés, considérer la totalité de l'œuvre de Rousseau comme une immense lettre morale adressée à ses contemporains d'abord, mais aussi à l'humanité entière (et, sinon éternelle, du moins pour quelques siècles après lui). L'état actuel de sa diffusion en librairie, le nombre des thèses qui lui sont consacrées ainsi qu'à son œuvre, tout comme les traductions en de multiples langues, semblent confirmer le caractère fondamental de ces « essais de vérité » écrits par un passionné, un grand initié qui s'est risqué à descendre et à œuvrer pour ce monde émotionnel que les hommes maîtrisent le moins. Il « parlait peuple, pour les peuples » avant la lettre, et ce avec autant d'intelligence que d'instinct, c'est-à-dire de cœur, sans être ni tribun ni orgueilleux, semblant tout de même ne pas ignorer qu'à sa façon, il était (et peut-être resterait) l'un des grands instructeurs de l'humanité.
Les grands principes de la philosophie rousseauiste [modifier]La Nature [modifier]


La statue de Jean-Jacques Rousseau à Chambéry, par Mars Valett.


Définition [modifier]
Tous les philosophes du XVIIIe siècle se réfèrent à la Nature... Souvent, c'est au sens d'une physique. Chez Rousseau, la définition de ce mot « Nature » est peu évidente : celui-ci peut désigner aussi bien le monde physique que les dispositions innées de l’homme, la conscience morale (la « voix de la nature ») ou, plus simplement, la campagne verdoyante.
Cette pluralité de sens n’empêche pas, cependant, de produire une définition plus précise. La nature, c'est avant tout ce que l'on oppose à la culture (l’art, la technique, la loi, l’institution, la société, l’arbitraire). Rousseau est peut-être le premier à faire de cette distinction un outil méthodologique (repris notamment par Claude Lévi-Strauss, rousseauiste fervent).
L'idée de nature est peut-être celle d'une « transparence » originelle : la nature, c'est ce qui est vrai, ce avec quoi nous avons un rapport immédiat (sans médiation), et qui nous rappelle à notre origine — c'est en ce sens que l'on peut parler, pour désigner la conscience morale, de la « voix de la nature » : « sois juste et tu seras heureux », « je ne tire point ces principes de la haute philosophie, mais je les trouve au fond de mon cœur écrites par la nature en caractères ineffaçables » (Émile, IV). La nature est un principe d’ordre, de simplicité et d'authenticité. À l’opposé, le vice (désordre, mensonge, luxe, violence) procède de la société et de la culture, de l'inscription de l'individu dans des rapports artificiels : « Posons pour maxime que les premiers mouvements de la nature sont toujours droits : il n'y a point de perversité originelle dans le cœur humain. Il ne s'y trouve pas un seul vice dont on ne puisse dire comment et par où il est entré » (Émile, II).
L'état de nature [modifier]
Article détaillé : État de nature.
Outre les fragments intitulés L'état de guerre, deux textes principaux — qui diffèrent parfois quelque peu — décrivent l'état de nature tel qu'il est conçu par Rousseau : Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes.
La définition de l'homme naturel, c'est un parfait balancement entre les désirs et ce qu'il dispose. L'homme naturel est un être de sensations seulement. « Plus on médite sur ce sujet, plus la distance des pures sensations aux plus simples connaissances s'agrandit à nos regards ; et il est impossible de concevoir comment un homme aurait pu, par ses seules forces, franchir un si grand intervalle ».
L'homme à l'état de nature ne veut que ce qu'il retrouve dans l'environnement de vie qui l'entoure. Car il ne pense pas et se trouve donc dépourvu de l'imagination nécessaire à l'élaboration d'un désir pour ce qu'il ne perçoit pas. Ces choses sont les seules qu'il puisse se « représenter ». Les désirs de l’homme à l'état de nature vont de soi avec les désirs de son corps. « Ses désirs ne passent pas ses besoins physiques, les seuls biens qu'il connaisse dans l'univers sont la nourriture, une femelle et du repos ».
Être de pures et seules sensations, l’homme naturel ne peut anticiper l'avenir, ni se représenter les choses au-delà du présent. Autrement dit, la nature en lui correspond parfaitement à celle en dehors. Dans l'Essai, Rousseau suggère que l’homme naturel n’est pas même capable de distinguer un semblable dans un autre être humain. Car cette distinction requiert des facultés d'abstraction qui lui manquent. L’homme naturel ignore ce qu’il y a de commun entre lui et l’autre être humain. Pour l’homme naturel, l'humanité s'arrête au petit cercle d'individus avec lesquels il est en rapport immédiat. « Ils avaient l'idée d'un père, d'un fils, d'un frère, et non pas d'un homme. Leur cabane contenait tous leurs semblables... Hors eux et leur famille l'univers ne leur était rien ». (Essai, IX) La pitié ne pouvait s'exercer activement que dans le petit milieu de la horde. Mais de cette ignorance ne résulterait pas la guerre, car les hommes naturels ne se rencontraient virtuellement pas les uns les autres. Les hommes, si l'on veut, s'attaquaient dans leurs rencontres, mais ils se rencontraient rarement : « Partout régnait l'état de guerre, et la terre était en paix ».
Par là, Rousseau prend le contre-pied de la théorie hobbesienne de l'état de nature. L'homme naturel de Rousseau n'est pas un « loup » pour ses semblables. Mais il n’est pas non plus porté à s'unir à eux par des liens durables et à former avec eux des sociétés. Il n'en ressent pas le désir. Ses désirs sont satisfaits par la nature. Et son intelligence, réduite aux seules sensations, ne peut même pas se faire une idée de ce que serait une telle association. L’homme naturel n'a que l'instinct, et cet instinct lui suffit. Cet instinct est individualiste ; il ne l'induit aucunement à la vie sociale. Pour vivre en société, il faut la raison à l’homme naturel. La raison, pour Rousseau, est l'instrument qui adapte l’homme nu à un milieu social, habillé. De même que l'instinct est l'instrument d'adaptation de l’homme à son milieu naturel, la raison est un instrument d’adaptation de l’homme à un milieu social, juridique. Or cette raison, il ne l'a qu'en puissance, de même que la vie sociale est présente en puissance dans la vie naturelle : la raison, l'imagination qui permet de se représenter un autre homme comme mon alter-ego (c'est-à-dire comme un être à la fois même que moi et autre que moi), le langage et la société, tout ce qui constitue la culture, apparaissent ensemble, et ne sont pas véritablement actifs à l'état de nature. Mais l'homme naturel, en tant qu'il est perfectible, possède déjà, virtuellement, toutes ces facultés. Il est asocial, mais non associable : « Il n'est pas réfractaire à la société ; mais il n'y est pas enclin. Il a en lui les germes qui, développés, deviendront les vertus sociales, les inclinations sociales ; mais ils ne sont que des puissances. La perfectibilité, les vertus sociales et les autres facultés que l'homme naturel avait reçues en puissance ne pouvaient jamais se développer d'elles-mêmes » Second Discours, première partie). L'homme est sociable avant même de se socialiser. Il y a en lui un potentiel de socialité que seul le contact avec certaines forces hostiles de l’extérieur peut actualiser. « Des années stériles, des hivers longs et rudes, des étés brûlants qui consument tout, exigèrent d'eux une nouvelle industrie » (Essai). Tant qu’elles ne changent pas, les conditions de l’homme naturel produisent un équilibre parfait entre lui et son milieu de vie. Mais les choses changent et les conditions de cet équilibre naturel aussi…
La botanique [modifier]
Rousseau découvrit tardivement la botanique, puis la délaissa pour copier des pages de musique ou écrire ses livres, avant d'y revenir vers 65 ans, car il préférait herboriser, ce qui le détendait, plutôt que réfléchir, ce qui le fatiguait et l'attristait, écrit-il dans la septième rêverie du promeneur solitaire. Pourtant ses Lettres sur la botanique lui permettaient de continuer une réflexion sur la culture, au sens large, commencée dans l'Émile, son traité d'éducation, et son roman, La Nouvelle Héloïse, où il s'interrogeait sur l'art du jardin.
L’homme, cet être dénaturé, sans instinct, ne peut contempler la nature que lorsqu’il l’a rendue habitable et donc cultivée, dénaturée, « contournée à sa mode » en « campagne riante » car, dans les endroits ou les hommes peuvent vivre, elle n’est souvent que du mauvais pays, de la broussaille, du terrain vague. Ce n’est en général que dans des endroits rares et inaccessibles à l’homme qu’elle cache « ces lieux si peu connus et si dignes d’être admirés... La nature semble vouloir dérober aux yeux des hommes ses vrais attraits auxquels ils sont trop peu sensibles, et qu’ils défigurent... Ceux qui l’aiment et ne peuvent l’aller chercher si loin sont réduits à lui faire violence, à la forcer en quelque sorte à venir habiter avec eux, et tout cela ne peut se faire sans un peu d’illusion » continue Rousseau dans son roman où il décrit comment Julie a installé au fond de son verger un jardin secret, joignant l’agréable à l’utile de manière à en faire un lieu de promenade qui ressemble à la pure nature : « il est vrai, dit-elle que la nature a tout fait, mais sous ma direction, et il n’y a rien là que je n’ai ordonné ».
Rousseau décrit le jardin de l’homme de goût, conciliant à la fois l’humaniste et le botaniste, comme un lieu utile et plaisant où sont rassemblés sans artifice visible, ni à la française, ni à l’anglaise : l’eau, la verdure, l’ombre et la fraîcheur, comme sait le faire la nature, sans user de la symétrie ni aligner les allées et les bordures. L’homme de goût « ne s’inquiétera point de se percer au loin de belles perspectives : le goût des points de vue et des lointains vient du penchant qu’ont la plupart des hommes à ne se plaire qu’où ils ne sont pas. »
Le travail de greffe et de bouturage ne sert pas à dévoiler la nature derrière la nature, mais, avant qu’elle ne devienne invivable, à la rendre habitable en bien ou en mal, ce dont l’extension catastrophique de notre civilisation urbaine est une des conséquences mais pas forcément un destin. Et si le travail du verger et des champs est une nécessité pour l’homme, le jardin de « l’homme de goût » aura pour fonction de lui permettre de se dépayser, de se délasser des moments d’effort.
Pour Rousseau, mélodie [voir le chapitre suivant] et jardin sont de l’ordre de l’humain, de la perfectibilité, de l’imagination et des passions simples. Il partage avec la musique une temporalité mélodique, celle aussi du processus éducatif qui permet aux hommes d’espérer devenir « tout ce qu’ils peuvent être » puisque la nature n’y saurait suffire.


Rousseau est l’abréviation botanique officielle de Jean-Jacques Rousseau.Consulter la liste des abréviations d'auteur ou la liste des plantes assignées à cet auteur par l'IPNI
L'amour et la haine [modifier]
Il est incontestable que Rousseau a fait souffler un vent révolutionnaire sur les idées d'amour et de haine : cette considération accordée à la sexualité comme une expérience fondamentale dans la vie d'un être humain, la prise de conscience de l'importance des sentiments d'amour et de haine dans la construction de la société humaine et dans son développement, et enfin, cette ouverture sur le débat moderne avec le sujet amoureux partagé entre l'amour conjugal et l'amour passion. On peut également ajouter que Rousseau a permis d'établir dans sa société du XVIIIe siècle une nouvelle notion, à savoir le fait que la personnalité d'un individu, qu'elle concerne le rapport aux autres et la sexualité entre autres, se forge dès l'enfance.
Émile ou de l'Éducation ou la nécessité d'éduquer au sentiment amoureux [modifier]
Émile ou De l'éducation est un ouvrage à l'usage des maîtres, précepteurs ou mères de famille, qui explique la nature de l'enfant et l'éducation qu'il faut en faire découler pour bien le faire grandir, en gardant à l'esprit qu'il suffit de « comprendre [la] nature » de l'enfant pour qu'il grandisse le mieux possible. Rousseau, dans sa préface, prend soin d'écarter les critiques qu'on pourrait lui faire ; pour légitimer son œuvre, il dit avoir suivi et observé la nature : sa démarche est volontiers empiriste. Ce que l'on peut déjà noter, c'est cette importance accordée à la « nature », en opposition à la « culture ».
Chez l'enfant, l'amour est un certain instinct de conservation : on aime ceux qui veulent notre bien, et on s'écarte de ceux qui veulent notre mal. Cette connaissance de ce qui est bon ou mauvais pour nous nous vient de l'expérience. La haine n'est pas véritable, car il ne s'agit pas de « vouloir du mal » à ceux qui nous en veulent, mais à s'en écarter. Ce qui est bon, dans la tête de l'enfant, c'est ce qui lui permet de rester vivant, de « sur-vivre » si l'on pousse le trait à son paroxysme. Cet instinct, c'est l' « amour de soi ». On s'aime, donc on veut son propre bien ; par extension, on aime les gens qui veulent nous faire du bien, et, réciproquement, on cherche à leur faire du bien pour maintenir cette situation. On peut dégager un certain concept d'Égocentrisme, mais il faut savoir qu'il n'y aura aucune péjoration à l'utilisation de ce terme puisque, finalement, on ne nuit pas aux autres avec un tel comportement, puisque le seul rapport avec autrui concerne ce qu'ils peuvent nous apporter, et non pas ce qu'ils sont. On ne peut pas vraiment parler d'amour ici, puisque c'est ici un vulgaire instinct de conservation.
Avec l'adolescence naît l'amour physique. Advient la puberté, l'enfant devient adolescent. Puisqu'il y a changement physique, puisque la voix mue, puisque les épaules s'élargissent, et que les poils apparaissent un peu partout, l'enfant ne peut que se voir différemment. Pour savoir s'il a bien évolué, il se compare aux autres. Il ne se voit plus lui-même, mais il se voit à travers le regard des autres. L'amour de soi devient amour-propre ; le rapport à soi devient rapport à soi par l'intermédiaire de l'idée qu'on se fait du regard que les autres portent sur nous. Puisqu'on ne se voit plus directement, on ne sait plus vraiment quels sont nos vrais besoins, alors on se trompe d'objets et on se met à l'écart de beaucoup de choses qui seraient naturellement bonnes pour nous. Notre champ de relations s'est considérablement étendu puisque, naturellement, on cherche à se voir aux yeux du plus grand nombre de personnes possible. On a donc beaucoup plus de contacts, de là naissent la jalousie et le mensonge car il s'agit de se faire aimer des autres. On voit aussi les besoins des autres et on les éprouve sur nous, donc, d'un coup, on a beaucoup plus de besoins. Pour plaire aux autres, il faut concurrencer ceux qui leur plaisent aussi. De là naît le sentiment de haine. Il s'agit en effet d'écarter nos rivaux. Enfin, puisqu'on se compare aux autres, la vanité, l'orgueil et la jalousie sont constituants de nos relations avec autrui.
L'amour qui concerne l'individu à ce stade de la vie est un amour physique. C'est purement sexuel, purement physique. On ne choisit pas quelqu'un, on choisit un corps. On ne préfère rien, car les corps sont sensiblement tous les mêmes. « Toute femme est bonne ». Enfin, quand on a essayé beaucoup de personnes et qu'on a enfin pu faire des comparaisons, on fait un choix. Mais vient toujours la difficulté de garder la bien-aimée : pour ne pas la perdre, il faut rivaliser avec les autres ; pour être bien aimé, il faut aimer bien, il y a donc une certaine forme de lutte pour conserver l'amour ; et enfin, l'amour est tellement agréable qu'on cherche à être aimé par d'autres personnes : de là, la jalousie et la destruction du couple.
« Le penchant de l'instinct est indéterminé, un sexe est attiré vers l'autre, voilà le mouvement de la nature ».
On sent donc qu'un amour vrai est un amour conduit, éduqué, avec un « tuteur ». Rousseau parle de l'homme comme d'une plante dans sa préface : « On façonne les plantes par la culture, et les hommes par l'éducation ».
Amour physique et amour moral [modifier]
Il y a deux sortes d'amour : l'amour physique et l'amour moral. L'amour physique ne choisit pas, il ne préfère rien. Soit que le sauvage prenne la première femme qui passe, n'ayant aucune raison d'en attendre une autre car « toute femme est bonne pour lui » ; soit que le frère prenne sa sœur parce qu'il n'a finalement aucune raison d'aller chercher plus loin, ayant sa sœur sous la main. Au contraire, l'amour moral porte sur l'individu et procède d'un choix. Si les principes de ce choix sont plus ou moins obscurs, c'est parce que nous voyons moins clair que l'amour lui-même, mais les conséquences sont claires : « excepté l'objet aimé, un sexe n'est rien pour l'autre ». De sorte que, par le choix, l'amour devient le contraire du penchant. L'amour est lié au langage en tout cas, le langage est à l'origine du sentiment amoureux. L'amour a besoin de la société des hommes pour remplacer le penchant ; en d'autres termes, il existe un discours social qui circule sur les femmes et propose des modèles, des idéaux amoureux qui tirent l'amour du simple penchant. On pense à Sophie, la femme d'Émile ; Émile, grâce ou à cause de la société, a cherché un idéal, une Sophie, une personne qui est sage.
Honoré de Balzac dans Physiologie du mariage a critiqué la notion de pudeur telle que la présente Rousseau : « Ainsi l'erreur de Rousseau a été l'erreur de son siècle. Il a expliqué la pudeur par les relations des êtres entre eux, au lieu de l'expliquer par les relations morales de l'être avec lui-même.[2]. »
La société ne produit pas que l'amour ; elle favorise aussi la haine. La moindre opposition devant l'amour devient une « fureur impétueuse » : la plus douce des passions peut vite devenir un bain de sang, ajoute Rousseau.
La dimension sexuelle est primordiale, mais il faut qu'elle cesse pour que le véritable amour puisse surgir. D'où une opposition nécessaire entre l'amour moral et l'amour purement physique.
L'amour et la haine ne sont donc pas vraiment de même nature parce que l'amour précède la haine.
Rousseau, père du conflit moderne [modifier]
La Nouvelle Héloïse pose l'opposition entre l'amour et le mariage. C'est le thème central. On le retrouve dans beaucoup d'œuvres de l'époque, mais ce qui distingue Rousseau de ses contemporains, c'est sa façon de traiter le sujet et la réponse qu'il donne.
L'opposition entre amour et mariage, par l'opposition entre le sentiment libre et le sentiment encadré, le besoin individuel et l'institution sociale, entre la passion et la loi. On retrouve cette thématique chez Shakespeare dans son Roméo et Juliette et la fin tragique, le suicide des deux amants. Différence entre l'amour et l'exaltation de l'instant et le mariage qui représente la loi, la durée et les institutions (la famille dans le cas de Roméo et de Juliette).
Dans le cas de Rousseau, il y a impossible conciliation entre l'amour passion et l'amour conjugal car ces deux formes de sentiment renvoient à deux Moi : l'un qui vise l'auto-conservation, l'autre qui vise l'expression du désir et la dépense du soi. On a donc un Moi qui veut se conserver, qui suppose que le bonheur est dans la constance et la tranquillité de l'âme. Il y a enfin l'autre Moi qui pose le bonheur comme impossible dans la durée ; il faut donc saisir le moment : « Gather the rosebud while we may / Old time's still flying / And that same flower that smiles today / Tomorrow'll be dying », célèbres vers du poème « Carpe Diem ».
La sauvegarde de soi, c'est avant tout la sauvegarde de l'univers collectif et social. La dépense de soi, c'est l'adhésion aux pulsions individuelles.
Ce choix entre amour et mariage est impossible à faire puisque choisir l'un, c'est regretter de ne pas avoir choisi l'autre ; le fait que ce choix soit strictement impossible vient de ce que les valeurs sont incompatibles, et que choisir l'un ou l'autre pose moralement des problèmes. Comment expliquer à une famille de haut rang qu'on préfère un amour indigne à un mariage qui serait un gage de dignité? Comment expliquer à son amant qu'on préfère la raison à la passion, la reconnaissance sociale à l'amour? Rousseau illustre donc la pathologie amoureuse comme l'impossibilité de choisir. Premièrement, on ne peut pas choisir quel amour on veut, car le choix sera regretté. On ne peut pas non plus choisir de rester dans l'incertitude, car celle-ci fait souffrir.
Finalement, Julie préférera le mariage avec Wolmar et aura la « nostalgie du désir », regrettant son choix; la nostalgie, c'est-à-dire l'impression qu'elle aurait dû faire l'autre choix. L'hypothèse de l'impossibilité du choix se confirme.
Ce qu'il y a aussi de remarquable chez Rousseau, c'est qu'en ayant vu cette contradiction, cette ambivalence entre deux Moi, il a dépassé la thématique de l'amour courtois tout en ouvrant le champ aux Romantiques.
L'amour courtois considère le mariage comme le lieu du devoir et de la loi. L'institution est incompatible avec l'amour. Il y a donc chez Jean-Jacques Rousseau un véritable appel à l'adultère, qui ne serait pas blâmable dans le sens où celui qui tromperait son conjoint le ferait pour quelqu'un qu'il aime. L'amour est une véritable vertu, il doit être libéré de l'institution, car l'émancipation de l'amour, c'est l'émancipation du désir. Il y a une fidélité à la passion plutôt qu'aux « liens sacrés du mariage ». Dans l'amour courtois, il faut préférer la vitalité de la passion à l'amorphisme qui caractérise l'union matrimoniale.
Dans La Nouvelle Héloïse, Julie refuse le chaos de la passion, et elle refuse en même temps le mariage avec celui qui lui inspire la passion: car la passion s'y perdrait nécessairement. Il y a rupture avec la tradition de l'amour courtois car Julie VEUT goûter à la passion, mais elle le refuse, car elle ne supporte pas le fait d'être faible devant la passion. Elle réalise qu'elle ne peut rien contre le pulsionnel alors elle décide de ne pas l'attiser.
Julie choisit donc le mariage comme conservation de soi : c'est l'agapè chrétienne qui l'emporte sur l'éros. C'est la deuxième rupture avec l'amour courtois : le conjugal bloque l'affectif : l'amour passion doit laisser la place à l'amour tendresse. Le désir n'est pas dépassé, il est refoulé. Julie a conscience qu'elle ne peut pas dompter la passion, alors elle la repousse et se refuse à la combattre, elle tente plutôt de l'ignorer.
Le Romantisme, quant à lui, considère qu'il est possible de concilier amour conjugal et amour passion. L'amour romantique, c'est la fusion entre le sensible et le spirituel, c'est une aspiration à l'infini et la possibilité d'assouvir cette aspiration dans la finitude, grâce à la relation avec une femme réelle. La passion est ici dépassée, elle n'est plus négative et ne mène plus à l'adultère. Il y a donc chez les romantiques, une possibilité de concilier désir et passion, par le mariage, mais aussi par la mort comme accomplissement et union éternelle des amants, union extra-temporelle. On a cela chez Novalis, Hölderlin ou encore dans le Tristan et Isolde de Richard Wagner. Pour Rousseau, il est impossible de concilier éros et agapè.
La philosophie Rousseauiste de l'amour est donc le clivage, le dépassement de l'amour courtois et la voie ouverte aux romantiques.
On retrouve cette thématique Rousseauiste chez des auteurs comme Proust (la passion est l'aliénation de soi) et chez Sartre où l'amour est une « unité heureuse » qui marque la fin de l'individualité.
La politique [modifier]Sources de la pensée politique de Rousseau [modifier]
Elles sont nombreuses et se construisent en critiquant et en s'inspirant de Lucrèce, de Hobbes, de Locke, des théoriciens du droit naturel (Hugo Grotius, Pufendorf), de Montesquieu. Il s'est aussi opposé aux Physiocrates, les premiers économistes français, pour qui la création de richesse ne pouvait provenir que de l'exploitation de la terre (physio-cratie = « pouvoir de la terre »). On garde de lui quelques lettres échangées avec Mirabeau père, l'auteur de l'Ami des Hommes. Dès le Discours sur les sciences et les arts, Rousseau affirme son originalité en réfutant la thèse de la sociabilité naturelle de l'homme et en affirmant sa bonté naturelle. La première position le rapproche de Hobbes, qui voyait dans l'homme naturel un être isolé et cherchant avant tout à contenter ses besoins. Mais par la seconde, il se détache du penseur anglais, puisque celui-ci affirmait, reprenant Plaute, que l'« homme est un loup pour l'homme » (homo homini lupus est). Considérant l'agressivité naturelle de l'homme, Hobbes, profondément choqué par la guerre civile et les troubles religieux anglais du XVIIe siècle, réclamait un pouvoir royal absolu confisquant la violence individuelle au profit de l'État ; enthousiasmé par la bonté naturelle, Rousseau, lui, considère que le pouvoir doit venir des individus eux-mêmes. Selon Hobbes, l'homme est mauvais en soi ; selon Rousseau, c'est la société, c'est-à-dire le désir de posséder, de dominer et de paraître, qui a corrompu l'homme.

Le Contrat social a parfois été considéré comme le texte fondateur de la République française, non sans malentendus, ou à titre d'accusation de la part des opposants à la République. On s'est surtout attaché à sa théorie de la souveraineté : celle-ci appartient au peuple et non à un monarque ou à un corps particulier. Assurément, c'est chez Rousseau qu'il faut chercher les sources de la conception française de la volonté générale : contrairement aux théories politiques anglo-saxonnes, Rousseau ne considère pas la volonté générale comme la somme des volontés particulières — c'est-à-dire la volonté de tous -, mais comme ce qui procède de l'intérêt commun : « ôtez [des volontés particulières] les plus et les moins qui s'entre-détruisent, reste pour somme des différences la volonté générale ».
On oublie souvent que Rousseau destinait son Contrat social à de petits États. Il s'inspirait de deux modèles, l'un antique (la cité grecque, notamment Sparte alors tenue pour démocratique), l'autre moderne (la République de Genève). Rousseau s'opposait à l'opinion de la majeure partie des « Philosophes » qui admiraient souvent les institutions anglaises, modèle d'équilibre des pouvoirs loué par Montesquieu et Voltaire. Parmi ses écrits politiques (Livre de poche ISBN 2-253-05593-X) Rousseau a été mandaté par la république de Gènes afin de donner une Constitution à la Corse où le « small is beautyfull » est souligné car il se base sur le fonctionnement institutionnel de la Confédération Helvétique de son époque, il a aussi étudié le fonctionnement du gouvernement de la Pologne. Rousseau s'opposait également avec force au principe de la démocratie représentative et lui préférait une forme participative de démocratie, calquée sur le modèle antique. Se borner à voter, c'était, selon lui, disposer d'une souveraineté qui n'était qu'intermittente ; quant à la représentation, elle supposait la constitution d'une classe de représentants, nécessairement voués à défendre leurs intérêts de corps avant ceux de la volonté générale. En revanche, il s'opposait à la diffusion massive des savoirs, comme le montre son Discours sur les sciences et les arts qui y voit la cause de la décadence moderne. Le modèle de Rousseau est bien plus Sparte, cité martiale, dont le modèle entretenait déjà quelque rapport avec la cité de La République de Platon, qu'Athènes, cité démocratique, bavarde et cultivée. Certains critiques — comme l'universitaire Américain Lester G. Crocker —, particulièrement sensibles au modèle d'autarcie et d'unité nationales de Rousseau, lui ont reproché d'avoir favorisé le totalitarisme moderne. Cette opinion est devenue minoritaire depuis quelque temps, mais elle témoigne de la force polémique qu'ont encore de nos jours les écrits du « Citoyen de Genève » .
Le problème du "contrat social" [modifier]
La liberté naturelle de l'homme implique l'absence d'engagement ou d'obligation naturelle. Les talents étant répartis inégalement entre les individus, les inégalités apparaissent, puis se développent de plus en plus vite. Dans le Discours sur l'inégalité, Rousseau évoque la progression de l'inégalité 


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MessagePosté le: Ven 25 Juin - 15:35 (2010)    Sujet du message: Libérté, Egalité, Fraternité: Un symbole fort Répondre en citant

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MessagePosté le: Ven 25 Juin - 16:27 (2010)    Sujet du message: Libérté, Egalitée, Fraternité: Un symbole fort Répondre en citant

Les doctrines du contrat social se proposent toutes de trouver dans l'individu le fondement de la société, de l'Etat ou de l'autorité politique. Elles s'opposent aux doctrines qui voient dans la société ou dans l'Etat une réalité une et définie dans ses parties (doctrine juridique allemande de l'Etat, pensée sociologique). Le postulat fondamental des doctrines de contrat est l'idée que la société n'est pas un phénomène naturel, mais une création artificielle, volontaire. Il faut donc supposer que la société a été créée par une décision des hommes qui la composent et que les règles qui la régissent peuvent être expliquées de cette décision constitutive.
Si le pouvoir est considéré comme artificiel, il n'existe donc pas entre les hommes, antérieurement à la décision constitutive de la société, de relations d'autorité, mais seulement d'égalité ; dès lors, les individus ne peuvent être liés qu'en vertu de leur consentement. La référence au contrat social permet de dévier le problème juridique du fondement de l'autorité de politique vers un problème historique et philosophique, celui de l'origine de la société et de l'Etat.
L'idée et sa signification.
L'état de nature.
La théorie du contrat a fait partie des idées reçues aux XVIIème et XVIIIème siècles. Si des individus éprouvent le besoin de se réunir en société, c'est que la nature les rend inaptes à une vie indépendante et les pousse à se rassembler.
La possibilité de cette critique explique la longueur et la variété des développements consacrés par tous les théoriciens du contrat à la description de l'état de nature, la difficulté consistant pour eux à démontrer à la fois que la renonciation par les hommes à leur indépendance naturelle ne pouvait être que libre et volontaire et que, pourtant, l'homme attendait du passage à l'état social certains avantages qui l'ont déterminé à conclure le pacte fondamental.
La réalité historique
Dans l'histoire, il n'y a pas de trace de l'établissement d'une société par contrat. Pour Hobbes et Rousseau, il s'agit seulement d'une hypothèse nécessaire à l'explication de la société de leur époque.
Les types de contrat
Les contrats sont de deux types :

  • le pacte d'association ou contrat social proprement dit est destiné à expliquer l'origine de la société ou de l'Etat. Les individus décident d'abandonner l'état de nature et de se constituer en corps social. Ils renoncent au profit de la collectivité qui devient souveraine, à tout ou partie de leurs droits naturels et obtiennent en échange des droits civils.
  • le pacte de soumission ou contrat de gouvernement permet d'expliquer la forme de gouvernement. Il est conclu entre le peuple et un chef qui acquiert la souveraineté et s'engage en contrepartie à l'exercer en vue de certaines fins tout en sauvegardant les droits des peuples et des individus.
La fonction idéologique.
Il s'agit d'opposer à l'absolutisme monarchique l'affirmation des droits du peuple ; pour d'autres de fonder la monarchie absolue sur le droit naturel ; d'établir que seule la démocratie est conforme à la nature.
Pour tous les penseurs, il fallait parvenir à présenter des revendications politiques comme le produit d'un raisonnement déductif.
De l'antiquité au monarchomaques
La philosophie grecque est marquée par l'opposition entre la nature physique qui est immuable et les moeurs des hommes qui sont changeantes. L'homme, affirme Aristote, est par nature un animal politique ; peu importe dès lors que la société soit née d'un groupement d'individus, car ce groupement et la vie en société qui en résulte n'ont rien d'arbitraire ni de conventionnel, mais sont conformes à la nature.
La théorie du contrat de gouvernement date du Moyen Age : c'est un contrat qui lie le roi et ses sujets. Les théologiens trouvent de nombreux exemples de contrats, entre Dieu et le peuple juif, entre rois et sujets, dans l'Ancien Testament.
Au cours des luttes religieuses de la Renaissance, la notion de contrat permit de fonder le droit de résistance en raison du double contrat, le premier entre Dieu et le peuple, le second, subordonné au premier, entre le roi et le peuple. Si le roi persécute la vraie religion, il viole le contrat conclu entre Dieu et le peuple et celui-ci peut user de son droit de résistance.
La théorie de contrat de gouvernement permettait l'établissement d'une monarchie à la fois autoritaire et limitée.
L'apogée.
Au XVIIème siècle, plusieurs théoriciens (Suarez, Hocker, Grotius) admettent l'existence d'un double contrat, dont l'un est destiné à fonder la société et l'autre le gouvernement. Par le premier, les hommes abandonnent l'indépendance dont ils jouissaient dans l'état de nature au profit de la collectivité. Ils reçoivent, en échange, protection et garantie de leurs droits individuels. Par le second, le peuple transfère la souveraineté à un ou plusieurs magistrats qui doivent l'exercer dans certaines conditions.
Hobbes
Le système de Hobbes repose sur un double postulat :

  • les hommes sont égoïstes et ne recherchent que leur satisfaction individulle ;
  • ils sont égaux car le plus faible peut menacer la sécurité du plus fort.
Ce qui caractérise donc l'idée de nature, c'est la méfiancemutuelle et la guerre de tous contre tous. La loi de la nature obéit à un certain nombre de règles qui interdisent à l'homme de faire tout ce qui peut mener à sa propre destruction. L'Etat de nature est donc un état d'insécurité perpétuelle dont les hommes cherchent à sortir.
Le fondement de l'obligation d'obéir qu'ont les sujets est à la fois la protection dont ils jouissent et la force du souverain qui les y contraint. Il n'y a pas de limite au pouvoir du souverain et celui-ci ne peut être déposé parce qu'il n'y a pas eu contrat entre lui et ses sujets. Toute la force est de son côté.
Hobbes fonde ainsi la logique de l'absolutisme . Le pacte unique qu'il décrit tient à la fois du pacte d'association et du pacte de soumission. C'est la soumission commune au souverain qui seule fonde la société et garantit sa pérennité.
La doctrine du trust
Le truste ne comporte pas d'obligations réciproques ; c'est simplement une mission confiée par le peuple à des gouvernements en vue de certaines fins. Cela implique deux séries de conséquences :

  • le trust n'est ni le fondement de l'Etat, ni de la souveraineté mais un mode particulier d'exercice du pouvoir. Il n'y a donc plus qu'un seul contrat, le pacte d'association qui fonde à la fois la société, l'Etat et le gouvernement.
  • l'accent est mis sur les obligation du gouvernement et les droits du peuple.
Ce schéma est repris par Locke. Pour lui l'état de nature est un état de paix, de bonne volonté, d'assistance mutuelle, de conservation. Il y manque une autorité commune et c'est pour établir cette autorité que les hommes concluent le contrat social et se constituent en corps.
Comme le pouvoir ne peut être exercé par le peuple constitué en corps, celui-ci doit instituer un pouvoir législatif qui serait le pouvoir suprême. Locke a voulu justifier la révolution anglaise de 1686.
Rousseau
Le contrat social de Rousseau fonde à la fois la société et l'Etat et institue un pouvoir sans limites. Rousseau cherche à trouver le fondement logique d'une autorité telle qu'elle rende les individus aussi libres dans l'état social que dans l'état de nature. Le contrat est passé entre les individus d'une part et le corps social d'autre part, et c'est ce dernier qui devient souverain. Chaque individu renonce à l'indépendance et à tous ses droits naturels et se soumet totalement au souverain.
Selon Rousseau, il n'est pas nécessaire que la loi, expression de la volonté générale, soit effectivement appliquée à tous. Il suffit qu'elle soit susceptible de l'être. Mais Rousseau a échoué dans la définition d'un système cohérent.
Après Rousseau, la doctrine amorce son déclin ; la théorie du contrat ne correspond pas à la vérité historique. Les auteurs sont amenés implicitement à traiter séparément le problème de l'origine de la société, celui de son fondement et celui du fondement de l'obligation d'obéissance ; ils apportent à ces problèmes des réponses séparées. La notion de contrat ne permet plus de traiter que du fondement de la société.
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MessagePosté le: Ven 25 Juin - 19:44 (2010)    Sujet du message: Libérté, Egalité, Fraternité: Un symbole fort Répondre en citant

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MessagePosté le: Ven 25 Juin - 20:36 (2010)    Sujet du message: Libérté, Egalité, Fraternité: Un symbole fort Répondre en citant


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MessagePosté le: Ven 25 Juin - 20:44 (2010)    Sujet du message: Libérté, Egalité, Fraternité: Un symbole fort Répondre en citant

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MessagePosté le: Ven 25 Juin - 20:46 (2010)    Sujet du message: Libérté, Egalité, Fraternité: Un symbole fort Répondre en citant

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MessagePosté le: Ven 25 Juin - 20:52 (2010)    Sujet du message: Libérté, Egalité, Fraternité: Un symbole fort Répondre en citant


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MessagePosté le: Sam 26 Juin - 13:39 (2010)    Sujet du message: Libérté, Egalité, Fraternité: Un symbole fort Répondre en citant


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MessagePosté le: Lun 28 Juin - 08:38 (2010)    Sujet du message: Libérté, Egalité, Fraternité: Un symbole fort Répondre en citant

XIXe siècle
Napoléon III sort de la légende noire
01/04/2008 - 736


Napoléon le Petit serait-il devenu plus fréquentable que Napoléon le Grand ? Deux cents ans après la naissance de Louis Napoléon, les historiens lui rendent sa place dans la mémoire collective.
Quels sont les mérites comparés du sucre de canne et du sucre de betterave ? Tel est l'ordre du jour, à  la Chambre, en ce 12 mai 1840. Les députés qui entrent en séance ne le savent pas encore, mais le gouvernement a décidé de changer leur menu. Contre toute attente, le ministre de l'Intérieur, Charles de Rémusat, prend la parole : " Messieurs, annonce-t-il d'une voix solennelle, le roi a ordonné à  Son Altesse Royale, monseigneur le prince de Joinville, de se rendre avec sa frégate à  l'île de Sainte-Hélène pour y recueillir les restes mortels de l'Empereur Napoléon. Nous venons vous demander les moyens de les recevoir dignement sur la terre de France et d'élever à  Napoléon son dernier tombeau. " Le ministre argumente : " Napoléon fut empereur et roi ; il fut souverain légitime de notre pays. Son tombeau, comme sa mémoire, n'appartiendra à  personne qu'à  son pays. "
Depuis les défaites de 1814 et 1815, depuis l'exil et la mort en terre ennemie, l'image de Napoléon a connu un retournement spectaculaire. L'Empereur a gagné sa dernière bataille, celle de la mémoire. Il a vaincu la " légende noire ". Ses généraux, dans cette magnifique victoire posthume, ont été les écrivains romantiques, assoiffés de souvenirs glorieux et dramatiques, et ses soldats le peuple français, pressé d'ignorer la platitude de la nouvelle société monarchique et bourgeoise. Mais en 1840, qui sont les vrais vainqueurs de cette bataille de la mémoire, qui culmine avec le " retour des cendres " ? Ce sont les hommes politiques de la monarchie de Juillet, ces ministres libéraux et conservateurs qui gouvernent sous le règne pacifique et modéré de Louis-Philippe Ier. La France du " juste milieu " a récupéré la légende napoléonienne à  son profit et fait habilement prospérer ce capital. Pareille imposture a de quoi réveiller l'esprit aventureux et insoumis du prince Louis Napoléon Bonaparte, fils de Louis et d'Hortense de Beauharnais, neveu de Napoléon Ier, et prétendant à  un trône impérial qui n'existe plus.
Né dans la nuit du 20 au 21 avril 1808, alors que son père était roi de Hollande, Louis Napoléon a grandi en Suisse et vit désormais en exil en Angleterre. Le 6 aoà»t 1840, décidé à  ne pas laisser les louis-philippards régner seuls sur la tombe de l'Empereur des Français, il tente un débarquement à  Boulogne-sur-Mer, dans l'espoir de soulever quelques troupes, puis la France entière. Le fiasco est complet et totalement déshonorant. Arrété avec ses infortunés complices, abandonné de tous, désavoué par sa propre famille, le jeune prince est jugé par la Chambre des pairs, o๠siègent encore tant d'anciens dignitaires de l'Empire.
L'interrogatoire commence :
" Quelle est votre profession ?
- Prince français en exil.
- Quels sont vos complices ?
- La France entière.
- De quel droit portez-vous la Légion d'honneur ?
- Je l'ai trouvée dans mon berceau. "
Superbe réplique, digne de figurer dans l'un de ces drames romantiques de Victor Hugo qui triomphent alors au théâtre. Superbe destin, aussi, que celui de ce prince intrépide et réveur, condamné à  l'emprisonnement perpétuel au moment méme o๠les cendres de son oncle sont de retour à  Paris. Décidément, l'image de Napoléon n'appartient plus à  sa famille ; la rente échappe totalement aux Bonaparte ; l'héritage a été détourné.
Le 15 décembre 1840, alors que les cendres de l'Empereur sont portées jusqu'aux Invalides, Louis Napoléon écrit dans sa prison : " Sire, vous revenez dans votre capitale, et le peuple en foule salue votre retour ; mais moi, du fond de mon cachot, je ne puis apercevoir qu'un rayon du soleil qui éclaire vos funérailles. " Huit ans plus tard, presque jour pour jour, le 10 décembre 1848, Louis Napoléon Bonaparte est élu président de la République par une majorité écrasante de Français, lors de la première élection présidentielle au suffrage universel. La légende napoléonienne a été récupérée par un Bonaparte bien décidé à  monter sur les épaules de ce géant et à  y rester.
Au lendemain de cette élection inouïe, l'historien Auguste Mignet, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques, écrit, dépité : " Singulier pays et vraiment démocratique, qui choisit un incapable avéré avec une persévérance qui ne se lasse pas, parce qu'il est le neveu et qu'il porte le nom d'un grand homme. " L'élite méprise l'" incapable avéré " placé à  la téte de l'Etat par le peuple. " C'est un crétin qu'on mènera ", croit savoir Adolphe Thiers. Mais le crétin est populaire, habile aussi, et très décidé. Trois ans plus tard, le 2 décembre 1851, l'opération Rubicon lui donne les pleins pouvoirs, et le peuple applaudit ! Louis Napoléon justifiera plus tard le coup de force, d'une manière transparente, dans son Histoire de Jules César (1866) : " Il n'est pas donné à  un homme, malgré son génie et sa puissance, de soulever à  son gré les flots populaires ; cependant, quand, désigné par la voix publique, il apparaît au milieu de la tempéte qui met en péril le vaisseau de l'Etat, lui seul alors peut diriger sa course et le conduire au port. César n'était donc pas l'instigateur de cette profonde perturbation de la société romaine, il était devenu le pilote indispensable. " C'est le mythe du sauveur, qui avait fondé le pouvoir de Napoléon Ier. Une année passe encore et l'Empire est proclamé. La France, dont tant d'institutions avaient été fondées par Napoléon Ier, est à  nouveau dirigée par un empereur.
Mais si la grande popularité de Napoléon III repose largement sur la légende de son illustre prédécesseur, la " légende noire " de Napoléon le Petit est déjà  en train de naître. Victor Hugo en est le chantre le plus tonitruant : " Louis Bonaparte est un homme de moyenne taille, froid, pâle, lent, qui a l'air de n'étre pas tout à  fait réveillé. Peu lui importe d'étre méprisé, il se contente de la figure du respect. Cet homme ternirait le second plan de l'histoire, il souille le premier. C'est un personnage vulgaire, puéril, théâtral et vain. En sa qualité de parent de la bataille d'Austerlitz, il s'habille en général ", écrit-il en 1852.
La stratégie des républicains est fixée : pour abaisser Napoléon III, il faut grandir Napoléon Ier ; l'effet de contraste sera forcément désastreux pour le neveu. " Non, quoiqu'il ait commis des crimes énormes, il restera mesquin ", juge Victor Hugo, pour qui Louis Napoléon ne sera jamais que " le tyran pygmée d'un grand peuple ".
Le problème est que ce grand peuple ne cesse de plébisciter son tyran pygmée, notamment lorsqu'en avril 1870, la nouvelle Constitution libérale et parlementaire de l'Empire est soumise à  son approbation. Le succès est immense ; l'Empereur croit le régime consolidé pour longtemps ; le règne de son fils pourra commencer, bientôt sans doute, dans d'excellentes conditions. Quelques semaines plus tard, c'est la débâcle. La République est de retour ; elle se bâtira sur les ruines renversées du Second Empire. Victor Hugo tient sa revanche : sa lutte contre Napoléon III paraît validée par les faits, et méme par l'Assemblée nationale qui, par un vote du 1er mars 1871, confirme la déchéance de l'Empereur en le déclarant " responsable de la ruine, de l'invasion et du démembrement de la France ".
La légende noire du Second Empire va-t-elle emporter avec elle l'image de Napoléon Ier dans les profondeurs des abîmes mémoriels ? Il y aurait une certaine logique, tant les destins sont parallèles : deux coups d'Etat, deux dictatures, deux défaites, deux invasions, deux désastres nationaux, deux exils en terre anglaise. La légende du vaincu de Waterloo avait été sauvée par le romantisme et par la détestation vouée au vainqueur anglais. Celle du vaincu de Sedan ne sera sauvée par personne, en dépit de la détestation plus grande encore vouée au vainqueur allemand.
Fidèle à  la stratégie de Victor Hugo, la IIIe République s'est bâtie sur l'opposition des deux légendes napoléoniennes : la grandeur de l'oncle contre la bassesse du neveu, la glorification du " professeur d'énergie " contre le blâme du criminel mesquin. Tel est le politiquement correct de la IIIe République naissante.
Et l'Histoire dans tout cela ? Son heure tarde à  venir, tant le poids de la politique pèse lourd encore à  cette époque. Les premiers " historiens " du Second Empire sont des pamphlétaires et des procureurs. Avec Pierre de La Gorce, dont l'Histoire du Second Empire en sept volumes paraît de 1894 à  1905, on sort enfin du journalisme pour entrer dans l'étude historique véritable. Mais chez cet auteur les opinions royalistes et catholiques sont encore trop marquées pour que l'impartialité puisse l'emporter. Dans les mémes années, Emile Ollivier commence à  publier les dix-sept volumes de son monumental Empire libéral. A la fois témoignage et oeuvre historique sérieuse, le travail de l'ancien homme d'Etat donne globalement une image positive et fine du Second Empire, méme s'il juge sévèrement la classe politique de l'époque, surtout au temps de l'Empire autoritaire. A gauche, du côté des historiens socialistes de la Belle Epoque, on ne trouve guère de sympathie pour l'Empereur qui a pourtant légalisé le droit de grève et de " coalition ". Et pour les marxistes, ce qui n'est pas obtenu par la révolution n'est qu'une tromperie d'un pouvoir tenu par le capitalisme. Or la littérature du temps, surtout la grande fresque des Rougon-Macquart d'Emile Zola, insiste beaucoup sur la collusion entre les milieux politiques et les milieux d'affaires sous le Second Empire. Les premières études universitaires sur le Second Empire, à  la fin du XIXe siècle, portent sur l'histoire politique, autour de Charles Seignobos et Ernest Lavisse. On commence à  étudier sérieusement le fonctionnement du régime et à  mieux connaître la réalité de sa vie politique. En revanche, l'histoire de la politique étrangère restera longtemps dominée par des ouvrages très tendancieux.
Après 1918 et le retour de l'Alsace-Lorraine, la France parvient à  considérer le Second Empire avec un peu plus d'objectivité. De nouveaux travaux universitaires permettent de mieux connaître certains domaines, tels que la politique religieuse, tandis que l'essor de l'histoire sociale et économique met l'accent sur une politique industrielle novatrice. Les universitaires ayant défriché des versants entiers de l'histoire du Second Empire, des biographes peuvent s'emparer du personnage Napoléon III. Une étape essentielle est franchie par Adrien Dansette, dont la biographie, parue en 1972, donne de l'Empereur un portrait équilibré : " Sa pensée était complexe et contradictoire, parce qu'écartelée entre les impératifs glorieux de la légende et les aspirations libérales du siècle ", écrit-il avec justesse. Dès lors, les biographies de qualité se multiplient : William Smith, Louis Girard et Pierre Milza montrent la modernité de l'homme d'Etat.
La publication, en cette année du centenaire de la naissance de Napoléon III, de la biographie écrite par Eric Anceau (Tallandier) marque en ce sens une sorte d'aboutissement. Avec la reconquéte de l'histoire sur le mythe, les vieilles braises de la légende noire s'éteignent d'elles-mémes. Eric Anceau ne cache par la complexité du personnage : " Napoléon III se montra tour à  tour, voire simultanément, autocrate et démocrate, autoritaire et libéral, réactionnaire et progressiste, fils de l'Eglise et de la Révolution, apôtre de la paix et fauteur de guerre. " Une déduction s'impose. Il ne s'agit plus d'étre pour ou contre Napoléon III, car aussitôt surgit la question de fond : quel Napoléon III ? Du méme coup, le projet de réhabilitation tombe de lui-méme : les réactionnaires réhabilitent le réactionnaire, les progressistes réhabilitent le progressiste, les catholiques le fils de l'Eglise et les révolutionnaires le fils de la Révolution.
Pour ne pas tomber dans cette impasse intellectuelle, il faut chercher une autre voie, d'ailleurs facile à  trouver. Ce portrait si complexe, parfois si contradictoire, n'est-il pas la meilleure synthèse possible du XIXe siècle dans son ensemble, ère prise dans ses contradictions et ses hésitations, ses espérances et ses illusions ? Et si Napoléon III était la meilleure incarnation de cette époque de notre histoire, celui qui permet le mieux de la comprendre ? Dans ses ambitions comme dans ses erreurs, dans ses actions bénéfiques comme dans ses forfaits, Napoléon III ne représente-t-il pas, mieux qu'aucun autre, ce que fut notre XIXe siècle ? C'est pourquoi, indépendamment de tous les partis pris, il ne faut pas chercher une réhabilitation, tant il est vain de remplacer un jugement moral par un autre jugement moral, mais une " réappropriation " : lui rendre sa place dans la mémoire nationale, afin de mieux comprendre ce siècle méconnu.
Entre-temps, par un singulier renversement de valeurs, Napoléon Ier est devenu politiquement incorrect. Depuis les récentes polémiques sur l'esclavage, il est dénoncé par certains comme un précurseur de Hitler. A tel point que la République, vulnérable aux moindres polémiques médiatiques, n'a pas commémoré Austerlitz en 2005, tout en envoyant un porte-avions aux fétes anglaises de Trafalgar.
En comparaison, Napoléon III est devenu presque fréquentable. Certes, le 2-Décembre reste une tache indélébile. Mais la modernité du chef d'Etat est mieux perçue aujourd'hui, y compris dans sa politique étrangère. En 2006, le Quai d'Orsay a brillamment célébré les 150 ans du congrès de Paris de 1856, apogée de la diplomatie française au XIXe siècle. Dès lors, la question se pose. Quel successeur de Rémusat osera dire, un jour, devant les députés : " Il fut souverain légitime de notre pays. Son tombeau, comme sa mémoire, n'appartiendra à  personne qu'à  son pays " ?
Par Yves Bruley*
 


Le réformateur de la diplomatie Les relations internationales se sont modernisées sous l'impulsion de Napoléon III et des diplomates français. Après le congrès de Paris, au printemps 1856, sous les lambris dorés d'un Quai d'Orsay flambant neuf, les conférences se multiplient et règlent toutes sortes de questions : le droit maritime, la navigation sur le Danube, l'harmonisation des réseaux télégraphiques, la protection de la propriété littéraire et méme la création d'une union monétaire. C'est en effet à  Paris, à  l'initiative de la France, que se tiennent en 1865 et 1867 deux conférences sur les monnaies. L'effort commence à  porter ses fruits lorsque survient le désastre de 1870. Autre exemple totalement oublié de nos jours : la grande conférence sanitaire qui s'est tenue en 1866, à  Constantinople, à  la demande de Napoléon III. L'année précédente, au cours du grand pèlerinage aux Lieux saints de l'islam, le choléra, le typhus et la dysenterie avaient emporté la moitié des pèlerins ! Les maladies s'étaient ensuite répandues tout autour de la Méditerranée. La France provoque une conférence de diplomates et de médecins, qui s'ouvre le 13 février 1866 et durera plusieurs mois. Le rapport du docteur Antoine Fauvel servira de base aux décisions prises. La diplomatie de Napoléon III est à  la téte du concert européen.









"Un césarisme démocratique", selon les programmes d'histoire Dans les lycées, la charnière entre la seconde et la première est une date napoléonienne : 1851. Le coup d'Etat du 2 décembre marque la fin du programme de seconde, dont un thème s'intitule La Révolution et les expériences politiques en France jusqu'en 1851 . La Révolution y a logiquement une bonne place : " Il faut mettre en valeur les principes qui fondent la Révolution française en s'appuyant sur les textes fondamentaux de la période ", parmi lesquels le code civil. Mais le Consulat et l'Empire sont noyés dans " les expériences politiques qui se suivent entre 1789 et 1851 ". Enfin, " une attention particulière est accordée à  l'exclusion des femmes de la vie politique et à  la difficile abolition de l'esclavage ". Le nom de Napoléon Ier n'est pas cité. En revanche, celui de Napoléon III l'est, au début du cours de première. " Le Second Empire est un césarisme démocratique, dans lequel le suffrage universel n'est pas remis en question mais confisqué par une pratique autoritaire : la souveraineté populaire est absorbée par un homme. L'évolution libérale maîtrisée voulue par Napoléon III : hérédité, appel direct au peuple et gouvernement représentatif, se brise sur sa politique étrangère, inscrite dans la tradition solidement ancrée de la gloire nationale. "









En complément - Napoléon III , d'Eric Anceau (Tallandier, 2008).
- Napoléon III , le mal-aimé, de Lucian Boia (Les Belles Lettres, 2008).
- Napoléon III ou l'Empire des sens , de Michel de Decker (Belfond, 2008).
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MessagePosté le: Mar 29 Juin - 11:14 (2010)    Sujet du message: Libérté, Egalité, Fraternité: Un symbole fort Répondre en citant

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MessagePosté le: Mar 29 Juin - 11:22 (2010)    Sujet du message: Libérté, Egalité, Fraternité: Un symbole fort Répondre en citant


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MessagePosté le: Mar 29 Juin - 14:13 (2010)    Sujet du message: Libérté, Egalité, Fraternité: Un symbole fort Répondre en citant



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    DROGUEs. La consommation évolue dans le département
    Du cannabis à la cocaïne

    Prix en baisse, demande croissante, bénéfices plus importants… Après le démantèlement d'un réseau dijonnais (voir nos éditions d'hier), explications sur le "boom" de la cocaïne.


    Stimulants. La cocaïne apparaît dans la liste des psychotropes stimulants, comme le crack ou l'ecstasy.
    Enquêtes. 170 affaires de stupéfiants, toutes drogues confondues, ont été élucidées en 2009 en Côte-d'Or.
    Si la présence de la cocaïne sur le marché de la drogue n'est pas nouvelle, ce qui inquiète, c'est son expansion.
    Car la cocaïne, un temps réservée aux soirées parisiennes et aux jet-setters, connaît une véritable explosion.
    « Il y en a dans les quartiers, à Chenôve, aux Grésilles, à la Fontaine-d'Ouche », affirme un éducateur de rue sous couvert de l'anonymat, « et les consommateurs sont de plus en plus jeunes. Autre phénomène inquiétant : les filles s'y mettent. Je crains que l'on soit en train de passer de l'ère du shit à celle de la cocaïne… »
    Depuis 1997, en Côte-d'Or, le nombre d'interpellations pour usage de psychotropes, dont fait partie la cocaïne, a presque doublé, passant de 39 à 70. D'autres chiffres montrent que la Côte-d'Or est passée en 10 ans, de 1997 à 2007, de la 54e à la 33e place des départements français (classement par ordre décroissant), avec un taux d'interpellations pour usage de cocaïne qui est monté de 3,6 à 4,4 pour 10 000 habitants(1).
    Il y a plusieurs raisons à ce phénomène. La première, comme dans tout ce qui touche à la drogue, est économique : la revente de la cocaïne offre un bénéfice quatre fois plus important que celle du haschisch.
    Logistique facilitée
    La seconde est logistique : la cocaïne se stocke facilement, le fait qu'elle soit en poudre la rend plus facile à dissimuler, et elle se coupe aisément.
    Par ailleurs, les « mules » (personnes chargées du transport), vont s'approvisionner aux Pays-Bas, beaucoup plus proches de Dijon que le Maroc, principal producteur du cannabis que l'on trouve en France. Nul besoin de prendre le bateau ou l'avion pour se rendre en Hollande et, les Pays-Bas étant membres de la communauté européenne, le passage des frontières jusqu'à la France est beaucoup plus aisé que depuis l'Afrique.
    « Drogue chic »
    Enfin, ces dernières années, les prix ont baissé (la cocaïne est passée en 5 ans de 150 euros à 60-70 euros le gramme), et la demande croît. Elle croît parce que la cocaïne est « dédramatisée », présentée comme un stupéfiant anodin, festif, générateur d'amélioration des rapports sociaux, parce qu'elle a conservé, même en se popularisant, son image de « drogue chic », issue des soirées très VIP, du monde du show- business et de l'art.
    Ceux qui, hier, importaient et distribuaient de la résine de cannabis sont les mêmes que ceux qui, aujourd'hui, ont pris en charge en même temps le marché de la cocaïne : leurs bénéfices sont en croissance, et ils continuent à garder la main sur l'économie souterraine.
    Car il s'agit réellement de marchés, de placements, d'import-export, d'investissements, organisés, qui fonctionnent grâce à ceux qui, de plus en plus jeunes, s'essayent à la drogue. On est là bien loin des strass et de la fête…
    Mais attention : s'il y a lieu de se préoccuper du développement du marché de la cocaïne, le danger ne semble pas immédiat : on estimait en 2008, derniers chiffres connus, que 2 % des Bourguignons de 17 ans avaient expérimenté cette drogue. Soit moitié moins qu'au niveau national.
    GILLES DUPONT (1) Source : centre d'information régional des drogues et dépendances, office central de répression du trafic illicite de stupéfiants.
    Emmanuel Benoît est directeur de la Société d'entraide et d'action psychologique (Sedap). Une association dijonnaise, très impliquée en Côte-d'Or et Saône-et-Loire, dans la prévention et l'accompagnement de toutes les formes d'addiction. Près de 1 000 personnes sont ainsi reçues chaque année.
    Emmanuel Benoît note des évolutions dans l'usage des drogues. Ainsi, l'héroïne, qui bénéficie d'une légère baisse de prix. Du coup, elle fait office de produit facilitant la "descente" après une soirée dédiée à l'ecstasy. Plus inquiétant « la cocaïne est tendance et suit une désaffection relative pour l'ecstasy » .
    Quant au public concerné, « tout montre, qu'il est très hétérogène et que ces substances sont diffusées largement hors des groupes urbains marginalisés ou de l'espace festif ».
    D'où l'intérêt évident de s'adresser en particulier aux jeunes pour « retarder au maximum la première prise ».
    Un espoir, tout de même. « Nous considérons qu'un tiers des addictifs est "chronique". Le second peut être "consolidé" avec une prise en charge adéquate. Un dernier tiers devrait s'en sortir ».
    Philippe Meyruey Sedap, 30, boulevard de Strasbourg, Dijon.
    Tél. 03.80.68.27.27.
    Emmanuel Benoît
    Directeur de la SEDAP


    Publié le 24/02/2010












    Vos commentaires


    Altius, Fortius...comme aux JO!
    Toujours plus vite, plus haut, plus fort, plus loin! Jusqu'à la DECHEANCE! et la taule pur les dealers. 
    J'ai dit: Foster! | 24/02/2010 | 23:39




    Coco !!!
    On a enfin trouvé un bien de consommation qui ai diminué en coût depuis 5 ans !!!
    Blague à part, cette article parle seulement du côté festif de la chose, mais comme peut l'illustrer justement l'article, je pense que pas mal de gens en prennent aussi pour faire face au stress au travail, quand les psychotropes autorisés ne font plus effet ...


    PAT21 | 24/02/2010 | 11:52



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    MessagePosté le: Mar 29 Juin - 14:19 (2010)    Sujet du message: Libérté, Egalité, Fraternité: Un symbole fort Répondre en citant







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    De notre correspondant aux Etats-Unis


    Nous sommes dans la troisième semaine de mai, un mois après le naufrage de la plateforme Deepwater Horizon, et Tony Hayward, le PDG de BP, se confie à un journaliste de « Forbes » : «Le forage en eau profonde sera transformé par cet événement, prédit-il. Si nous pouvons gagner les coeurs et les esprits des communautés touchées, nous avons le potentiel d'en sortir avec une réputation améliorée plutôt qu'endommagée. » BP plus populaire qu'avant la marée noire ! « Tony Hayward confie qu'il dort bien ces temps-ci, rapporte le journaliste. Cela se voit : il a l'air frais, presque relax. » Pendant ce temps, à Wall Street, les analystes sortent leurs calculettes. Le coût de la marée noire, pour BP, s'élève à 16 millions de dollars par jour. Ses profits ? Plus de quatre fois plus. Même si la tragédie lui coûtait 14 milliards de dollars, cela ne représenterait jamais qu'une année de bénéfices. Quant à Transocean, le propriétaire de la plate-forme pétrolière, son action offre « un gros potentiel à la hausse », estime Tyler Vernon, chez Biltmore Capital. Logique : «Les investisseurs institutionnels ne veulent pas avoir de sang sur les mains », mais « c'est quand il y a du sang dans les rues qu'il faut acheter». Oui, vraiment, «il est temps que le monde réalise qu'il s'agit d'un incident isolé », résume dans « Forbes » Matthew Beebe, un analyste financier.
    Un accident de parcours, une aberration. Un dos d'âne sur la route triomphante de la libre entreprise. A moins que ce ne soit l'exact contraire... Le catalogue de tout ce qui cloche dans le capitalisme américain : laxisme, incompétence, relations incestueuses, corruption, tout y est. Et tout, ou presque, remonte aux années Bush. Quand il arrive à la MaisonBlanche, « W » nomme comme secrétaire à l'Intérieur Gale Norton, une lobbyiste bien décidée à faire rentrer les écolos dans le rang. Elle a pour bras droit un autre lobbyste, surnommé le « lapin Duracell du conflit d'intérêts », qui continuera de favoriser ses anciens clients depuis son ministère (il a depuis fait dix mois de prison pour un autre scandale).
    Avec ces deux-là, c'est l'ambiance «carte blanche » pour les majors du pétrole, dont les activités offshore sont réglementées par le Minerals Management Service (MMS), une agence de 1700 fonctionnaires placée sous l'autorité de Gale Norton. C'est au MMS qu'elles paient leurs royalties, et c'est cet organisme qui applique la réglementation et procède aux inspections.
    Avec Gale Norton, l'administration met en oeuvre une philosophie inspirée du Wise Use Movement, un mouvement anti-écolo radical né à la fin des années 1980. Pour faire court, il s'agit de réglementer le moins possible. Exemple ? En 2003, le Minerals Management Service annule une obligation instituée par l'administration Clinton : un système de télécommande (par ondes acoustiques) pour fermer les puits de forage en cas de catastrophe. La Norvège équipe ses puits avec un tel dispositif depuis 1993, le Brésil depuis 2007. Mais, aux Etats-Unis, « les systèmes acoustiques ne sont pas à recommander car ils ont tendance à être très coûteux», explique un rapport commandé à l'époque par le MMS... Autre exemple ? En principe, tout forage doit être précédé d'une étude d'impact sur l'environnement, détaillant notamment le dispositif envisagé en cas d'éruption du puits. Dans la réalité, le MMS délivre depuis 2004 une « exclusion catégorielle » - une dispense - dans un très grand nombre de cas. Deux raisons. La première est que le délai prévu par la loi pour mener l'étude, 30 jours, est trop court. La seconde est que le risque d'accident est si faible qu'industriels et régulateurs, à partir de 2004, préfèrent l'ignorer.
    Dans le cas de la plate-forme Deepwater Horizon, BP a reconnu, en faisant sa demande d'exclusion catégorielle, qu'une éruption pouvait envoyer dans les eaux du golfe jusqu'à 162 000 barils de pétrole par jour, soit beaucoup plus que ce qui est le cas depuis le 20 avril. Mais pas de souci : un scénario d'éruption est hautement improbable, écrit BP, et de toute façon « la société a la capacité de répondre » à une telle éventualité. Verdict du MMS au printemps 2009 : dispense ! L'agence fédérale, dès 2007, a estimé que les éruptions de puits étaient « des événements rares et de courte durée », et que celles qui pourraient survenir dans cette zone du golfe « auront un impact négligeable sur l'industrie de la pêche » ... Les pétroliers, jamais rassasiés, veulent encore davantage de souplesse : le 9 avril dernier, onze jours seulement avant la tragédie, BP fait encore du lobbying pour que la dispense accordée en 2009 pour Deepwater soit élargie.

    Scandales en série
    L'argumentaire ? Le même que celui de Wall Street avant le krach : notre métier est extraordinairement complexe, faites-nous confiance, nous connaissons notre métier mieux que quiconque. Dans une lettre de septembre 2009, un vice-président de BP demande à l'administration de ne pas mettre en place de nouvelles réglementations qui prévoient une inspection approfondie des plates-formes tous les trois ans. Les «programmes volontaires » effectués par l'industrie « ont été et continuent d'être couronnés de succès », écrit-il. Dans cette logique « renard libre dans le poulailler libre », il vaut mieux faire confiance aux entreprises qu'à l'administration pour s'autoréglementer. Les «programmes volontaires» évoqués par BP ont été mis en place par le lobby de l'industrie, l'American Petroleum Institute. C'est le même institut, et non l'administration, qui a défini les normes pour les têtes de puits, une pièce d'équipement cruciale supposée capable d'empêcher les éruptions. Comment ne pas faire confiance aux industriels, et à BP en particulier ? Comment ? Peut-être en se penchant sur leur histoire. A elles seules, deux raffineries américaines de BP représentent 97% des violations flagrantes constatées sur trois ans par l'agence supervisant les raffineries. Conclusion de cette agence : BP a « un problème sérieux, systémique de sécurité » ...
    Dans les années Bush, le Minerals Management Service est devenu «le magasin de confiseries du royaume du pétrole et du gaz », accuse Ken Salazar, l'actuel secrétaire à l'Intérieur. Un mélange d'incompétence, de laisser-aller et de corruption. Incompétence : l'ingénieur du MMS ayant délivré le permis de forage pour Deepwater Horizon n'a pas demandé à BP de prouver, comme la loi l'y oblige, que la tête de puits était équipée de « cisailles » suffisamment puissantes pour couper le pipeline en cas d'accident. « On ne m'a jamais dit d'exiger ce document», a-t-il avoué d'une voix tremblante. Incompétence encore : le MMS a dû s'y reprendre à deux fois pour fournir à la presse le nombre d'inspections effectuées sur Deepwater depuis 2005. A supposer qu'ils n'aient pas été falsifiés, les derniers chiffres fournis indiquent qu'un quart des inspections mensuelles requises n'ont pas eu lieu.
    La plupart des fonctionnaires du MMS, basés loin de Washington, ont été livrés à eux-mêmes. Au service du recouvrement des royalties en nature (c'est-à-dire en pétrole et gaz), basé dans le Colorado, on ne s'ennuyait pas : entre 2002 et 2006, un tiers des employés reçoit pots-de-vin et invitations des entreprises. Le directeur se fournit en coke auprès d'une employée, récompensant celle-ci d'un bonus, plusieurs officiels « consomment fréquemment de l'alcool, de la cocaïne et de la marijuana et ont des rapports sexuels avec les représentants de compagnies du gaz et du pétrole», indique un rapport d'inspection. En 2010, nouveau scandale, concernant cette fois le bureau de Lake Charles, en Louisiane. De 2005 à 2009, des inspecteurs du MMS se sont gobergés de cadeaux et d'invitations à des tournois de golf ou parties de pêche. Certains se contentent de finir au stylo à bille des rapports d'inspection préremplis, au crayon noir, par les responsables des plates-formes contrôlées. Pratique, ça gagne du temps ! Il était difficile de prendre ses distances, expliquera un inspecteur : «Les individus impliqués [dans ce scandale] se connaissaient souvent depuis l'enfance, leurs relations se sont formées bien avant qu'ils n'aient un job dans l'industrie ou l'administration. »
    Ces relations incestueuses, cette corruption généralisée ne se limitent pas à quelques individus ou quelques bureaux d'administration. Il existe un autre pipeline, à Washington, qui crache quotidiennement son contenu : un flot de dollars inondant le Congrès. Au cours de la dernière décennie, le lobby du gaz et du pétrole a déversé 334 millions de dollars dans les coffres des candidats et des partis, républicains aux trois quarts. Cela crée des liens. En février 2009, quand le nouveau secrétaire à l'Intérieur d'Obama annule 77 concessions pétrolières, cadeau d'adieu final de Bush à «Big Oil», les républicains sont tellement furieux qu'ils bloquent pendant deux mois la nomination de son numéro deux. A l'inverse, en 2006, Gale Norton accorde 3 concessions à Shell juste avant de démissionner du gouvernement et de se retrouver aussitôt embauchée par... Shell, ce qui lui vaut aujourd'hui d'être l'objet d'une enquête criminelle. Comme avec Wall Street, le problème des portes à double-battant - fonctionnaire puis lobbyste, puis éventuellement à nouveau fonctionnaire gangrène le système.

    L'enquête sera longue
    Il faudra des années avant que les responsabilités de chacun soient établies dans la catastrophe du golfe du Mexique. L'enquête sur les décisions de BP et ses partenaires ne fait que commencer. «Le département de la Justice enquêtera et engagera des poursuites, et les peines et amendes encourues dépasseront ce qu'elles ont été pour l'«Exxon Valdez», prédit David Uhlmann, un ex-procureur qui a dirigé le département en charge des crimes contre l'environnement. Mais je ne crois pas qu'au pénal on ira jusqu'au procès : le gouvernement et les sociétés impliquées trouveront un accord. »
    Pour ce qui est des responsabilités politiques, il faudra peut-être attendre : « Chez nous, particulièrement chez les républicains, les préjugés contre la réglementation restent très forts », note Uhlmann. Comme avec le krach boursier, beaucoup préfèrent parler du perfect storm, de cette « tempête du siècle » tellement rare qu'elle est impossible à prévoir, donc à empêcher. Tony Hayward, le patron de BP, a cette comparaison : «Le programme spatial n'a pas été annulé à cause des problèmes d' Apollo 13. Et quand un avion d'Air France a disparu au large du Brésil, on n'a pas interdit de vol toute l'industrie du transport aérien. » Comme on dit en bon anglais : no comment.

    Philippe Boulet-Gercourt
    Un désastre pour les bayous
    Une plage, ça se nettoie tant bien que mal, on peut y envoyer les pelleteuses, mais un marais ? Personne ne sait. Comment sauver les légendaires bayous de Louisiane, un sanctuaire pour la faune et la flore qui représente 40% des marais d'Amérique ? «Il n'y a plus de vie dans ce marais, on ne pourra plus nettoyer», se désespère Billy Nungesser, le président du comté le plus touché par la marée noire. Certains préconisent de brûler les marais. D'autres affirment que le remède est encore pire que le mal. Le nettoyage, naturel ou par les hommes, prendra des années, peut-être même des décennies.
    On ne compte plus les espèces menacées. Le pélican brun, animal symbole de la Louisiane, venait tout juste d'être retiré de la liste des espèces menacées d'extinction. Il est particulièrement vulnérable à la contamination par le pétrole. Le lamantin de Floride, une sorte de «vache de la mer» à l'aspect fascinant, qui migre vers la Louisiane chaque été, risque d'être très affecté. Le thon rouge de l'Atlan tique, après avoir vu sa population chuter de 80% depuis 1970, rencontre le pétrole juste à la période de l'année où il vient se reproduire dans les eaux du golfe du Mexique. La tortue de Kemp, ou tortue bâtarde, plus petite espèce de tortue marine, était déjà très menacée avant la marée noire. Elle risque cette fois de disparaître.
    Au total, ce sont plus de 400 espèces qui sont menacées. Ce sera encore davantage si le pétrole se dirige vers la Floride et ravage l'archipel des Keys, qui abrite la troisième barrière de corail de la planète...

    Philippe Boulet-Gercourt




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